Un hymne à la vie !

Les grands ne sont pas toujours maîtres, il arrive qu’un plus petit que soi nous apprenne beaucoup plus. Et toi, ma douce, mon étoile, tu m’as appris l’essentiel de la vie.

J’avais 16 ans lorsque j’ai fait ta rencontre. Tu es venue au monde plus tôt que prévu, ce n’était pas le moment mais c’était ton moment. Tu étais si pressée de vivre et la vie ne t’a pas fait de cadeau. Il y a eu beaucoup de complications liées à l’accouchement, mais tu t’es battue telle une lionne pour vivre. En l’espace d’un mois, j’ai compris que la vie pouvait être béatitude et tristesse, et très vite, devenir la pire tragédie : ton petit cœur a lâché. C’était ton heure.

Tu auras vécu 1 mois et 2 jours et rien que ça, c’est pas rien ma championne. Certains diront pourtant que ça n’a pas de sens, pas de valeur, mais à quoi juge-t-on une vie ? Aux nombres d’années vécues ? Aux millions que l’on gagne ? Aux possessions que l’on amasse ? Aux exploits que l’on réussit ? Si ça n’en tenait qu’à ça, effectivement, mon bébé, ta vie est insignifiante. Dépouillée de tout, fragilisée dès ton premier jour, il ne te restait que ton cœur pour vivre et il était bien réel. Ce petit cœur qui a été désiré et aimé depuis toute éternité. C’est la seule chose qui compte en fin de compte : la vie est amour. L’amour est ce qui donne sens à la vie. Alors non, tu n’as pas été une erreur médicale, ni un accident. Tu as été faite par amour, pour l’amour. Tu as du prix aux yeux de Dieu, c’est lui qui t’a appelé à la vie et c’est lui qui t’a rappelé dans son éternité d’amour. Et tu as aussi du prix à mes yeux.

Car je t’ai aimé bien avant que tu naisses et bien avant que mes yeux se posent sur toi. Et comme une évidence de ce lien d’amour, m’a été donnée la grâce d’être ta maman dans la foi. Ma première et unique filleule, ma plus belle fierté. Mes proches peuvent en témoigner, je ne parlais que de toi. Tu as donné une raison de vivre à mon présent d’adolescente et à mon avenir d’adulte.  J’ai façonné tant et tant de projets pour nous. J’étais remplie de promesses pour ta vie mais j’en oubliais la plus importante. Et c’est toi qui me l’as révélé le jour de ton baptême.

C’était la première fois que je te voyais : tu étais là, si frêle, brisée de partout en ton corps, reliée à tant de machines qui te maintiennent en vie. J’ai d’abord été saisie de craintes et d’une grande tristesse. J’ai pris peur et j’ai laissé mes rêves, mes espoirs, nos projets s’écrouler comme un château de sable emporté par les vagues. Mais toi, tu es là, face à nous, si vulnérable, tu bouleverses nos émotions, nos raisonnements humains et ce que tu attends de nous, ce ne sont pas des actions et des projets, mais c’est avant tout une réelle présence. Tu ne t’imposes pas, tu te proposes telle que tu es, avec tes fragilités et ta beauté sans pareille. Sans un mouvement, sans un mot, tu me révèles que la vie est une douce promesse à cueillir dans les joies comme dans les peines.

Je crois au dialogue des âmes, au cœur à cœur, à la communication par l’amour. Oui, au moment de ton baptême, tu ne voyais pas le monde mais tu regardais, tu n’entendais pas mais tu écoutais, tu ne parlais pas mais tu dialoguais. Et pour cela, tu n’as pas besoin des sens. Le mouvement de ta petite main puis de ta tête, comme par hasard au moment où le prêtre – qui est aussi ton parrain – te signe de la croix et du saint Chrême est ton Amen au Seigneur, ton « oui » à la vie, et pour nous, un vrai signe de joie et d’espérance. La vie est toujours un miracle pour qui sait regarder et écouter. La foi nous aide à croire en ce miracle de vie.

Revigorée de ce moment unique passé avec toi, il faut déjà partir, retourner à mon quotidien qui ne sera plus comme avant car désormais, tu y avais pris place. J’ai signé pour être ta marraine et je t’ai promis d’être là pour toi. La vie est un combat, à nous de choisir les armes que l’on veut pour le mener. Mon arme à moi, ma façon de tenir ma promesse, c’était la prière. Chaque jour, je t’ai confiée à Dieu avec toute mon âme, mon cœur et ma foi. Je crois que c’est la mission première des parents, parrains et marraines : comme Joseph & Marie au temple de Jérusalem, il faut prier chaque jour pour l’enfant qui nous est confié, le remettre à Dieu dans nos prières. C’est ce que j’ai essayé de faire au quotidien et quelle surprise de découvrir que j’ai eu la force pour le faire chaque jour car quand on aime, on ne compte pas. Mais, peut-être, sûrement, j’ai prié maladroitement, comme on peut aimer mal, en demandant à Dieu que ma volonté (et non la sienne) se fasse mais il y avait toujours un signe divin pour réajuster ma prière à ce qu’elle doit être en vérité.

