2 films sur le pardon

Il existe des histoires tellement inspirantes qui témoignent de la puissance du pardon. Souvent, ces belles histoires sont le fruit de parcours de vie dramatiques, là où on pensait que le pardon n’avait pas sa place. Et pourtant, avec le recul, on se rend compte qu’il y a toujours un moyen, un chemin, une personne, un évènement qui conduit au pardon ! C’est bien la preuve que c’est un besoin vital (oui, il est question de vie ou de mort dans l’acte de pardonner) pour l’Homme. Nous sommes faits pour être libre, pour être en paix. Nous avons besoin de pardonner pour nous relever, pour guérir, pour vivre. 

Quand j’écris cela, je pense à deux histoires en particulier, et dont le cinéma s’est inspiré récemment. Il s’agit d’une part, de l’histoire de Bart Milliard, abandonné par sa mère à l’âge de 10 ans et subissant la violence d’un père alcoolique ; et d’autre part, l’histoire de Daphrose et Cyprien Rugamba, couple fondateur de la communauté de l’Emmanuel au Rwanda, assassinés chez eux avec six de leurs dix enfants au premier jour du génocide rwandais. Ces deux films sont sensiblement poignants et spirituellement inspirants pour nous.

La voix du pardon nous plonge dans le quotidien d’un petit garçon de 10 ans, Bart Milliard. Sa mère, désarçonné par son mari alcoolique et violent, décide de quitter la maison un jour, laissant son fils à la garde de son père. La relation père-fils est douloureuse, emprise de violence et de haine. C’est sa passion pour la musique et son rêve d’être artiste qui va l’emmener loin du domicile familial (un soulagement pour lui), mais surtout sur le chemin du pardon (plus difficile à faire). Quelques années plus tard, Bart est de retour chez lui, auprès de son père souffrant mais transformé et désirant se racheter. Pour Bart, cette radicale conversion ne peut être le fruit que de Dieu ; c’est lui seul qui a pu transformer le cœur de pierre de son père en cœur aimant. Cela me rappelle un verset biblique : « là où le péché a abondé, la grâce a surabondé » (Romains 5, 20). La grâce du pardon est toujours plus forte que le péché : pour le pécheur qui se convertit, elle se donne en plénitude. Elle redonne vie. Alors, le père et le fils essayent de renouer les liens avant que la maladie ne rattrape son père. Bart écrit alors une chanson en hommage à son père et pour témoigner de ce que le Seigneur a réalisé dans sa vie : « mon père était un monstre et j’ai vu le Seigneur le transformer ». 

Ce film m’a bouleversé et m’a rappelé, aussi paradoxal que cela puisse être, aussi bien notre fragilité que notre force face au péché. Il peut être souvent difficile de pardonner, et c’est là notre fragilité : nos fautes, nos blessures sont tellement profondes, tellement lourdes, tellement grandes qu’elles prennent le contrôle sur notre cœur, sur notre vie et c’est alors que naissent les sentiments de rancune, de haine, de vengeance. Quand le péché domine ta vie, alors tu n’es plus libre, mais sans cesse attaché à vouloir rendre le mal pour le mal. Heureusement, ce film nous témoigne qu’il existe une autre possibilité, un chemin nouveau. Plus difficile à suivre car exigeant mais ô combien bienfaisant pour l’âme, pour le cœur et pour le corps.  Le pardon est une force qui nous est donnée d’en haut, pour nous libérer des affres du péché. En Dieu, on trouve la force de regarder nos misères, de les prendre à bras le corps, et de renouer le fil de notre histoire. Et plus on pardonne, plus on se rapproche de Dieu. J’aime bien cette image de la corde : « la vie avec Dieu est comme une corde tendue entre Dieu et moi ; à chaque péché, je coupe cette corde et le pardon de Dieu vient faire un nœud entre les deux bouts, séparés, de cette corde et ainsi, me voilà finalement plus proche de Dieu qu’auparavant. » Et on renoue ainsi avec l’amour, la compréhension, la confiance.

