#Carêmentplus n°5 : le temps du Réveil de l’Esprit

Et nous voici rendu à notre cinquième étape de ce temps de Carême. Dieu n’est-il pas fabuleux de nous donner dans notre marche vers Pâques, la grâce de grandir et de convertir des parties de nous pour nous tourner un peu plus vers lui? Jésus n’est-il pas bon de nous indiquer le chemin du calvaire pour aller vers le Père ? L’Église n’est-elle pas sainte de nous accompagner à fixer le regard sur celui qui peut tout au travers des figures de ses témoins?

Oui, au terme de ces dernières semaines nous avons pris le temps de nous lier à Dieu, de tendre vers lui en le cherchant, en l’expérimentant, en l’aimant. Et pourtant aujourd’hui, il est une personne dont nous avons peu parlé : l’Esprit Saint.

« Si vous m’aimez, vous garderez mes commandements.

Moi, je prierai le Père, et il vous donnera un autre Défenseur qui sera pour toujours avec vous :

l’Esprit de vérité, lui que le monde ne peut recevoir, car il ne le voit pas et ne le connaît pas ; vous, vous le connaissez, car il demeure auprès de vous, et il sera en vous. »

Jn 14, 15-17

Et je vous dirais que c’est presque normal. Nous croyons en Dieu trinitaire, oui c’est sûr; mais parce que nous personnifions la figure du Père et celle du Christ, nous réservons celle de l’Esprit, uniquement à la Pentecôte ou à l’Action de Dieu. Bien sûr l’Esprit est l’artisan de la concrétisation de l’Action de Dieu en ce monde et en nos vies. Bien sûr, il est un souffle, un vent, une pluie, un feu, une odeur. Mais l’Esprit est surtout la personne sensible de la Trinité qui fait de son temps, tous les frissons de notre Vie.

Alors, cette semaine, nous vous invitons à invoquer l’Esprit pour qu’il vous donne avant de revivre l’entrée dans Jérusalem à sentir et ressentir sa présence.

Vous savez, l’Esprit Saint, quand il est invoqué, relie véritablement le Ciel et la terre. C’est une pause active qui élève concrètement notre âme.

Certains chrétiens l’ont bien compris, notamment ceux sensibles au renouveau charismatique. Dans les retraites à l’Esprit, les prières de guérisons ou des frères, c’est vers lui que nous nous tournons principalement. Car en tant qu’être sensible, nous savons que les hommes ne se lient les uns aux autres véritablement que si l’affect entre en jeu. Alors si pour ceux que nous voyons, nous devons ressentir des choses pour nous lier à elles; combien plus, nous devons vibrer pour Dieu pour être connecté à lui.

Invoquer l’Esprit vraiment, les yeux fermés en reprennant un refrain est une façon magnifique d’engager notre être tout entier à la prière. Quand il descend, il apaise les bruits de nos âmes. Quand nous l’invoquons, comme l’oxygène que nous respirons, il gonfle chaque bronchiole, chaque alvéole, chaque cellule de ce miracle absolu qu’est notre corps.

Ce qui est surprenant quand on se met consciemment en présence de l’Esprit, c’est qu’on commence à comprendre qu’il est toujours là présent. Souffle de Dieu, insufflé en Adam, Onction sainte qui nous consacre pleinement le jour de notre Baptême. L’Esprit est en chacun de nous, nous attirant à Dieu, à nos Frères et Soeurs, à la Création dans sa diversité.

Jésus l’a promis et ses paroles sont vérité. Nous avons reçu le Consolateur, le Défenseur, celui qui en nous rend témoignage à la vérité.

En cette semaine,

Nous vous invitons en préparant vos moments de prières à réveiller en vous l’Esprit de Dieu,

Allumez un cierge pour que son Feu ne consume pas en vous,

Mettez vous en présence de la parole,

Fermez les yeux,

Sentez chaque inspiration, chaque expiration…

Entonez un chant à l’esprit

Et laisser le prier le Père pour vous.

Le Temps de l’Esprit c’est le Temps de notre réveil, n’ayons pas de crainte avant notre entrée à Jérusalem d’être éveillé, émerveillé à sa présence.

Dieu est bon
En tout temps

#Carêmentplus n°4 : le temps de l’Action de Dieu

Depuis le début de notre parcours de carême, nous parlons du temps de Dieu, comme du temps où Dieu agit en nous, à travers nous, les évènements de nos vies, par nous. Mais comment concrètement se manifeste l’action de Dieu ? Et pourquoi avons-nous besoin que Dieu agisse dans nos vies ?