Les jours se sont écoulés avec des hauts et des bas, jusqu’à ce fameux jour où tu as déployé tes ailes d’ange vers le ciel et où, pour moi, pour ceux qui restent, commence un nouveau combat. Certains diront qu’on se remet plus facilement de ce genre de disparition. Que nenni ! Ce n’est pas parce qu’il y a peu de jours à une existence que la souffrance est moindre. Que ce soit une fausse couche, une grossesse extra-utérine, un bébé mort-né, ou dans mon cas, une grande prématurée qui n’a pas survécu, la souffrance est bien réelle, indicible, invisible mais tellement profonde. Et souvent une grande solitude. Qui peut comprendre ce que traverse une mère qui vient de perdre le petit être qu’elle a portée ? Je ne t’ai pas portée dans ma chair mais dans mon cœur, et c’est tout comme. J’ai eu le privilège de t’approcher, de te toucher, de te connaître, de t’aimer tout simplement et puis, du jour au lendemain, plus rien. Ton corps est réduit en poussière et les souvenirs auxquels on se raccroche sont souvent douloureux. La vie est un profond mystère qu’on cherche à résoudre mais qu’on ne comprendra jamais. Pourquoi toi ? Pourquoi moi ?

Dans ce long combat, dans ce mystère, j’ai reçu du soutien et des conseils, des bons comme des moins bons, mais ils m’ont tous fait avancer. En fait, on est bien obligé, qu’on le veuille ou non, de reprendre l’aventure de la vie. Tout en nous, autour de nous, nous montre que la vie ne nous attend pas, elle poursuit son cours. Après ta mort, j’ai eu mon baccalauréat, je me suis installée dans une nouvelle ville. J’ai fait de nouvelles expériences et de nouvelles rencontres. J’ai connu la réussite et l’échec. J’ai essayé d’apprendre à vivre sans toi, et parfois j’ai culpabilisé de vivre autant en sachant que tu n’es plus là. Il faut beaucoup de courage pour réapprendre à vivre après un drame. Car il revient parfois comme un boomerang en pleine figure : une date, un souvenir, une chanson, un lieu et me revoilà plongée dans la tristesse, les regrets, les questions, la nostalgie. La vie est un défi à faire face. J’ai souvent refusé de faire face à cette souffrance que ta mort avait causée en moi. Je ne me sentais probablement pas légitime de souffrir plus que tes parents, de pleurer autant, alors je l’ai enfouie en moi et n’en ai plus jamais parler. Jusqu’au mois de juin dernier où je me suis rendue au sanctuaire de Montligeon. Dans ce lieu de prière pour les défunts, je ne m’attendais pas à y trouver une chapelle pour les tout-petits défunts. D’un coup, ça a légitimé tout ce que je pensais illégitime. J’ai ici l’opportunité d’offrir au Seigneur, toute cette souffrance intérieure que j’ai camouflée pendant des années, et par la même, de prier pour toi, mon petit ange, ce à quoi j’ai failli pendant toutes ces années. La vie est un devoir à accomplir, nous ne devons pas l’oublier. Avec la certitude que tu m’entends, j’ai osé te le dire ce jour-là et je te le redis encore une fois : merci d’avoir illuminé mon regard et changé ma vie. Pardon pour toutes les fois où j’ai perdu espoir et où je t’ai privée d’attention. Je t’aime, je t’ai toujours aimé et je t’aimerai toujours.

Chapelle des Touts petits défunts à Montligeon

15 ans plus tard, je ne t’ai pas oublié ma toute belle et en cette date anniversaire de ton baptême, je te rends hommage par cet article. Pour tout te dire, je ne savais pas comment le commencer, ni ce que je pourrais bien dire sur toi. Tu m’as sûrement inspirée en me soufflant l’idée de parler de la vie. La vraie. Non pas celle que l’on rêve, celle que l’on aimerait, mais celle qui est aujourd’hui et qui sera pour l’éternité. Alors, j’ai pensé à un célèbre texte d’une grande sainte que j’aime beaucoup pour chanter l’hymne à la vie en ta mémoire et en mémoire de tous ces petits anges qui nous ont quittés et qui sont là-haut. J’écris ce texte comme un chant d’espoir pour les mères, les pères, pour les familles qui ont été, sont ou seront un jour confrontées à cette épreuve du deuil périnatal. J’écris pour leur dire de ne pas avoir peur, de faire confiance, de croire en ce miracle de la foi, en cette promesse de la vie.

La vie est ce qu’elle est : un don si précieux de Dieu. Un don qui nous dépasse. Tout dans la vie nous dit quelque chose de l’Amour et de la Bienveillance de notre Dieu. Si tu regardes bien, tu les verras et tu comprendras que vivre, c’est s’abandonner en sa volonté même si tu ne comprends pas tout ; c’est apprendre à danser sous le soleil et sous la pluie, c’est cueillir chaque jour comme une occasion d’aimer davantage comme Dieu lui-même nous a aimés. Vivre, c’est marcher résolument vers l’espérance qui nous attend, la vie éternelle. Et c’est alors comprendre que rien n’arrête la vie. Pas même la mort, comme le disait sainte Thérèse de Lisieux : « je ne meurs pas, j’entre dans la vie. »

Oui mon petit ange, ma grande filleule, il y a 15 ans, tu ne m’as pas quittée, tu es juste passée de l’autre côté. Tu es entrée dans la vie. Tu n’es pas là où j’aurais aimé que tu sois mais tu es partout où je suis. Tu veilles sur moi à chaque instant. Sur le registre des Hommes, est écrit pour l’éternité que je suis ta marraine pour le meilleur et pour le pire. On a traversé le pire, et maintenant que je suis en paix, le meilleur est à venir.