J’entrerai au ciel en dansant  est un film documentaire (disponible sur Youtube) retraçant le parcours de vie de Cyprien et Daphrose RUGAMBA au Rwanda. La vie de ce couple était loin d’un parfait fleuve tranquille. Cyprien était un artiste célèbre et un brillant intellectuel qui embrassa une belle carrière dans l’administration. Daphrose, elle, a beaucoup souffert et a dû traverser toutes sortes d’épreuves : la perte d’un enfant, l’infidélité de son mari et la répudiation par celui-ci. Mais elle vécut tout cela enracinée dans la prière et l’espérance. Sans cesse, elle prie pour la conversion de son mari et quelques années plus tard, elle sera exaucée. La conversion de Cyprien est radicale et il désire rattraper le temps perdu.  Daphrose et Cyprien rayonnent de foi et de charité auprès des enfants des rues et des couples en péril. Ils sont tués au premier jour du génocide avec six de leurs dix enfants, après une nuit de prière, alors même qu’ils savaient leurs vies en danger mais ils n’avaient jamais voulu quitter leur maison. 

J’ai été frappée dans ce film par l’espérance qui habite Daphrose et imprègne sa vie, sa prière. Elle me fait penser à la Vierge Marie qui s’accorde au projet de Dieu, et qui médite en son cœur chaque évènement, même si elle ne comprend pas tout, même si certains paraissent à nos pauvres yeux humains insupportables. Marie et Daphrose nous rappellent l’importance de la prière pour recevoir la grâce du pardon. Car le pardon est intimement lié à la prière : « cherchez et vous trouverez, demandez et vous recevrez » (Matthieu 7, 7). Quand nous prions, le ciel s’ouvre et alors la paix de Dieu descend comme une brèche, par l’Esprit Saint, dans nos cœurs. Voilà pourquoi nous devons sans cesse prier pour la paix, garder l’espérance au cœur des épreuves. Même si elle tarde à venir sur terre, la paix est déjà réalité au ciel et dans nos cœurs chaque fois que nous prions. 

Alors de ces deux films, je retiens que le pardon est une force et une espérance. Le pardon est toujours possible pour celui qui élargit son regard du passé au présent et à l’avenir. Il ne s’agit plus de ruminer nos blessures, nos épreuves, nos fautes, il s’agit de les porter à la miséricorde de Dieu pour recevoir de lui sa paix, et à notre tour être des instruments de paix dans notre monde.

Je n’ai pas honte ou comment vivre sa foi aujourd’hui ?

Aujourd’hui, je vais vous parler du film Je n’ai pas honte, sorti en DVD en 2020 chez SAJE Distribution.

Ce film retrace la vie d’une adolescente, Rachel Scott, qui désire suivre et aimer le Christ, mais qui se retrouve confrontée à des moqueries et des luttes intérieures. Malgré tout, elle reste fidèle à Dieu. Le 20 avril 1999, elle est tuée en raison de sa foi dans la fusillade qui frappa son lycée de Columbine dans le Colorado aux Etats-Unis. En regardant ce film, je n’ai pu m’empêcher de penser à ce verset de saint Paul : « malheur à moi si je n’annonçais pas l’évangile ! » (1 Co 9, 16). Comment la vie d’une lycéenne en apparence toute simple peut-elle rejoindre d’aussi près cette pensée paulienne ?

La quête du bonheur que l’on retrouve à l’adolescence imprègne avec force la vie de Rachel.  Cette quête se résume pour elle à être aimé du garçon qui lui plaît, à être acceptée par ses camarades. Rachel vit ainsi cloisonnée dans deux mondes distincts : celui de sa foi et celui de son lycée. Le bonheur, se dit-elle, vient des autres. Alors qu’elle se rapproche de l’idéal rêvé, elle est trahie par sa meilleure amie et son petit copain. Ses valeurs chrétiennes deviennent la raison de son malheur et de son rejet par ses camarades. Pourtant, c’est bien la foi qui va la sauver du gouffre de la dépression et du suicide. C’est grâce à la foi qu’elle découvre que le vrai bonheur naît de la compassion que l’on a pour l’autre, pour celui qui est différent, pour celui qui nous a fait du mal. Sa vie en est transformée. A la chaîne de violence qui l’entoure, elle répond par l’amour, par la compréhension et par le pardon.

Rachel Scott a compris quelque chose de très important.  Je peux connaître le bonheur et avoir tout ce dont je désire, même si je ne suis pas croyant, même si je n’annonce pas l’évangile. En revanche, si je suis croyant, si j’annonce l’évangile, je ne peux pas être malheureux, je suis forcément heureux. La perspective est changée. Ce n’est pas le bonheur qu’il faut chercher mais c’est la joie d’être chrétien qu’il faut retrouver.

