Toute l’histoire chrétienne est tendue vers une rencontre.
Depuis la création du monde jusqu’à la Jérusalem céleste, l’Esprit Saint prépare l’humanité à la communion définitive avec Dieu. Le dernier mot de la Bible est un cri : « Viens ! »
« L’Esprit et l’Epouse dit : viens ! Celui qui entend, qu’il dise : Viens ! Celui qui a soif, qu’il vienne. Celui qui le désire, qu’il reçoive l’eau de la vie, gratuitement. » (Apocalypse 22, 17)
C’est la prière de l’Église. C’est la prière de l’Esprit. C’est la prière du cœur qui a découvert que Dieu seul peut combler pleinement l’homme.
Nous passons souvent notre vie à chercher le bonheur dans des réalités limitées : la réussite ; la reconnaissance ; les biens matériels ; les sécurités humaines. Mais même les plus belles réalités de cette terre demeurent incomplètes. Le cœur humain porte une soif infinie parce qu’il est créé pour Dieu. Comme l’écrivait Saint Augustin d’Hippone : « Tu nous as faits pour toi, Seigneur, et notre cœur est sans repos tant qu’il ne demeure en toi. »
L’Esprit Saint vient précisément réveiller cette soif du Royaume. Il nous apprend à vivre dans le monde sans faire du monde notre absolu. Le chrétien n’est pas appelé à fuir la terre, mais à vivre déjà orienté vers le Ciel.
Chaque fois que nous aimons véritablement, que nous pardonnons, que nous prions, que nous servons humblement, l’éternité commence déjà à prendre place en nous.
L’Esprit Saint sanctifie progressivement toute notre existence. La sainteté n’est pas réservée à quelques personnes exceptionnelles. Elle est la vocation de tout baptisé. Être saint ne signifie pas devenir parfait selon les critères du monde. Cela signifie laisser Dieu aimer à travers nous. Les saints n’étaient pas des êtres désincarnés. Ils ont connu : les combats ; les fatigues ; les pauvretés ; les nuits de la foi. Mais ils ont appris peu à peu à tout remettre entre les mains de Dieu. Comme le disait Saint Charles de Foucauld : « Mon Père, je m’abandonne à toi. »
L’Esprit Saint conduit précisément vers cet abandon confiant. Plus l’homme accueille l’Esprit, plus il devient libre intérieurement. Il n’a plus besoin de tout maîtriser, car il apprend à vivre dans la confiance du Père. Alors même les épreuves peuvent devenir des lieux de grâce.
L’Esprit Saint ne supprime pas magiquement toutes les souffrances de la vie, mais il peut transformer leur sens.
Il fait grandir : l’espérance dans l’épreuve ; la paix dans l’incertitude ; la fidélité dans la nuit.
Le monde actuel est souvent marqué par : la peur de l’avenir ; le sentiment de vide ; l’isolement intérieur.
Face à cela, l’Esprit Saint vient rappeler que l’histoire humaine n’est pas abandonnée au chaos.
Dieu conduit son peuple. Le Royaume est déjà à l’œuvre. Et un jour, toute larme sera essuyée.
La vie chrétienne est donc une marche vers la pleine communion avec Dieu.
Chaque Eucharistie, chaque prière, chaque acte d’amour nous prépare à cette rencontre éternelle.
Voilà pourquoi l’Église ne cesse d’invoquer : « Viens, Esprit Saint. »
Car l’Esprit est déjà la présence du Ciel dans l’âme du croyant.
Comme l’écrivait Sainte Élisabeth de la Trinité : « J’ai trouvé mon ciel sur la terre puisque le ciel, c’est Dieu et Dieu est dans mon âme. »

Pour aujourd’hui
Relire toute cette neuvaine.
Puis demander simplement : « Esprit Saint, qu’est-ce que tu veux désormais faire grandir dans ma vie ? »
Et terminer lentement par cette invocation : « Viens, Esprit Saint »