Alors vole ma douce, mon hirondelle, vole et vis la vie, le monde est si beau vu du ciel ! De temps en temps, jette un regard sur moi et aide-moi, moi aussi, à vivre la vie, en attendant de te retrouver dans l’éternelle vie.

Je t’aime ma princesse !

Ta marraine

Un chemin de la mort à la vie

Dans la Bible, le livre de vie par excellence, il est écrit que « si un grain tombé en terre ne meurt, il reste seul ; mais s’il meurt, il produit beaucoup de fruits » (Jean 12, 24). Je n’ai jamais prêté attention à ce verset, je le trouvais trop mystérieux et il me faisait peur : comment la mort peut-elle produire du fruit ? C’est assez paradoxal quand on y réfléchit : un arbre mort ne produit plus rien, d’ailleurs il peut même se révéler dangereux. Et puis, il y a un an jour pour jour, j’ai perdu mon papa. Une épreuve douloureuse qui a ouvert un long chemin de reconstruction : le deuil. Et au moment où j’ai eu l’idée d’écrire cet article, le verset de saint Jean a sonné en fil conducteur : comment ai-je accueilli la nouvelle de ce grain tombé en terre qui meurt ? Comment ai-je apprivoisé cette solitude physique éternelle ? Quel a été l’impact de la mort de mon père sur ma vie, ma foi, ma famille ?

Le deuil commence toujours par une terrible nouvelle, la nouvelle du petit grain tombé en terre qui meurt : ce proche qui disparait brutalement. C’est un véritable choc qu’un an après, voire des années après, on se rappelle encore : je me souviendrai toujours ce que je faisais, où j’étais, avec qui j’étais avant que survienne l’heure de l’annonce. C’est un véritable choc car on ne s’imagine jamais perdre quelqu’un qu’on aime. Surtout pas quand le soleil brille de mille feux. Et pourtant, quoi qu’on en dise, quoi qu’on fasse, ce jour arrivera tôt ou tard. Ce choc de la mort produit en nous d’abord et c’est tout à fait humain, des larmes, beaucoup de larmes. Puis très vite, on ne pleure plus, on n’en a plus la force. L’âme est appesantie, le corps épuisé, l’estomac noué et vide. Le soutien des proches en ces heures sombres est une lumière dans le noir, un baume apaisant à la blessure, un appui solide : certains pleurent avec nous, d’autres sont forts pour nous ; d’autres encore pleurent avec nous et nous soutiennent. Pourtant, on a beau être très entourés, soutenus, une place est définitivement seule et ça nous pèse. Il y a comme un vide insoutenable en nous. Ce n’est pas une condition mais une réalité : quand le grain tombé en terre meurt, on est seuls. Profondément seuls. Seuls face à nous-mêmes, seuls face au présent de la mort et à la vie à venir qui d’un coup n’a plus de sens, seuls sans l’être aimé. Et c’est alors que naissent les questions : comment vais-je y arriver ? Pourquoi tu m’as laissé ? Qu’ai-je fait pour mériter cela ? Comment est-ce possible ?

Quand la mort est germée, naît une profonde solitude. Tout l’objectif du deuil est d’apprivoiser l’absence physique de l’être cher, d’accepter cette solitude éternelle non pour la subir mais pour en faire une force. Certains y arriveront plus facilement ou plus difficilement que d’autres. Le deuil n’est donc pas une réaction instantanée, mais un chemin ponctué de mille émotions où chacun va à son rythme pour se reconstruire du choc qu’a occasionné la mort. Voilà pourquoi on ne peut comparer un deuil avec un autre. Que l’on soit père, mère, enfant, frère, sœur, ou membre plus éloigné, chacun le vit à sa façon.

Sitôt la nouvelle encaissée, il faut être prêt au combat car d’autres répliques encore plus douloureuses arrivent : le dernier adieu, la mise en bière, la mise en terre. On peut toujours compter sur nos proches, les différents messages de condoléances en témoignent. Mais où est Dieu dans toute cette première phase ? Il est comme l’oasis dans le désert, présent par l’Eglise, cette maison qui célèbre les joies mais qui accueille aussi ceux qui pleurent et leur apporte consolation et espérance. La célébration des funérailles est l’accalmie en plein milieu de la tempête émotionnelle que l’on vit, le moment où on peut rendre grâce à Dieu pour la vie de celui qui nous a quittés, le confier à la miséricorde de Dieu et exprimer notre espérance en la vie éternelle. Dieu est la Parole qui console, la lumière qui éclaire, le pain qui rassasie.

Passé tous ces chocs émotionnels, il faut commencer une nouvelle étape du deuil : la reconstruction c’est-à-dire rebâtir une vie sans l’être cher, apprendre à vivre sans lui. Ce n’est pas évident car les failles sont encore fragiles et profondes. Un rien appelle un souvenir qui fait couler les larmes. J’ai mis plus d’une semaine à rentrer dans la chambre de mes parents, en sachant que mon père y a passé sa dernière nuit. J’ai mis plus d’un mois à m’endormir sans garder la lumière allumée. J’ai mis du temps avant d’arrêter de lui envoyer des sms mais je n’ai toujours pas supprimé son numéro dans mon répertoire téléphonique. Je me retrouve parfois à réécouter ses messages vocaux, à relire ses messages écrits. On se reconstruit d’abord auprès de ceux qui restent : nos familles, nos proches amis, ils sont nos repères et nos forces pour continuer à vivre. On se reconstruit en s’ouvrant les uns aux autres, en parlant de ce que l’on ressent, en pleurant ensemble si besoin, en faisant ces nouveaux pas ensemble.

