Itinéraire avec Marie à Paris

Le dimanche 26 mai 2024, à l’occasion de la fête des Mères, l’association M de Marie commençait le début d’un long pèlerinage. 200 équipes de pèlerins marcheront chacune 10km pour aller d’un futur oratoire à un autre et parcourir les 2000km du chemin.

C’est ainsi que j’ai pris part à l’étape parisienne : de la basilique ND des Victoires à l’église Notre-Dame de Boulogne Billancourt en passant par la Chapelle de la médaille miraculeuse et Notre-Dame.

C’était long, c’était éprouvant mais ô combien abandon, confiance, force dans le nom du Seigneur. Les premiers kilomètres sont presque faciles mais ensuite, les jambes en feu, j’ai prié pour tenir bon, pour arriver à bon port. En portant tout ce que je suis, tout ce que je désire, nos projets et nos désirs, nos doutes et nos questionnements, nos combats, nos difficultés. J’ai fait des rencontres où la grâce de Dieu a agi une fois de plus, j’ai entendu les merveilles de sa grâce.

J’écris ces mots ce matin au lendemain de ce périple, le corps courbaturé, pour t’encourager en cette fin du mois de mai, à garder courage, à garder la foi. Peu importe ce que tu traverses en ce moment, peu importe que ce monde soit angoissant, oppressant, il y a véritablement une espérance pour toi, pour moi, pour nous. Il y a la paix, la guérison, le réconfort, la force, l’amour dont nous avons besoin. C’est Jésus notre sauveur, notre roi, notre maître et sa mère Marie nous conduit à Lui à chaque instant.

Poser un acte de foi tel que faire une marche, un pélé, c’est ne pas connaître les fruits mais savoir que cela porte sûrement du fruit. Rien n’est perdu dans le cœur de Dieu. Ouvre seulement la porte de ton cœur et dis lui viens Seigneur, entre. Fais de moi ce qu’il te plaira ! Envoie-moi !

Lions nos cœurs aux cœurs sacrés de Jésus et Marie et avançons joyeux dans l’espérance!

L’Esprit Saint, ce compagnon d’âme

L’Esprit Saint fait tout, mais il ne se montre pas. L’on peut constater ses effets, mais il faut avoir le cœur ouvert. Il est humble, un amour caché, il est Dieu. Il parle tous les jours, tranquillement, au milieu de notre vacarme. Nous avons besoin de faire silence pour l’entendre, ouvrir les yeux pour le voir.

Le plus important n’est il pas de redécouvrir l’Esprit qui nous est donné ? Il est avec nous tous les jours, il habite notre âme. Il est notre compagnon de route pour chaque instant. Que faisons-nous de lui ?

N’éteignons pas l’Esprit !

Cher compagnon d’âme,

Je te cherche parfois dans les grandes prophéties et dons de la terre, mais aujourd’hui, c’est mon coeur que tu viens sonder. N’est ce pas là d’abord que tu rejoins l’Homme avant de conquérir la terre ?

N’est ce pas toi qui saisit tout pour le faire naître de nouveau ?

Si ce n’est pas toi,
qui m’a porté à la source du Dieu vivant ?
Qui m’a éclairé de la lumière du Christ ressuscité ?
Qui m’a fait renaître dans les eaux du baptême ?
Si ce n’est pas toi,
qui descend du ciel et permet à mon coeur d’entendre les paroles du Père qui m’aime ?

Oui, tu étais là bien avant la création du monde,
Bien avant que je vous choisisse. Car c’est vous qui m’avez choisi.

Depuis le jour où le souffle d’air a rempli mes poumons.
Tu étais là le jour où mes parents m’ont offert le cadeau de ta vie, de ta présence, et même si je ne croyais pas encore par ma propre volonté, tu étais bien là silencieux comme les graines qui poussent en silence.

Merci Saint Esprit d’être mon guide, ma lumière!