Du visible à l’invisible…

Commençons par le comment. Dieu agit, parfois par des signes visibles, parfois par des signes invisibles, mais il agit en tout temps. Visible c’est à dire qu’on peut concrètement voir sa main à l’œuvre. A l’inverse, dans l’invisible, l’action de Dieu est plus subtile, cachée, discrète.

La Bible, de la Genèse à l’Apocalypse, relate de nombreux signes et prodiges où Dieu agit visiblement. Lorsqu’il crée le monde, Dieu le Père dit et il fait : son action est visible. De même, il se rend visible aux yeux des prophètes, comme par exemple à Moïse lorsqu’il se révèle dans le buisson ardent. Dieu – le Père – agit aussi par les prophètes qu’il choisit et envoie : par le bras de Moïse, il fend la mer en deux et libère le peuple hébreu. Dans la continuité de l’œuvre divine, les évangiles relatent l’action visible de Dieu, le Fils : Jésus guérit de nombreux malades, Jésus multiplie les pains, Jésus apaise la tempête… bref Jesus agit visiblement pour guérir, sauver, nourrir les foules, le plus beau signe visible de sa présence se trouvant certainement dans le miracle eucharistique qui est encore d’actualité aujourd’hui. Dieu se donne à voir !

On ne peut cependant pas réduire l’action de Dieu à ce qu’il dit ou ce qu’il fait, car Dieu est aussi Esprit et il agit par l’Esprit Saint en ceux et celles qui le reçoivent et vivent de lui. L’Esprit de Dieu agit en la Bienheureuse Vierge Marie et en tous les saints et les saintes de Dieu. C’est en ce sens que nous pouvons comprendre les apparitions mariales et miracles reconnus par l’Eglise. Oui, Marie est apparue et a touché des cœurs mais pour la gloire de Dieu. Oui, des personnes ont été exaucées par l’intercession d’un ou d’une sainte mais pour la gloire de Dieu. C’est toujours Dieu qui est à l’œuvre !

On ne peut pas non plus cantonner l’action divine à une question de visible ou d’invisible. En fait, le visible et l’invisible agissent conjointement car derrière un signe visible, se cache souvent une part d’invisible, d’indicible appelé à être médité. Et dans ce qu’on ne voit pas, Dieu sait se rendre visible. Face à l’action de Dieu, c’est donc tous nos sens et notre coeur qui sont mobilisés. Dieu peut parfois agir sans réalité physique, simplement par une parole. Il nous faut alors ouvrir nos oreilles : « que celui qui a des oreilles entende. » Dieu, personne ne l’a jamais vu mais on peut le sentir dans l’amour fraternel, dans l’effusion de l’Esprit Saint, dans la prière. Il faut ouvrir les yeux de notre coeur pour voir ces actions de Dieu dans nos vies. Elles ne sont pas ponctuelles, elles sont réelles et quotidiennes.

Vivre l’intériorité avec Dieu

L’intériorité est le chemin qu’il nous faut emprunter pour saisir l’action de Dieu en nous et autour de nous. Sainte Thérèse d’Avila l’avait bien compris. Sa vie durant, elle a emprunté ce chemin silencieux, profond pour rencontrer Dieu, pour se laisser toucher et travailler par Lui. Son secret pour nous aujourd’hui, réside en trois points, s’appuyant sur l’image du jardinier qui a besoin d’eau pour arroser la terre :

1) Faire l’effort de descendre – comme dans un puits – dans les mots de l’Evangile, lus et relus, pour y découvrir la Présence de Dieu. Autrement dit, apprendre à intérioriser la Parole de Dieu. La Bible n’est pas qu’un livre, elle est « vivante, énergique et plus coupante qu’une épée à deux tranchants », « elle juge des intentions et des pensées du coeur » (Hébreux 4, 12), elle n’est pas une histoire du passé mais d’aujourd’hui (Luc 4, 12). La parole de Dieu est notre nourriture quotidienne, elle ne peut être un passe-temps, elle doit s’ancrer dans nos vies d’aujourd’hui et devenir le conseil et le réconfort de toutes nos situations de vie. Quiconque s’appuie sur la Parole a des fondations solides nous dit Jésus (Matthieu 7, 24). Plus tu lis la Parole, plus elle te façonne !

Mais descendre dans le puits de la Parole n’est pas chose aisée : on peut se fatiguer et se décourager. C’est pourquoi, nous dit Sainte Thérèse, Dieu voit nos efforts et, de même que la roue à godets soulage le jardinier pour puiser l’eau, de même Dieu est le guide parfait pour lire la Bible. C’est lui qui nous inspire, c’est lui qui nous parle. Plus tu t’abandonnes en Dieu, plus il te remplit de sa grâce !