Pour autant, le retour à ma vie francilienne, à mon travail, à ma paroisse n’a pas été facile. Papa avait aussi connu tous ces endroits et se dire qu’il n’y remettra jamais les pieds, cela fait mal. Oui, au début du deuil, on voit tout ce que l’être cher ne verra plus, ne fera plus, et ça agrandit la peine. Il ne sera pas là pour m’accompagner à l’autel si je me marie. Il ne portera pas dans ses bras mes enfants. Il ne verra pas quand j’achèterai mon appartement. Il ne fêtera plus Noël avec nous, il n’y aura plus d’anniversaire avec lui… et tant et tant d’autres. Le deuil nous projette dans les regrets, la nostalgie et ça nous fait encore plus mal. On apprend à se reconstruire quand on passe du « il ne sera plus là où il était » au « il est et sera partout où moi je suis. » Et on ne peut le faire que si on a une espérance profonde. L’espérance chrétienne dans laquelle j’ai été élevée et à laquelle mon papa était si fermement fidèle, c’est que la vie ne s’arrête pas après la mort. La mort n’est qu’un passage vers le ciel pour la vie éternelle. Nos défunts sont toujours avec nous, d’une manière très différente certes, mais ils sont bien présents et nous pouvons continuer à vivre avec eux. C’est ce qu’on appelle la communion des saints, pas seulement les grands saints et saintes canonisés par l’Eglise, mais aussi ceux qui nous ont précédés, et nous tous avec eux.

J’ai bien dit espérance et non pas espoir. Il y a bien une différence entre ces deux mots. On nourrit beaucoup d’espoirs pour pouvoir supporter les moments difficiles. Mais l’espoir – l’attente de la réalisation d’un désir concret dans un futur plus ou moins proche – est susceptible de ne pas se réaliser et donc de me décevoir (on dit alors « nourrir de faux espoirs). L’espérance en revanche s’ancre dans une certitude, la certitude de ce qui nous attend au bout du chemin : « Si tu crois, tu verras la gloire de Dieu ! » L’espoir de faire revenir mon père sur cette terre et revenir à notre vie d’avant est bien vaine mais l’espérance de le revoir au ciel est bien vivante. Oui, je crois que mon papa est en paix dans la maison du Père avec tout ceux qu’il a aimé, comme il est venu lui-même me le dire en songe 40 jours après sa mort. Oui, je crois qu’un jour enfin, je les reverrai tous et nous serons à nouveau réunis.

Mais l’espérance, si elle ne déçoit pas, appelle la persévérance car elle peut être mise à rude épreuve. Quand les épreuves se succèdent, on peut retomber et s’effondrer à nouveau. La mort est comme un boomerang : un jour, elle te revient en pleine face et alors tu exploses. Je l’ai compris à mes dépens, six mois après le décès de mon père, en février en apprenant la disparition brutale d’une amie. La mort a repris possession de mon esprit pendant des semaines jusqu’à en faire une crise d’angoisse. Allongée sur le lit aux urgences, avec l’aide du médecin, j’ai compris ce jour-là que j’avais trop encaissé, je pensais être forte mais en vrai, non mon âme n’était pas en paix. Trop d’émotions la retenaient encore prisonnières. Se reconstruire c’est aussi un long travail intérieur pour retrouver la paix. Ressasser le passé, se poser mille questions ne fera pas revenir l’être aimé mais ne fera qu’agrandir notre peine. Se pardonner et pardonner à l’autre. Faire la paix avec la mort : elle ne nous a enlevé que la présence physique pour un tempsmais les liens d’amour demeurent. Pour ma part, j’ai commencé à entrevoir ce besoin de paix intérieure le lendemain de ma crise d’angoisse à Pellevoisin. Là, près de la Vierge Marie, mère de Miséricorde, mon cœur me faisait mal mais j’ai ressenti l’appel à me consacrer aux cœurs unis de Jésus et Marie. Je me suis confessée, j’ai reçu le scapulaire tout près de mon cœur et les jours suivants, je m’y suis abandonnée, diminuant peu à peu les angoisses et les peurs. J’ai continué ma route vers la paix tout au long de nos aventures de foi mensuelles, et particulièrement au sanctuaire de Montligeon. Dans ce centre de prière pour les défunts, au pied de la Vierge Marie, j’ai déposé toute culpabilité, toute colère, j’ai demandé pardon et j’ai pardonné à mon père. Puis j’ai rendu grâce pour l’homme et le père aimant qu’il était et pour tout l’amour qu’il m’a donné.

Sanctuaire de Montligeon – centre de prière pour les défunts

Alors, par la fraternité, par l’espérance et la paix intérieure, peu à peu on ouvre les yeux et comprend que la mort du petit grain tombé en terre ne nous laisse pas seuls, mais travaille nos cœurs, nos vies, pour fleurir à nouveau.