Qu’arrive-t-il quand l’Esprit-Saint se manifeste avec son souffle de Dieu-Amour ? Il nous pousse nous aussi à sortir de l’abri de notre moi pour penser au prochain, aux autres…

Oui la haine fait beaucoup de bruit, mais il y a dans ce monde plus d’Esprit de Dieu que l’on imagine. Il y a sa douceur, sa tendresse, son sourire, son amour, sa bienveillance, sa fidélité, sa maîtrise de soi, sa patience…

Tout cela est le fruit de l’Esprit pour notre monde!

N’éteignons pas l’Esprit !

Cher compagnon d’âme,

L’histoire biblique me donne plusieurs images pour parler de toi, n’est ce pas à travers les signes et les prodiges que tu te manifestes ?

N’est ce pas toi qui saisit tout pour nous dire quelque chose de Dieu ?

Si ce n’est pas toi,
Qui est ce feu qui réchauffe d’amour les cœurs ?
Qui est ce vent qui insuffle la vie et rafraîchit de grâces ?
Qui est cette onction qui remplit, console et apaise ?
Si ce n’est pas toi,
Qui rassemble les foules, qui ouvre à sa Parole,
Qui guérit les malades, qui délie les enchaînés ?
Si ce n’est pas toi,
Qui descend du ciel, remplit la maison et fait résonner l’Evangile par la voix des apôtres ?

Oui, tu es bien là, signe parmi les signes
Depuis la création du monde,
Dans le coeur et les charismes de chacun
Mais aussi dans l’unité du peuple immense de ceux qui cherchent Dieu.

Tu es là, doigt de la main du Père,
Promesse éternelle du Fils,
Pour rendre sensible, tangible sa présence parmi nous,
Pour faire goûter à son Amour.

Merci Saint Esprit d’être le feu, le vent, l’onction de nos âmes!

Lettre à la grâce : vendredi saint

Aujourd’hui, j’ai versé des larmes… pour aujourd’hui et pour jadis.

Aller à la rencontre de ma voisine qui combat solitude, vieillesse et précarité. L’entendre parler de ses angoisses et de ses désespérances pour mieux lui rappeler qu’aujourd’hui, même si c’est le jour de la victoire apparente de la mort sur la Vie, nous avec toi , vivons la réalité du Salut.

Elle a abandonné Dieu il y a un moment , sûrement après son divorce ou peut-être même avant, mais la voici dans un regain d’Énergie. Tout ça me challenge pour te trouver toi.

Au Prétoire, elle les voit tous mais elle ne t’aperçoit pas dans les réticences de Pilate… au chemin du Calvaire, elle te devine dans le mouvement de compassion profonde de Véronique , dans les lamentations des Femmes de Jérusalem… mais plus surprenant et merci à mes compagnons sur le chemin de La Croix, c’est la figure de Simon de Cyrène qui m’invite le mieux à te voir, comme si sa présence reliait nos existences de jeunes pros trop occupé à travailler à La Croix mais encore plus comme si Simon nous rappelait combien nous sommes le résultat des vertus des autres , de la mission des autres et combien nous avons à l’être pour le prochain Simon…

Enfin pendant l’office de la Passion, alors que je me désolais des cafouillages et de la lenteur de l’office, je me suis surprise à m’accrocher à La Croix comme cette réalité bien tangible dans une église où rien d’autre n’existe que ce cri fendant l’air de Jésus sur La Croix.

Un cri qui déchire le voile de la vie et de la mort, un cri qui déchire le voile du temple , un cri qui se greffe au bois de la Croix, ce cri qui t’annonce mon ami quand le geste décisif vient libéré sur cette journée si particulière le sang de la Vie et l’Eau de la grâce.

Sur ma vie et sur la vie de chacun de ceux qui a fait route avec moi.

Lettre à la grâce : jeudi Saint

Le soleil se lève et en ce nouveau jour, nous entrons dans le triduum pascal.