2) Un autre moyen de se laisser travailler par Dieu, de le laisser agir en nous, c’est de l’accueillir en nous. Bonne nouvelle ! Par notre baptême, nous l’avons déjà reçu : c’est l’Esprit Saint. Il est cette eau courante qui nous est donné mais à qui trop souvent, nous fermons le robinet et que nous empêchons de couler en nous. Nous devons apprendre à nous laisser faire par l’Esprit Saint qui prie en nous. Autrement dit, nous devons cultiver une vie intérieure avec l’Esprit Saint. Plus tu vies avec l’Esprit Saint, plus tu es irrigué de l’amour, la force, la paix de Dieu.

3) Vivre de l’Esprit Saint, avec la Parole comme roc nous éloigne de tout orgueil et nous ouvre à la grâce. Comme le jardinier qui n’a pas la maîtrise de la pluie pour imbiber la terre, nous aussi, nous n’avons pas la main sur la vie, la mort, le temps présent et le temps à venir. Mais le jardinier n’attend pas de connaître quand adviendra la pluie pour se mettre au travail ; plutôt, il l’espère et il sait qu’elle va advenir parce qu’elle est un don précieux du ciel pour son travail, pour sa vie. De même, nous ne savons pas quand adviendra l’action du Seigneur dans notre vie, mais nous l’espérons et nous croyons qu’il agira. Autrement dit, nous devons intérioriser l’espérance que l’action de Dieu est certaine et puissante. Elle n’est pas pour les uns ou les autres, elle est pour tous. Dieu a promis, Dieu réalisera ses promesses.

Dieu agira comme la pluie : il déversera sa grâce sur la terre de nos vies mais c’est à nous de semer les bons grains et de veiller à leur croissance. On ne maîtrise pas la pluie de grâces mais on doit apprendre à vivre avec la grâce et se laisser porter par elle.

Pour être saints et porter du fruit…

Après avoir exploré le comment Dieu agi, comment pouvons-nous reconnaître son action dans notre vie, nous voilà maintenant à nous demander pourquoi. Pour quelles raisons doit on laisser Dieu agir en nous ?

Sainte Thérèse d’Avila nous propose une piste de réponse toujours en lien avec le jardinier et son jardin. En effet, tout comme jardinier œuvre pour que son jardin soit beau, bien entretenu et qu’il porte du fruit, Dieu veut agir en nous pour que nous soyons beaux, resplendissants de sa sainteté et que nous portons du fruit. Car il nous faut reconnaître que souvent, nous sommes enlaidis par le péché et que nous sommes stériles par choix, mauvaise volonté ou découragement. Pour nous débarrasser de ces mauvaises herbes et ces tentations morbides, pour être saints, nous avons besoin de Dieu, de son secours, de son aide : « Dieu, viens à mon aide ; Seigneur, à mon secours! »

Chers amis, ce temps particulier de Carême est le moment propice pour désirer, implorer cette action de Dieu en nous, pour changer nos cœurs, pour changer le monde. S’appuyer sur sa Parole, vivre de l’Esprit Saint, dans l’Espérance de sa venue. Comme les prophètes, les disciples, comme la Bienheureuse Vierge Marie et tous les saints du ciel, il nous faut faire ce pas, ce détour jusqu’à Dieu, nous abandonner a lui, s’en remettre à son action, à sa volonté. Et devenir à notre tour témoins de la grâce divine.

Concrètement, pendant cette semaine, je vous propose d’expérimenter l’intériorité : soit en prenant le temps de méditer la Parole, soit en prenant un temps de qualité avec le Seigneur ; soit en prenant la résolution d’être plus disposés à l’Esprit Saint.

#Carêmentplus n°3 : le temps de Dieu

C’est déjà notre 3ème étape de cette route du Carême. Après avoir méditer sur le temps du Carême comme don pour guérir, après avoir essayé d’entendre comment le Maître veut nous aider à entrer dans le Temps de Dieu, nous voici rendu à nous demander qu’est ce que donc le temps de Dieu.

Il y a un peu plus d’un an sur notre ancien blog, je vous proposais un texte que j’ai souvent vu affiché dans les maisons d’amis ou de membre de nos familles, un poème tiré de l’ancien testament. Il s’agit de l’Ode au Temps situé au chapitre 3 du livre de l’Ecclésiaste ou Qohélet.

« Il y a un moment pour tout, et un temps pour chaque chose sous le ciel :

un temps pour donner la vie, et un temps pour mourir ;

un temps pour planter, et un temps pour arracher.

Un temps pour tuer, et un temps pour guérir ;

un temps pour détruire et un temps pour construire.

Un temps pour pleurer, et un temps pour rire ;

un temps pour gémir, et un temps pour danser.

Un temps pour jeter des pierres, et un temps pour les amasser ;

un temps pour s’étreindre, et un temps pour s’abstenir.