La mort de papa aurait pu m’éloigner de la foi. Entre Dieu et moi, la corde s’est tendue quand je n’avais pas de réponses à mes « pourquoi » ; j’ai coupé la corde quand je pensais qu’il était trop loin de moi. Je suis alors tombée dans la culpabilité, la colère, la déprime. Mais aussi fou que cela puisse paraître, la mort de mon père terrestre a renoué mon lien avec mon Père des Cieux. Elle nous a donné l’audace de nous mettre en marche jusqu’à Dieu. Elle m’a inspiré la nécessité de consacrer mon cœur au Sacré-Cœur de Jésus et au cœur immaculé de Marie. Ma foi, ma dévotion a été renforcée, soutenue par les chants de louange qui m’ont aidé à voir Dieu, non pas comme le responsable de mon malheur, mais comme le Père qui m’accompagne et pleure avec moi.

La mort de papa aurait pu aussi nous éloigner les uns des autres. C’est ce qui arrive malheureusement parfois dans certaines familles, mais celle de papa nous a rassemblés davantage. L’unité qu’il nous a tant prônée dans notre éducation est aujourd’hui le moteur de notre famille : en sa mémoire, nous voulons toujours être unis. L’unité est si réelle autour de nous à tel point qu’on se dit « s’il était là pour voir ça ! » Il doit sourire en le voyant et intercéder pour qu’elle perdure.

Alors aujourd’hui, je n’ai plus peur de cette parole de Jésus : si le grain tombé en terre meurt, il produit beaucoup de fruits. Elle m’a aidé à traverser l’épreuve la plus douloureuse de ma vie pour en faire une force, pour ouvrir un nouveau chemin de vie et de foi, tout en sachant que j’ai une bonne âme qui veille toujours sur moi et que je continue d’aimer plus que tout.

Pour terminer cet article, je prie pour toi, pour toutes les personnes qui vivent un deuil. Que l’Esprit Saint souffle en vos cœurs du courage et de l’espérance. Ce que vous vivez aujourd’hui est réel et peut vous paraître insurmontable mais vous êtes capables de vous relever, non pas d’oublier car on n’oublie jamais, mais d’en sortir plus forts. Celui ou celle qui vous a quittés n’est pas bien loin, juste de l’autre côté. Ayez foi, gardez l’espérance et priez pour que la paix revienne en vos cœurs. Ne laissez personne vous dire le chemin que vous devez prendre. Mon chemin n’est pas le vôtre mais s’il peut vous inspirer du courage, alors je rends grâce à Dieu.

Quoi qu’il en soit, dans les joies et surtout dans les peines, rappelez-vous :

Dieu est bon en tout temps… et en tout temps, Dieu est bon !

Les merveilles d’une année d’aventures de foi

Cela fait un peu plus d’un mois que Lulu nous tanne pour coucher sur papier tout ce que nous avons vécu ensemble depuis 10 mois. Et tout ce qui pouvait bien venir était rempli de pourquoi ? Pourquoi cette année ? Pourquoi ces idées ? Pourquoi ces révélations ? Pourquoi ces changements ? Pourquoi maintenant ?

C’est fou le nombre de Pourquoi que l’on peut lui adresser alors que tout ce qu’il attend de notre part c’est un amour confiant… Rendue plus sensible à ses désirs et voyant que les mots ne se posaient pas pour dire ce que nous avions vécu, j’ai confié à la prière ce bilan tant espéré de notre sœur . Et assise dans l’Eglise Saint Nicolas de Wasquehal entre une statue de notre dame de Lourdes à ma gauche, une de sainte Thérèse de l’enfant Jesus et de la Sainte à ma droite, et ayant devant moi toute une représentation dans des arches gothiques du Sacré Cœur de notre Seigneur et Maître, une seule phrase résonne dans mon cœur : « D’où m’est il donne que la mère de mon Seigneur vienne jusqu’à moi ? » (Lc 1,43).

C’était la stupéfaction d’Elisabeth il y a plus de deux mille ans et c’est aussi la notre. Quand nous remontons le fil de cette année, impossible de sentir le moment où Dieu s’est rendu vraiment présent. L’an dernier à cette époque, nous avions un projet : donner à Dieu une semaine dans notre repos estival et puis nous avons perdu chacune un homme (un papa) qui nous ont aidé à construire cette relation à Dieu. Perdre papa R surtout juste avant le pelé que nous avions imaginé aurait pu nous éloigner de Dieu, de la Foi. Pourtant il a fallu la rentrée, le retour aux habitudes, le temps de commencer à apprendre à vivre avec cette nouvelle vie pour fleurisse quelque chose dont les germes en nous, nous étaient inconnus. Nous nous étions rendues en octobre à l’occasion de la fête de Sainte Thérèse de l’Enfant Jesus et de la Sainte face en l’Eglise Notre Dame des Victoires à Paris (oui ça fait long mais ça fait retentir une réalité qui nous dépasse encore (la paroisse sœur de notre paroisse est une église Sainte-Thérèse…) et dans nos cœurs à toutes les 3 s’est concrétisé que nous pouvions être plus audacieuses, plus créatives, plus déterminées pour Celui qui nous a réunis.