Quand elle décide d’assumer pleinement sa foi et d’en vivre joyeusement, Rachel voit le monde qui l’entoure autrement. Elle n’a plus peur du regard des autres, elle n’a plus honte de se montrer telle qu’elle est et elle ne cherche plus à être comme tout le monde. Bien au contraire, elle témoigne de ce qu’elle est, de ce qu’elle croit et elle vit ce qu’elle croit. Sa foi l’ouvre aux autres, y compris ceux auxquels elle n’aurait jamais pensé. Et c’est alors que les grâces abondent. L’élève handicapé est accueilli et respecté tel qu’il est. Deux anciennes amies renouent le fil de leur amitié. La foi qu’a Rachel l’ouvre aussi à l’espérance de la vie éternelle. Elle ne reste plus bloquée sur les erreurs et les blessures du passé, mais elle regarde le présent et l’avenir avec miséricorde et confiance. Pour résumer, Rachel n’a pas eu honte d’assumer sa foi mais en le faisant, elle n’a pas été prétentieuse et odieuse. Elle a toujours rayonné de la vérité et de la simplicité de l’Evangile.

Ce film est un témoignage poignant et un encouragement puissant pour nous tous à vivre d’une foi authentique et fervente. Il n’y a aucune honte à suivre le Christ.  Le suivre ne garantit pas une vie parfaite mais Sa présence donne une saveur nouvelle à notre vie. Il n’y a de fait aucune honte et aucune fierté à se dire chrétien. Être chrétien c’est être, ni moins ni plus que les autres. C’est être comme les autres à l’exception près : le Christ est en nous ! Il vit en nous ! être chrétien, c’est chercher sans cesse à être à son image : aimable, serviable, proche des autres. C’est se savoir faible, pécheur, mais sans jamais se décourager. Bien au contraire, notre petitesse, nos faiblesses nous permettent d’expérimenter, tel un enfant dans les bras de son Père, l’amour inconditionnel, la miséricorde et l’abandon filial. Être chrétien, comme on le proclame dans un chant très connu, c’est savoir qui nous sommes (enfant de Dieu) et accepter que ce que nous sommes soit l’instrument par lequel l’Evangile est annoncé au monde : « je marche avec puissance, j’accomplis des miracles, je vis une vie de faveurs, car je sais qui je suis »  et cela me rend pleinement heureux.

4ème dimanche de Carême : réjouis-toi car la lumière est venue dans le monde et continue de venir habiter le monde !

Hello la team,

Que de chemin parcouru depuis le début de ce Carême ! Avons-nous fait les bons efforts pour être mieux à l’écoute de Dieu et au service de nos frères ? Avons-nous su rester fidèle à la prière et à l’évangile ? Nous avons fait un peu plus de la moitié du chemin et si une chose nous reste aujourd’hui, c’est que Dieu ne trahit pas ses promesses et que nos efforts comptent pour nous rapprocher sans cesse de lui.

Et cette assurance de la confiance dans les promesses de Dieu c’est ce que l’église nous invite à fêter dans ce 4è dimanche de Carême, le dimanche du Laetare. C’est à la joie, dans l’idée d’allégresse que l’Eglise nous invite au travers de l’histoire de l’aveugle né. Au cœur de nos ténèbres, à ceux qui veulent bien l’accueillir, il est donné de Le voir, ce Dieu Sauveur, incarné en notre Humanité. Il est une vraie occasion de se réjouir car la lumière est venu et continue de venir habiter notre Monde.

Ces textes sont si riches en ce qu’ils nous rappellent les promesses de Dieu mais aussi ils nous redisent l’espérance qui s’est nourri de nos efforts de carême. Il a choisi au-delà des apparences car Dieu aime le cœur de sa créature, auprès de lui rien ne vient à manquer car son Amour comble de biens les affamés. Mais aussi et surtout, si le Christ n’est plus là, il nous donne à tous et à chacun de témoigner et de porter la lumière.