Un temps pour chercher, et un temps pour perdre ;

un temps pour garder, et un temps pour jeter.

Un temps pour déchirer, et un temps pour coudre ;

un temps pour se taire, et un temps pour parler.

Un temps pour aimer, et un temps pour ne pas aimer ;

un temps pour la guerre, et un temps pour la paix.
Quel profit le travailleur retire-t-il de toute la peine qu’il prend ? J’ai vu la besogne que Dieu impose aux fils d’Adam pour les tenir en haleine.

Toutes les choses que Dieu a faites sont bonnes en leur temps.

Dieu a mis toute la durée du temps dans l’esprit de l’homme, mais celui-ci est incapable d’embrasser l’œuvre que Dieu a faite du début jusqu’à la fin. »

Quohélet 3, 1-11

Ce texte est une merveille dans lequel le philosophe, fils de David, donne au Temps un caractère particulier. Il n’est pas de notre fait parce que constituer de la dualité de ce qui rythme nos vies. Il faut bien naître et mourir, rire et pleurer, garder et jeter…

C’est un réalisme cru qui nous révèle que le temps de nos vies, notre absolue première possession, n’a de sens que dans le dessein de Dieu.

Pour revenir un peu à ce texte; dans son rythme, il n’y a ni accélération ni annulation, toutes ces actions qui font notre vie existent avec leur contraire, elles tendent notre existence à l’extrême sans s’annuler. Elles existent chacune pour elles et pourtant ensemble.

On pourrait se contenter de ce constat et se dire: ainsi va nos vies. Cependant, à la lumière de nos expériences et de cette grâce du Carême, essayons ensemble d’apprécier ce temps qui nous est offert. Pauvreté et richesse de notre langue, dans cette occasion de Carême nous découvrons que notre compréhension et notre appréciation du temps est véritablement le don que Dieu veut nous faire aujourd’hui.

Mais pour comprendre le Temps de Dieu, il faut accepter d’une part, comme tout ce qui attrait au Maître de tout temps et de toutes choses que notre compréhension ne peut être que limitée et le fruit de la Grâce qu’ il nous fait aujourd’hui. D’autre part, il faut nous élever au-dessus de nos propres expériences, sortir de nous-mêmes pour s’ouvrir à l’universalité de Dieu.

Le Temps de Dieu dans la première partie du verset 11 est défini ainsi: « Toutes les choses que Dieu a faites sont bonnes en leur temps »

C’est presque aussi simple que ça. Le Temps de Dieu est celui de notre vie, celui de son Amour. Dieu veut le bonheur de l’homme, c’est mon dogme, le postulat de ma foi. Alors  peu importe comment je définis les variations de mon temps, les différentes épreuves et réussites de mon parcours, si j’inscris mon temps dans le temps de Dieu, je découvre que ce temps est celui de notre rencontre, celui de la paix. Je ne connais pas le projet de Dieu pour moi, je peux sentir en moi quelque chose mais parfois je suis parasité par ce que je crois être le plan de Dieu pour moi. De même, il en est pour le Temps de Dieu, il ne s’agit pas de mes actions ou de ce que je crois que Dieu a programmé pour moi. Non, son Temps est intégralement tous les moments de nos vies, tout ceux où il nous rencontre, où il nous attend, où il nous aime.

Oui, toute chose est bonne car Dieu l’a voulu ainsi afin de nous faire goûter de tout cœur sa présence. C’est dans l’acceptation véritable de ce qu’est le temps de Dieu que nous pouvons accueillir tous les temps de notre vie, et nous libérer de la Tentation de posséder notre temps et tous ses événements .

Le Paradoxe de ce poème réside dans la suite du verset 11. Nous nous interrogeons très souvent sur Dieu, son projet, sa présence, son essence et nos réponses sont souvent limités par notre manque de capacité à trouver une réponse.

Pourtant, de même que pour le temps, Dieu nous a donné en notre esprit toute la profondeur, toute la grandeur de ce qu’il est, de qui il est.

Dieu ne se tient pas éloigner de nous en se rendant inaccessible par malice et frustration. Non, il est présent à l’Homme et pleinement révélé à lui. Mais de même que nous prenons du temps avant de connaître ceux que nous rencontrons, que nous considérons, de même tant que nous laissons pas Dieu être le Temps de nos Vies, nous prendrons le temps de notre vie pour connaître ce qui a toujours été là, inscrit de toute éternité.

C’est la beauté de ce message aujourd’hui, et si le Temps de notre Vie était à Dieu, pour Dieu , était Dieu lui-même.