Jusque-là, nous avancions comme Elisabeth dans sa grossesse, nous savons que nous sommes les enfants d’un Père tout Amour et comme nos noms sont gravés dans son cœur comme sa Parole est gravé en nous, mais qu’elle n’a pas été notre surprise de découvrir que ces aventures que nous faisions nôtre, les rencontres que nous faisions et l’objet même de notre déplacement restaient fondamentalement loin de ce que nous aurions pu imaginer.

Oui tout à Jésus, nous voulions aller à sa rencontre et à lui seul, sûres que ce sont nos déplacements qui nous permettaient de nous connecter à lui. Bien sûr nous l’avons rencontré dans cette femme à Lisieux, dans ces paysans à Pontmain, dans ce site, dans l’accueil et les bons soins du Frère François à Pellevoisin. Oui il était là, parce qu’il l’a promis, parce que nous sommes à lui mais il n’était pas seul.

La France fête en 2022, les 100 ans de la proclamation de Marie patronne principale de ce pays. Quand nous le découpons en cinq, chaque zone à son sanctuaire marial, cet endroit un peu hors du temps où la paix ressentie fait goûter le ciel. Marie nous précède, la première qui a cru, la première en chemin, la première ressuscitée. Mais sa bonté envers nous ses enfants est si grande que pour répondre au désir de notre cœur d’aller à Jesus, Marie est venue à nous. Elle ne s’est pas imposée. La prière mariale n’est pas devenue le centre mais elle s’est proposée en passerelle. C’est sûr, la dévotion n’a pas changé, le symbole de notre Amour n’a pas changé mais telle la mère qu’elle est, la Nouvelle Ève, l’achèvement parfait de la Création, elle était la présente pour faire retentir ces messages que nous connaissons tous comme des révélations de son Fils dans notre Aujourd’hui. Présente comme à Cana, comme à Elisabeth, comme à La Croix ou au Cénacle, dans la douceur, dans le Service, dans le silence.

Elle est venue à notre rencontre pour nous montrer son Fils, pour connecter nos cœurs remplis de doutes, de deuil, de peine, nos cœurs malades et craintifs au Sacré-Cœur de Son Fils en offrant son Cœur Immaculée comme chemin. Elle est bénie et toute belle, cette mère qui nous a révélé le lieu de notre quiétude, de notre Force, de notre saint repos. Elle est venue pour ajuster notre dévotion, parfaire notre prière elle qui est comblée de grâce.

Ce n’est jamais par nous-mêmes que les signes sont dévoilés ou accomplis. Quand Elisabeth éclate de joie à la vue de sa cousine et du fruit béni de ses entrailles, c’est l’Esprit Saint qui lui fait prendre conscience de ce qu’elle est entrain de vivre. De même, alors que nous avons des réticences face au mouvement charismatique et autres effusions de l’Esprit, prier avec Marie a ouvert chez nous une sensibilité à l’action puissante de l’Esprit Saint, faisant raisonner cette idée de Saint Maximillien Marie que prier Marie c’est prier l’Esprit. Elle qui est comblée de grâce est vraiment remplie de ce souffle de Dieu qui renouvelle la Terre, l’Histoire, ce souffle qui a modelé notre Année.

Alors oui nous pourrions détailler encore et encore les événements de cette année mais notre Âme est en fête des merveilles que Dieu a fait en nous et autour de nous. A l’école de Marie, nous ne voulons que vivre ce temps avec elle pour recharger nos batteries et ouvrir nos esprits à la mission à laquelle notre Amour nous appelle.

Bel Été à chacun de vous et n’oubliez pas 

Dieu est bon

En tout temps

Le temps de l’Amour #2

« Aimer, c’est tout donner… » vous connaissez sûrement la suite ? L’amour est toujours don de soi : quand on aime, on donne toujours un peu de sa personne, de son temps, de son cœur, de ses compétences, de ses possessions. Mais on peut aussi donner trop, donner pas assez, donner mal, ne plus donner, et alors c’est l’incompréhension, la déception, jusqu’à la déchirure parfois.

Au dernier soir de sa vie, Jésus se donne à ses disciples et plus largement à toute l’Eglise : il nous livre son corps et son sang, comme vraie nourriture et vraie boisson. Plus tard, au jardin de Gethsémani, il se donne (il s’abandonne) à son Père dans la prière. Oui, au soir du jeudi saint, Jésus se donne corps, cœur et âme à son Père et à l’Eglise. 

L’Eucharistie est le sacrement de l’amour par excellence, qui nous met en communion d’amour avec Dieu et avec nos frères et sœurs. C’est en effet, le lieu où l’amour de Dieu se donne en abondance, en grâces et pour tous : ce n’est pas un simple mémorial du jeudi saint, mais un miracle quotidien, accompli pour nous nourrir, nous combler. Chaque fois qu’une messe est célébrée en quelques points du globe, c’est l’amour de Dieu qui se donne une nouvelle fois au monde ; chaque fois que tu adores le Saint Sacrement de l’autel, c’est l’amour de Dieu qui se révèle à tes yeux, qui se donne à ton cœur. Quelle grâce ! En avons-nous conscience ? 

Viens, ne tarde plus ! Abandonne-toi à ce Dieu d’amour qui se donne à toi, sous le signe du pain et du vin consacrés ! Dieu nous a aimés jusqu’au bout de l’amour, en se donnant complètement et quotidiennement dans ce mouvement d’amour. Entrons dans la danse ! Devenons ce que nous contemplons, ce que nous recevons.  Soyons les témoins de cet Amour incommensurable qui se donne et que nous recevons quotidiennement sur la table de l’autel, pour étancher la soif d’amour du monde.

