Pellevoisin : l’expérience des coeurs unis de Jésus et Marie

Au lendemain de la solennité du Sacré-Cœur de Jésus, l’Eglise nous invite à célébrer le Cœur Immaculé de Marie. Qui mieux que Marie a été unie à Jésus ? Elle qui le porte dans ses entrailles pendant neuf mois et toute sa vie dans son cœur, même à l’heure de la croix. Marie est celle qui, par sa vie donnée, nous apprend à consacrer nos cœurs à son fils. Elle est celle qui nous montre que lui dire oui, le suivre avec confiance, est un grand bonheur.

Il est un lieu en France qui nous parle tout particulièrement de ce Cœur de Marie et qui nous conduit au Cœur de Jésus. C’est le sanctuaire marial de Pellevoisin.

Il y a 4 ans, avec Aventure de foi, on y venait pour la première fois, après 3h de route, en pleine nuit, en pleine campagne. On ne connaissait rien de ce lieu, ni de son histoire mais on s’est décidées à y venir en même pas quelques jours. Aventure de dernière minute dira t-on. Et pourtant, dès le premier contact, dès que nous avons franchi la porte du sanctuaire, un peu après 20h, nous nous sommes senties comme à la maison : on était si bien accueillies. On avait nos prénoms inscrits à l’entrée pour nous souhaiter la bienvenue. A croire qu’on était attendues. Les derniers seront les premiers.

Nous sommes arrivées en ce lieu avec nos vies bien imparfaites. C’est là que le Seigneur nous attendait, pour parler à nos cœurs et il le fait d’abord à travers une salutation fraternelle, une charité débordante. « Réjouis-toi Marie, voici que tu as trouvé grâce auprès de Dieu! »

Un dîner, une petite prière et on s’endort dans la paix. 6h du matin, il faisait encore nuit mais on se lève pour faire un chemin de Croix glacial. Tout dormait, et nous, on priait, certes le cœur angoissé de la nuit mais on a été au bout du chemin ensemble, les pieds dans la boue, les mains transies de froid, mais le cœur en Dieu. Le Seigneur nous attendait là aussi, pour que sa Parole réchauffe nos cœurs, comme Marie qui méditait tout en son cœur.

Après une douche chaude et un petit déjeuner, nous contemplons la fresque du couronnement de Marie. Devant cette fresque, comment ne pas contempler l’œuvre de Dieu accomplie en Marie ? Marie a reçu le don le plus précieux de Dieu, son Fils, Jésus, mais elle ne garde rien pour elle, elle rend toute la gloire de Dieu. C’est pourquoi le Seigneur la couronne, parce qu’elle est toute belle et resplendissante de son Amour. Marie est couronnée parce qu’en disant oui, en se tenant fidèlement aux côtés de son Fils, elle a fait triompher la vie, elle a remporté la victoire sur le mal, elle a annoncé les merveilles de Dieu. Elle nous montre le chemin sur nos chemins quotidiens.

Nous vivons ensuite la messe dans la chapelle des apparitions (qui autrefois était la chambre d’Estelle Faguette, voyante de l’apparition) avec la communauté. Quel instant de grâce avec Marie, de vivre le miracle eucharistique ! Quand tu ne sais pas où il est, va à l’Eglise, là le Seigneur présent, vivant !

Après la messe, nous voilà en route vers la grotte de Montbel. Cette grotte dédiée à notre Dame de Lourdes avait été aménagée par le comte et la comtesse de la Rochefoucault, chez qui Estelle était employée comme gouvernante. Lorsqu’Estelle tomba gravement malade, elle écrivit une lettre à Marie et alla la déposer dans la grotte. Depuis, comme elle, de nombreux pèlerins viennent y déposer leurs intentions. Nous aussi, nous posons cet acte de foi. Nous écrivons notre lettre à Marie, elle que Jésus nous a donné au pied de la croix.