Il m’a fallu du temps pour finir cet article, car parler de l’expérience du temps, de la bonté des épreuves quand nous avons toutes trois perdus un parent, des proches; quand notre être souffre de situation que nous n comprenons pas; ne sonnait pas juste. Quand j’ai arrêté de m’inquiéter de ne pas être à l’heure, j’ai découvert à travers l’émotion de l’histoire partagée d’un diacre de nos paroisses que c’est vrai que dans le temps, les temps du Vie, nous trouverons des dons que Dieu nous fait.

Juif né en 1930, il a connu et échappé de justesse par deux fois à la mort dans les affres de cette horreur de notre Humanité, il a été converti non par peur mais car Dieu s’est fait présent au travers de la fraternité. Il a vécu sa vie avec sa propre fratrie, avec ce passé, et quand il en parle l’émotion est forte, car ce témoignage qu’il livre est son testament de miséricorde et d’abandon. Peu importe quelle fût les temps de sa vie, c’était des Temps de Dieu.

Prenons conscience les amis, de la présence de Dieu quand j’accepte du fond de mon âme la bonté du temps de ma vie car c’est ainsi que Dieu l’a voulu. Dieu ne laisse tomber aucun de ses enfants. Vis cette Vie et Dieu te fera vivre de sa Vie.

Dieu est bon, en tout temps

#Carêmentplus n°2 : le Temps des Evangiles

Pour ce 2ème vendredi de notre parcours de Carême, contemplons le maître du temps par excellence : Jésus. Et rien de mieux que les Évangiles pour entrer dans sa temporalité ! Lui qui n’avait ni endroit pour poser sa tête, avait tout le temps qu’il faut pour aller à la rencontre de ses contemporains, pour annoncer la bonne nouvelle, guérir les malades, pardonner les pécheurs, aimer simplement, et il est un exemple pour nous qui souvent, « manquons de temps », « perdons notre temps », « voulons changer le temps ».

Il y aurait beaucoup à dire sur le sujet tant les évangiles sont riches mais pour cet article, j’ai choisi de me focaliser sur trois passages de l’évangile selon saint Jean : Jésus à Cana avec Marie sa mère (Jean 2, 1-11) ; Jésus au bord du puit avec la samaritaine (Jean 4, 5-26) ; Jésus au tombeau de Lazare avec Marthe (Jean 11, 1-44). Et vous verrez, qu’à travers ces trois évènements, ces trois rencontres de Jésus, se dessinent nos trois grandes tentations vis-à-vis du temps.

A Cana, ne nous laissons pas presser mais entrons dans le temps de Dieu !

Tout d’abord, arrêtons-nous à la scène du premier miracle de Jésus : à Cana, en Galilée. C’est un jour de noces : un jour de joie ! Jésus y est invité avec Marie, sa mère. Or, le vin venait à manquer alors Marie s’empresse d’en informer Jésus. C’est qu’elle le sait, elle le croit qu’il est le Fils de Dieu et qu’il peut tout, alors elle le pousse à agir. Elle se dit que c’est maintenant qu’il peut accomplir un miracle. Effectivement, il le peut mais Jésus va lui répondre : « mon heure n’est pas encore venue ! »

Marie voulait peut-être l’inscrire dans un temps qu’elle avait jugée idéal, « le bon moment » selon elle, pour que sa gloire se révèle, mais elle comprend, par la réponse de Jésus, que Son temps n’est pas le sien. Avec Jésus, rien ne presse ! Tout arrive au bon moment ! Alors comme à l’annonciation, elle s’abandonne en Son temps : « faites tout ce qu’il vous dira », autrement dit, « je ne sais pas quand mais je crois que tu agiras ! Alors dès aujourd’hui, je veux accomplir ta volonté. »

C’est le problème de notre société aujourd’hui : toujours courir après le temps. Nous n’aimons pas les temps vides. Nous aimons faire les choses tout de suite. Et dans notre empressement, nous pressons les autres, nous ne leur laissons pas le temps. Si l’un ne rentre pas dans la norme temporelle, alors il est différent, alors il n’est pas rentable, alors il est contreproductif.  Pourtant, ce serait faire fausse route que de croire que tous ont besoin du même temps pour accomplir une activité. Certains ont besoin de plus de temps que d’autres. C’est la règle de toute pédagogie : chacun va à son rythme.

Il se trouve que dans la foi, c’est pareil. Jésus prend son temps, il a tout son temps, parce que pour lui chaque seconde du temps est précieuse. Dans cette première étape à Cana, Jésus démasque notre tentation du « je n’ai pas le temps » et nous invite à cueillir le temps comme un don infiniment précieux de Dieu. Un temps non pas pour courir après les choses extraordinaires, les miracles, mais un temps où je suis réellement présent, dans les petites taches quotidiennes. Chers amis, pensons à toutes les fois où nous avons dit « je n’ai pas le temps » et la prochaine fois que nous le dirons, rappelons-nous que le temps n’est pas le nôtre, ni celui de nos frères et sœurs, mais celui de Dieu. Dieu est bon en tout temps !