« Aimer pour le meilleur et pour le pire… » Oui, l’amour n’est pas empli que de beaux jours et de merveilles ; il est aussi teinté de difficultés, d’épreuves, de mauvaises humeurs. Aimer, c’est consentir ensemble aux joies et aux peines, accepter les qualités et les défauts, supporter les différences.  

Jésus connaissait chacun de ses disciples, leurs points forts, leurs points faibles, mais cela n’enlevait rien à son amour pour eux. Il les aima jusqu’au point de s’abaisser pour leur laver les pieds. Pierre, gêné,aurait sûrement préféré lui présenter le meilleur de lui-même. Mais non, à ce moment de l’histoire, Jésus désire mettre en lumière ses saletés, ses péchés, non pas pour le juger, le condamner mais pour le laver, pour le sauver. Et toi aussi, peut-être que tu ne mérites pas que Jésus s’abaisse pour te laver les pieds, mais pourtant, il le fait aussi pour toi, il désire laver ce qui est souillé en toi et te relever par son amour.

L’Amour qui s’abaisse est le phare espéré dans la nuit de nos tempêtes, de nos désaccords et nos différences. Se décentrer de nous-mêmes, et nous mettre au niveau de l’autre, apprendre à communiquer, pardonner, se réconforter les uns les autres, s’entraider, se donner du courage, voilà comment nous aussi, nous pouvons nous laver les pieds les uns aux autres !

Alors, en ce jeudi saint, nous t’invitons à prendre le temps de l’amour qui s’abaisse : il y a forcément une personne de ton entourage, ou que tu croiseras aujourd’hui, qui a besoin de se laver les pieds. Ne manque pas cet appel de répandre l’amour autour de toi !

« Il n’y a pas de plus grand amour que de donner sa vie pour ceux qu’on aime »

Cette phrase est tout le bruit de cette journée de Silence. 

Silence qui dit l’indicible 
Silence pour nous unir à la peine 
Silence de nos accusations 
Silence de nos églises, de Notre Église 
Silence car aujourd’hui les ténèbres obscurcissent le ciel, nos vies et nos âmes. 

« Comme il a aimé les siens qui étaient dans le monde, il les aima jusqu’au bout »

Accueille ces paroles! Laisse les descendre au plus profond de toi ! 

Jésus s’offre en sacrifice pour toi. Oui toi qui lit ce message, reçois ces mots : Jésus t’a aimé de toute éternité jusqu’à sacrifier sa vie pour toi.

 Au bois de la croix tout est cloué, les péchés, les rancœurs, le désespoir, la tristesse, toutes les situations qui empoisonnent le cœur de l’homme. Mais pourtant, il reste une chose autour de cette souffrance du Christ, c’est bien son Amour. 

Il a accepté plus que de souffrir, de supporter ou d’endurer la vie par Amour, lui a été jusqu’à sacrifier sa Vie. Aujourd’hui plus qu’un autre on comprend vraiment que Jésus nous a aimé jusque là. 

Alors aujourd’hui tu es appelé à vénérer la croix, n’hésite pas le bois de la croix est le bois de l’Amour. De cette croix, tu peux sentir le cœur même de notre Seigneur, dans une inclinaison profonde, un baiser ou une caresse, doucement  goûte l’amour à la croix.

Avec Jésus, depuis le mercredi des cendres, nous avons traversé le désert du carême, célébré son entrée à Jérusalem, son dernier repas et vécu sa passion au Golgotha. Et en ce dimanche de Pâques, nous voilà au tombeau pour accueillir cette bonne nouvelle : Jésus est ressuscité !

Oui après s’être tant donné, après s’être abaissé, sacrifié, après avoir été rejeté et bafoué, l’Amour en ce jour de Pâques a triomphé !

Il fallait que Jésus passe par ce chemin de La Croix pour que son amour triomphe en ce monde. Il faut aussi que tu passes par La Croix pour plonger dans son amour et te laisser renouveler par lui.

Son amour est vainqueur dans ce que tu vis. Si tu te sens seul, rejeté, blessé. Si tu es découragé par ce qui se passe dans le monde. Si tu as l’impression qu’il est absent du monde, de tes épreuves, de ta vie. Sois sans crainte ! Il t’aime, il ne t’abandonne pas !

C’est la joie de Pâques, c’est notre esperance : l’amour a toujours le dernier mot. L’amour finit toujours par triompher.

Seigneur, même si je ne comprends pas tout ce qui se passe dans le monde, dans ma vie, il me faut, il nous faut passer avec toi de la mort à la vie. Fais nous renaître à l’amour !

Le temps de l’amour #1

Nous voici au début de cette Grande Semaine. Nous quittons le temps du Désert, renouvelés, convertis à Dieu et reconnaissant de la grâce que Dieu a déposé dans nos vies.

Le temps de l’amour qui se célèbre

Après avoir pris Carêment le temps de nous mettre en présence de Dieu, nous savons que cette Grande Semaine est pour nous l’occasion de plonger dans l’Amour de Dieu.