Je suis invité tout d’abord à partager le repas du Seigneur, avec les disciples.

Je devine à peu près ce qui m’attend ce soir, un moment partagé avec Jésus, mais aurais je pu prévoir que tu serais là pour émouvoir mon coeur, pour me rejoindre dans mon humanité, pour ouvrir un espace en moi ?

Oui,  ce matin, je te cherche déjà  dans les préparatifs de la fête, dans ce désir ardent du Christ de vivre la Pâque avec ses amis, dans cette belle table dressée au cénacle, car quand on met son coeur à l’ouvrage du Seigneur, alors on te trouve. Je te cherche encore plus loin et te vois dans l’unité des disciples autour du maître, dans ce geste d’amour du lavement des pieds et puis surtout, dans ce miracle du pain et du vin. Ce n’était qu’un morceau de pain auparavant, mais par toi ce soir, il devient nourriture de vie éternelle.  Et tu es là aussi quand Jésus  lave les pieds de ses disciples, me rappelant ainsi qu’il n’y a pas de plus grand amour que de donner sa vie pour ceux qu’on aime.

Oui, aujourd’hui, mon coeur se réjouit car tu es là, non pas dans l’extraordinaire mais dans les gestes ordinaires de la fraction du pain et du lavement des pieds. Je sais que tu es là car tu viens sublimer les petits détails de nos vies pour leur donner tout son sens, toute sa plénitude. Et je te rends grâce au milieu de la grande assemblée !

Chère amie, un voile sombre s’est abattu, une nuit claire sans nuage ni étoile… la création est à ma ressemblance, elle refuse de voir la trahison, elle refuse de voir l’agonie de mon Jésus, elle refuse …. 

Et je refuse…

Je sens ta présence, bonheur d’être un spectateur d’aujourd’hui, au reposoir j’adore, contre le froid, la fatigue j’adore, nous adorons … mais si je suis honnête aujourd’hui je te sens mais à Gethsémani je ne te trouve pas , je ne te devine même pas. 

Il est triste à en mourir : c’est comme une blessure dans mon propre cœur, une ischémie induite car il le faut… 

Les disciples s’endorment non par insouciance ou uniquement par fatigue mais pour que nous puissions reconnaître nos propres endormissements… 

Jésus est toujours riche en enseignement, et voilà la clé pour tenir bon… prier, prier simplement, humblement amoureusement.

Jésus est toujours le bon pasteur même à Gethsémani et pour trouver le courage au cœur de nos nuits, il prie.. il prie fidèlement, intimement, il prie avec confiance…

Tu n’es pas visible à Gethsémani , mais tu accompagnes ceux qui font confiance à Dieu pour traverser cette nuit et ces fausses accusations

Lettre à la grâce : mercredi saint

Il y a dans l’air un parfum de fête, d’anticipation et de joie… serais tu des nôtres mon amie ? 

Nous sommes à la veille de ce qui constitue le cœur de la foi chrétienne, donc là si je te trouve pas c’est que mon cœur n’est plus ajusté. Je vais te chercher ardemment car je sais que c’est toi qui m’invite à rencontrer le Christ avec des yeux nouveaux ce Triduum.

Et quoi de plus beau pour le voir que d’entourer les prêtres de nos diocèses et nos évêques ?

Est-ce que tu te cachais dans l’obéissance renouvelée de ceux qui donnent toute leur vie pour Jesus au service de l’Eglise ? Où peut-être tu t’es glissé près de nos cœurs alors que sont consacrées les huiles qui serviront à faire sentir le Christ à nos frères fragiles et à le revêtir à ceux qui vont renaître de sa présence ?

L’Église est Belle, tu sais, elle est tellement humaine par son imperfection mais si éclatante quand elle est unie. Avant d’entrer dans cette course, je suis émerveillée dans le corps mystique de mon Seigneur… oh allons bon tu te cachais sûrement là aujourd’hui…