Au bord du puits, ne nous laissons pas endormir mais tenons-nous prêts !

Continuons notre route avec Jésus. Allons un peu plus loin et arrêtons-nous maintenant au bord de ce puit de Samarie. Pourquoi ? L’évangile nous le dit : parce que Jésus était fatigué par la route. On imagine bien qu’après tant de marches, tant de rencontres, de guérisons, tant d’enseignements sur les places ou en synagogues, il ait besoin lui aussi de se poser, d’avoir du temps pour lui. Mais il est encore plus surprenant de découvrir comment Jésus va user de ce temps calme : il va en profiter pour faire une rencontre, une samaritaine (qui, elle, est dans un autre temps, celui de sa tâche quotidienne), pour initier en elle un chemin de conversion. Finalement, Jésus n’est jamais vraiment en « off » car il est toujours prêt au rendez-vous !

Ici, Jésus ne blâme pas le temps du repos (il est bon de se reposer !) et il nous invite à ne pas blâmer les temps de repos. Ce ne sont pas des temps à ne rien faire, où rien ne se passe. Chaque temps est un rendez-vous avec Dieu. Nous devons nous tenir prêts, car nous ne savons ni l’heure ni le jour (Mt 25, 13). Le temps pour aimer et servir, pour réconforter et guérir, le temps pour encourager, c’est aujourd’hui, mieux encore, c’est maintenant, à l’instant T. La samaritaine n’avait pas prévu cette rencontre mais elle s’est laissée rejoindre dans le quotidien de sa vie.

Peut-être que, comme toutes les autres activités de notre agenda, nous avons planifié du temps pour Dieu, pour la paroisse, pour la prière… mais laissons-nous Dieu nous rejoindre au cœur de notre quotidien ? Dans les imprévus du jour ? Pour vous dire, nous en faisons l’expérience à chacune de nos aventures de foi. Même si Valou nous prépare toujours un beau programme spirituel pour nous aider à rejoindre Dieu, nous nous rendons bien compte, une fois sur place, que nous devons laisser la place à Dieu pour nous rejoindre. Ainsi, à Lisieux, le service du restaurant où nous étions était si long que nous nous disions que nous ne serions pas à l’heure à la basilique. Effectivement, nous ne l’étions pas mais nous étions à l’heure pour aider notre sœur en fauteuil roulant à gravir la route jusqu’à la basilique. De même, à Pontmain, nous avions prévu de suivre le parcours jubilaire mais n’avions pas prévu de croiser ce couple qui nous demande de chanter pour accompagner leur prière. Enfin, à Pellevoisin, quelle grâce d’avoir pu bénéficier d’une conférence du frère François qui nous a permis de mieux comprendre l’histoire d’Estelle Faguette, pour découvrir la beauté et la profondeur des lieux de ce sanctuaire.

Oui, toute seconde est grâce avec Dieu. Simplement, comme Jésus au bord de ce puit, il vient te rejoindre dans ton quotidien, à toi de lui laisser une place, à toi d’ouvrir ton cœur à sa présence. Chers amis, la prochaine fois que tout ne se passe comme prévu, dites-vous que c’est Dieu qui vient à votre rencontre ! Ouvrez-lui la porte pour qu’il puisse parler à vos cœurs !

Au tombeau, ne nous laissons pas décourager mais soyons bénis par Dieu !

Pour cette troisième et dernière escale avec Jésus, nous voici au tombeau de son ami Lazare. Quelle douloureuse épreuve ! Marthe, la sœur du défunt s’y trouve et pleure son frère. Elle reproche même à Jésus de ne pas avoir été là car elle sait, elle croit qu’il aurait pu changer la donne : il aurait pu le garder en vie ! Oui, comme Marthe, il y a des situations que l’on voudrait changer. On voudrait remonter le temps pour inverser le cours des choses, mais malheureusement nous n’avons pas ce pouvoir.

Jésus, non plus, n’a pas ce pouvoir. D’ailleurs, sa première réaction face à la mort, c’est de pleurer avec Marthe. C’est le seul endroit de l’évangile où Jésus pleure, signe de l’affection qu’il avait pour son ami Lazare, et signe aussi qu’au temps des épreuves, il se tient près de nous et pleure avec nous. Il consent à l’épreuve de la mort et ne la rejette pas. Il l’accueille, et de cette épreuve, il a le pouvoir de faire jaillir la vie, de donner une seconde chance de vivre : la vie éternelle ! La résurrection n’enlève pas la mort, elle la transcende. Quand on revient à la vie, on n’est plus tout à fait le même : on est comme transfiguré !  