Alors que nous marchions vers la grotte, il faisait beau, un grand soleil mais beaucoup de vent. Nous prions encore et toujours, avec dans nos mains le panier contenant nos lettres et les intentions que nos proches nous ont confiées. On chante, on ne cesse de chanter.  La grotte est simple mais riche de la foi, de plein de foi qui sont passés avant nous : elle est le témoin de tant d’autres témoins. D’abord, nous déposons nos lettres dans le panier. Ensuite, nous faisons monter notre prière, pour nos proches, pour le monde, pour l’Eglise. Il y a aussi ce silence de la Nature qu’on écoute aussi.

Au début de la prière, nous étions chacune dans un coin, puis on se donne la main. On chante vous recevrez une force, puis vient saint Esprit. Et le vent souffle. Avec plus de force. On l’entend de loin, on le sent sur nos peaux, dans nos cheveux.  Alors qu’on chante « souffle saint Esprit », une bourrasque nous surprend. C’est le souffle de l’Esprit qui emplit nos cœurs, car là où est l’Esprit, là est la présence de Dieu, et Marie est remplie de cette présence de Dieu. Elle nous apprend à faire Eglise, elle qui était présente au cénacle lors de la Pentecôte et que l’Eglise nomme la mère de l’Eglise.

On repart de la grotte dans la joie, en chantant toujours. On revient au sanctuaire, pour prier le chapelet. Puis on se confesse, un long dialogue avec le prêtre qui nous fait du bien et dans ses mots, un choix se propose : la consécration aux cœurs de Jésus et Marie. Parce qu’un cœur qui découvre ou redécouvre combien il est aimé en vérité, en profondeur et en largeur, devient un cœur qui s’engage, un cœur qui en retour veut aimer et donner sa vie. Un cœur qui brûle de l’amour de Dieu enflamme le monde.

Pellevoisin a été l’aventure de dernière minute mais dans la vie chrétienne, il n’est jamais trop tard pour ouvrir son cœur au Seigneur, pour le laisser nous remplir de sa présence, pour le choisir véritablement comme maître et sauveur, pour vivre unis à Lui. Oui, le vent souffle où il veut et tu ne sais pas d’où il vient mais tu sais une chose, c’est que quand il gonfle tes ailes, quand il remplit ton cœur, il te donne une saveur nouvelle !

Nous sommes venues à Pellevoisin sans trop savoir ce que nous allions y trouver, et finalement, nous nous sommes laissé trouver. Nous avons, par la prière, par les rencontres, par les sacrements, ouvert nos cœurs et le Seigneur y a répandu sa miséricorde. C’est pourquoi, nous sommes retournées un an après à Pellevoisin, et nous y retournerons sûrement. On y reviendra parce qu’ici, il y a cette douceur, cette paix, cet accueil qui réjouit le cœur, mais surtout parce que ce lieu a marqué non seulement nos âmes de jeunes femmes, mais aussi scellé notre amitié et notre apostolat dans les cœurs de Jésus et Marie.

Je pourrais te dire encore des milliards de choses sur Pellevoisin, notamment en cette année 2026 où le sanctuaire fête les 150 ans de l’apparition de Notre Dame à Estelle Faguette, mais je laisse volontairement cet article ouvert, pour que Dieu fasse son chemin vers toi. Qu’il fasse pour toi ce qu’il a fait pour moi, un week-end de février 2022, alors que j’étais remplie d’angoisses de mort et de solitude. Et qu’avec Marie, tu puisses chanter pour l’éternité : « sa miséricorde s’étend d’âge en âge ! »

Oui, en cette fête du Cœur Immaculé de Marie, exaltons le Seigneur pour toutes ses merveilles ! Ouvrons-lui nos coeurs pour qu’il en dispose selon sa volonté ! Il nous comblera infiniment au-delà de ce que nous pouvons imaginer !

Car Dieu est bon en tout temps,

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