Et c’est dans la fête, dans les acclamations et la joie que nous entrons en son amour. Car c’est un triomphe quand l’amour atteint son apogée en ce monde et que devant nos yeux nous voyons une des ces plus belles expressions.

Que ce soit pour notre Seigneur et Maître monté sur un âne, ou bien pour de jeunes mariés sortant de cérémonie, l’Amour est une fête à laquelle chaque témoin trouve un brin d’espérerance et de force.

Nous serons déjà invités à vivre la Passion de Notre Seigneur, aux messes de ce WE, mais nous vous proposons de goûter vraiment l’acclamation au Roi.

Élevons nos Rameaux, nos Palmes, Buis ou branche d’Olivier

Élevons nos Cœurs en disant Hosanna au Roi des Roi

Que cet Amour qui nous environne renouvelle nos forces et nous donne l’espérance de vivre étape par étape, plongé vraiment dans cette commémoration de l’Amour de notre Seigneur.

Cette entrée est un temps fort pour que nos âmes se lient à Notre Dieu. Profitons-en !

Bonne semaine sainte à tous!!

Le temps de l’Amour à la source

Lorsque nous avions pensé cette petite série sur l’amour, il m’est apparu presque évident de pouvoir, avant toute chose, définir l’Amour. Car on parle beaucoup d’amour et on veut toujours plus d’amour, mais qu’entend-on par ce mot ?

Les grecs ont essayé de définir l’amour, en établissant une classification précise, car c’est vrai, il y a différentes façons d’aimer. L’éros correspond à l’amour passionné, érotique, charnel, c’est l’amour entre deux personnes amoureuses et qui éprouvent l’un pour l’autre une attirance physique et sexuelle. L’amour Philia correspond à l’amour du prochain, l’amour entre amis qui se respectent et s’entraident ; dans la même lignée, l’amour Storgé inclut également les relations familiales. Enfin, l’amour Agapé est, pour les grecs, l’amour le plus pur et le plus inconditionnel qui existe : un amour généreux et universel, qui pense le bien d’autrui avant son propre bien. 

La Bible définit l’amour en trois mots : DIEU EST AMOUR. Voilà tout ! Si tu cherches à savoir ce qu’est l’amour, ne cherche pas plus loin que Dieu car l’amour est l’attribut de Dieu, comme dirait quelqu’un, c’est l’autre nom de Dieu. Dieu ne saurait être Dieu sans l’amour incommensurable qu’il a pour nous. Et alors, en quoi consiste l’amour de Dieu ? « En ce que, lorsque nous étions encore des pécheurs, Christ est mort pour nous. » (Romains 5, 8) 

L’Amour de Dieu est la source pour nous apprendre à aimer, pour revigorer nos capacités à aimer ; c’est aussi la première annonce qui peut toucher les cœurs aujourd’hui, particulièrement les plus éloignés, comme en témoigne Medhi Djaadi, ce musulman converti au catholicisme, bouleversé par cette petite phrase toute simple : « Dieu t’aime ! »

Oui, en ce lundi saint, nous aussi, prenons conscience de cet amour de Dieu pour chacun de nous, il est à la fois universel (pour tous) et personnalisé (Dieu te connaît par ton prénom, et il t’aime plus que ce que tu ne crois). 

Prends le temps de méditer le psaume 138 pour accueillir cet amour divin et en devenir le témoin.

Bonne route vers l’Amour !

Le temps de l’Amour Écclésial

Aujourd’hui nous sommes Mardi Saint et nous sommes invités ici au diocèse de Nanterre (hier ou demain pour d’autre) si ce n’est en présence au moins en union à vivre la « Messe Chrismale ».

Ce moment unique dans chaque Diocèse qui unit assemblée de fidèles, religieux, religieuses, diacre et prêtres autour de leur Évêque. Et tout, tout, dans cette liturgie nous parle de l’amour de L’Eglise . Dans la consécration ou la bénédiction de chacune des trois Huiles, nous sommes transporté par l’amour que L’Eglise a pour ceux qui sont fragiles, souffrant, pour ceux qui sont en quête du Christ, pour ceux et celles qui vont lui appartenir dans le Baptême, la Confirmation et le Sacerdoce.
Le soin que L’Eglise apporte à l’humanité est le témoignage actif de l’Amour dont Dieu lui-même veut enflammer le monde. Et c’est une des grandes expériences que nous offre cette célébration.

Le jour de la Messe Chrismal est aussi pour nous le temps propice de prier avec nos prêtres qui renouvelle leur vœux de Sacerdoce. Et c’est une joie profonde de se rendre compte combien nos prêtres sont des êtres Amoureux et que dans cet instant de communion presbytéral se révèle toute la plénitude de Dieu. Amoureux de leur Sacerdoce, ils sont aimé et dévoué à l’l’Eglise. Ils sont ces êtres bénis de savoir et de vivre l’Eglise à la manière de la Jérusalem céleste.

Aujourd’hui tout particulièrement, nous vous proposons de prier pour vos prêtres, souhaitez leur une bonne fête, soyez de bons soutiens fraternel pour eux afin que l’Amour de l’Eglise tel un feu qui transfigure l’homme simple en bénis de Dieu, continue d’appeler et d’embraser les cœurs.

Belle Fête à tous et surtout à nos frères prêtres, à nos Évêques et au futur Évêque de Guadeloupe.