C’est bien difficile, me direz-vous, à vivre concrètement. Comment dans mes temps d’épreuves avoir foi en Dieu ? Après le décès de mon papa, je voulu maintes et maintes fois remonter le temps avec les fameuses questions : et si… ? J’ai pensé tant de fois avec le cœur serré à sa dernière heure seul dans cet hôpital, avec des questions qui resteront un grand mystère. J’ai vécu des nuits difficiles et des endormissements encore plus angoissants. Je n’aurais jamais les réponses à mes pourquoi mais je crois qu’il m’aide à répondre au comment : comment je vais faire pour continuer à vivre sans lui ? Il est en paix désormais, à moi d’être en paix aussi. Et il sera toujours avec moi. Oui, le décès de papa a bouleversé nos plans l’été dernier, mais il a su faire germer d’autres projets de vie et une dévotion encore plus grande à la Vierge Marie, lui qui l’aimait tant.

Dans le temps de nos épreuves, Jésus est là, présent avec nous, nous invitant à redire « je crois en Dieu » car c’est bien de le dire quand tout va bien, mais il est encore plus beau quand tout va mal, un véritable acte d’abandon et de foi. Et Jésus vient bénir tous les temps de notre vie, même le temps de nos épreuves, en y déversant continuellement sa grâce.

Finalement, cette troisième étape est un condensé des deux points précédents : entrer dans le temps de Dieu, c’est accepter chaque jour, même les épreuves, comme un rendez-vous avec Dieu, et c’est laisser sa grâce agir. Dans la foi, nous ne sommes pas seuls à traverser l’épreuve, et c’est aussi nous rappeler, à juste titre, que chacun vit l’épreuve à son rythme, à sa façon.  Quand bien même, c’est la même épreuve, nous ne réagissons pas de la même façon. Ainsi entrer dans le temps de Dieu, c’est accueillir l’autre dans son épreuve, l’accompagner et se tourner ensemble vers Dieu.

Les temps sont difficiles pour notre Monde, après la pandémie, nous voyons se dérouler sous nos yeux une guerre et tant d’évènements face auxquels nous sommes désarmés et inquiets. À notre petite mesure, que pouvons-nous faire pour traverser cette épreuve ? Ne pas céder aux caprices de l’Ennemi qui sont de nous diviser et nous faire perdre l’Espérance. Oui, chers amis, gardons confiance en notre Dieu, maître et sauveur de tout temps, prions-le, soyons persévérants dans la prière ! Et répondons fidèlement à l’exhortation de Notre Saint-Père.

En cette deuxième étape, prions le maître du Temps notre Seigneur Jésus-Christ, de nous donner d’apprendre en ce Temps Saint de notre Carême à lui abandonner la tentation de la maîtrise de notre Temps et à l’imiter à l’abandon à Notre Père Céleste.

Confions-nous à sa grâce, les uns, les autres, les uns pour les autres, en nous rappelant que nous sommes enfants du Père Miséricordieux.

Car après tout, Dieu est bon en tout temps et pour chacun !

#Carêmentplus n°1 : un temps pour guérir

Nous sommes le premier vendredi de Carême et au plus profond nous le ressentons, les combats spirituels sont plus fort. Tout en nous désire suivre les exigences que nous avons pris il y a deux jours et pourtant en nous aussi se dessine toutes les excuses pour ne pas les tenir. Ce combat si nous voulons arriver au bout, nous devons avant toutes choses choisir d’abandonner cette Lutte car il ne s’agit pas de notre Combat mais de celui de Dieu le Père. En faisant la Prière des Laudes, en ce début de temps de Carême, l’antienne du psaume invitatoire nous offre ce rappel bien venue « Les yeux fixés sur Jésus Christ, entrons dans le combat de Dieu ». Un rappel pour moi mais aussi pour vous. Nous sommes invités à vraiment entrer dans la difficulté de ce temps mais dans son infini bonté, Dieu nous a préparé un bon kit de survie, un traitement long qui redonne vie.

C’est pourquoi nous voulions relire et méditer avec vous ce protocole en trois points qui nous est rappelé chaque année.
Ce traitement en trois étapes est simple. Il s’agit des trois injonctions pour vivre le Carême: la Pénitence, la Prière et le Partage, que le Christ dévoile en Matthieu 6, 1-6. La difficulté de ce traitement n’est pas sa posologie, tous nous sommes assez cartésiens et biberonnés à la démocratie pour savoir faire ce dont nous nous engageons mais il apparaît que le véritable enjeu n’est pas tant de faire mais de le vivre.


Dans le passage mentionné ci-dessus, Jésus indique la manière pour vivre de ces trois soins pour traverser le désert avec lui. Prie dans le secret, c’est au cœur à cœur que tu es invité; donne sans te soucier, c’est ton cœur qui est à l’œuvre; porte ton Jeûne dans la joie, c’est ton cœur qui parle au Monde.
Oui, quand on commence le Carême et alors que nous sommes persuadés que Dieu veut notre Bien dans cette difficulté, nous nous conditionnons très souvent à subir les trois prescriptions que nous donne le Christ plutôt qu’à passer du temps avec chacune d’elle. 


La Pénitence au travers du Jeûne pendant le Carême est l’opportunité de faire de la place dans tout ce qui nous remplis, parmi tout ce dont on se gave à longueur de temps afin de se remplir le cœur de la Joie. De la même façon, que je cherche l’hyper satiété de mes désirs, de la même façon, je dois chercher à goûter le temps du Jeûne. Le Goûter tel les mets les plus délicats, les plus fins dont l’essence seul suffit à me combler. C’est un paradoxe tres réel; la faim et la soif sont tellement nécessaires que soumis à elles, je suis obsédée de les combler, mais quand je goûte mon jeûne, quand je le remets à celui en qui je trouve toute ma force, ma faim et ma soif me rendent conscient de moi sans regard vers le passé, sans projection psychotique vers l’Avenir. Car il y a de la joie quand je me lie à mon Dieu afin que sa présence remplisse la faiblesse de mon Être et que dans mon Jeûne, c’est à moi-même aussi que Dieu me rend présent.


La Prière est essentielle dans la Vie du Chrétien mais lié au Jeûne du Carême, la prière devient le rythme de chacun des événements. Elle devient le liant et le soutient de ce traitement si particulier. Il ne s’agit pas juste de réciter diverses prières de façon mécanique. Attention, la prière mécanique qui devient mantra telle le chapelet c’est une vraie manière d’inscrire Dieu dans notre réalité, de le rendre proche, amical, familial. C’est nécessaire et pour beaucoup dont moi au quotidien c’est très bien. Mais la prière au temps du Carême est nécessairement un temps pour mettre mon âme en harmonie avec mon Créateur, expérimenter la prière silencieuse ou la prière avec les Écritures. C’est étiré mon temps de prière pour lui donner le temps de prendre place. Prier en Carême, c’est lié mon Cœur à Dieu pour que mon temps s’inscrive dans son temps.



Une trithérapie est une association dans laquelle même si chacun des éléments seul va soigner un mal, c’est ensemble qu’ils prennent tout leur sens.


C’est pourquoi alors que dans le Jeûne, je me retrouve à apprécier le temps présent, bloqué à moi-même mais rempli de cette  présence qui met debout; que dans ma prière, je trouve la chaleur rafraîchissante d’un amour sincère, j’ai l’énergie et l’amour à son apogée pour demeurer présent à mes frères et sœurs en Humanité. A ceux qui seraient plus faibles que moi, plus tristes, plus pauvres, je me découvre une capacité d’approche miséricordieuse car c’est à leur grandeur au yeux du Père que je suis renvoyée. Le Partage n’est pas de louer sa propre chance en faisant un geste envers celui que nos codes sociaux dit faible mais c’est voir au cœur de nos déserts que l’autre à qui je tends la main me la tend aussi et que c’est par lui, avec lui que j’ai à vivre cette présence sensible de Dieu. Dans le Partage, nous prenons conscience que chaque moment voulu par Dieu est un temps du présent où l’on peut sentir la Communion des Saints.

Le Temps du Carême se vit bien chaque jour. Ce n’est pas juste notre conviction, c’est le Christ lui-même qui nous invite chaque jour à prendre nos croix ou encore dans un autre passage de l’Évangile, il nous dit que demain s’occupera de lui-même. Alors, les amis ayez à cœur de vous plonger chaque jour dans ce temps de Carême de le goûter, de le sentir telle une respiration, de vous arrêter pour contempler et vivre ce moment qui est vraiment un temps de Grâce.  Vous trouverez,  j’en suis témoin, dans la joie de ce temps, un vrai soin de votre chrétienneté pour vous et pour le Monde.


Le Curé de la paroisse Lyon centre avait mercredi, une très belle image pour vivre ce temps de manière incarné : il utilisait des billes, 46 qu’on passe d’une assiette à un bol, histoire de chaque jour faire le choix de ce chemin, et que nous puissions dire chaque jour Seigneur donne moi par les dons de ton Esprit, dans la confiance et la foi, de m’abandonner à toi mon Père et de te demeurer fidèle dans l’épreuve.


Que Dieu bénisse tous vos efforts de Carême !


Dieu est Bon, 
En tout temps !