Reprenons notre étude de la parabole :

« Alors il rentra en lui-même et se dit : “Combien d’ouvriers de mon père ont du pain en abondance, et moi, ici, je meurs de faim ! Je me lèverai, j’irai vers mon père, et je lui dirai : Père, j’ai péché contre le ciel et envers toi. Je ne suis plus digne d’être appelé ton fils. Traite-moi comme l’un de tes ouvriers.” Il se leva et s’en alla vers son père. Comme il était encore loin, son père l’aperçut et fut saisi de compassion ; il courut se jeter à son cou et le couvrit de baisers. Le fils lui dit : “Père, j’ai péché contre le ciel et envers toi. Je ne suis plus digne d’être appelé ton fils.” »

Luc 15, 17-19

Nous avions laissé ce Fils embourbé dans les plaisirs finis qui ont éteint en lui sa dignité. Il était aveuglé par la liberté où seuls ses désirs comptent, par la richesse sans le sens du travail ou encore par la popularité et les relations sociales sans conviction et sans base. Il est tombé dans des ténèbres où il a fini par être déconnecté de sa vocation et de son humanité. Et pourtant, en entrant en lui, il a fait le chemin d’accueillir à la mesure de ses pensées l’espérance et la grâce de croire que près de son père, il existe toujours une justice et un salut que l’on ne peut trouver ailleurs. Il a trouvé en lui le chemin qui mène à la lumière. C’est le début de son acte de foi.

En prenant les routes de l’histoire de France, nous pouvons lire aussi ce chemin d’espérance. Combien de fois depuis sa conversion cette terre a rompu ce lien particulier qu’elle a avec le Créateur ? De la folie des guerres des religions en passant par l’hérésie de l’esclavage ou aujourd’hui par le clinquant d’un humanisme sans Dieu, la grandeur de cette Nation, sa fécondité a souvent été le lieu de sa Ténèbre. Nous n’allons pas relire l’Histoire avec nos yeux du XXI è siècle mais avec l’appui de l’Evangile. Parfois, à titre individuel, nous vivons dans le noir et comme notre cerveau est d’une grande adaptabilité on peut s’habituer à cette obscurité. Car oui l’annonce de l’Evangile est notre vocation et notre mission, il est venu accomplir ce qui existait et ouvrir ce pont d’amour entre l’Homme et son Père, mais cela valait-t-il la mort de nombres d’innocents ? Nous n’évoquerons même pas la folie de l’esclavage déshumanisante car comment ne pas voir dans toute la création et plus encore dans l’humanité ce frère à aimer et à considérer ? Aujourd’hui encore, même si notre conscience citoyenne à trouver dans sa construction et son évolution, l’équité d’une justice d’amour, pour exister elle s’est affranchie de la vraie lumière ; elle agit pour aider l’autre sans l’élever bien souvent.

Au travers les siècles donc, nous n’avons eu de cesse collectivement de tomber dans ces ténèbres mystérieuses mais nous avons aussi la joie de se rendre compte après autant d’années et autant de messages du Seigneur, que ses promesses sont toujours actives et que dans chacun de ses ténèbres la lumière trouvera son chemin. Ce n’est pas toujours de la nation, parfois il suffit qu’une personne de bonne volonté rentre en elle pour trouver le Christ et que la force de L’esprit Saint, l’intercession de Saint Michel archange et de la Vierge Marie vienne l’envelopper pour qu’elle porte la lumière à ses frères. Et pourtant, à chaque fois, il y a un temps à regarder celui du Réjouis toi France, c’est le temps de cette promesse qui a été, qui est et qui sera car c’est peut-être là le vrai trésor de la France, de sa filiation divine de cette appartenance à son père, le message qui perdure de la grâce de se connaître.

En effet, entre le passage de l’aveugle né et celui du Fils prodigue, Dieu vient nous donner la réponse aux agitations de notre pays en 2023 : les conflits, les douleurs et la colère ne sont pas l’essentiel, tomber et se tromper n’est jamais une fatalité si nous nous relevons pour chercher de tout notre cœur Celui qui est notre espérance. Ce dont chacun de nous a besoin en ce 4è dimanche, c’est d’obtenir la grâce de reconnaître en Jésus la lumière de ce Monde et de lui dire « Oui Seigneur, je crois ». Non pas par les œuvres ou le spectacle de ta grandeur mais parce que tel la boîte de Pandore quand je relis mon histoire il me reste Ta promesse pour ma vie.

Cette semaine, demandons l’intercession de Saint Michel Archange qui demanda par 3fois à l’évêque d’Avranches d’avoir un sanctuaire en France. Beauté du geste, c’est sur un lieu qui était déjà visité par les cultures païennes que ce sanctuaire va être élevé permettant à Saint Michel de protéger ce pays dès Charlemagne. Considérée comme l’un des patrons principaux de la France, confions notre pays à lui, que la puissance de son Bras vienne terrasser nos orgueils et nos barrières pour que la lumière de Pâques jaillisse au quatre coin du monde :

Saint Michel Archange,
défendez-nous dans le combat
et soyez notre protecteur contre la méchanceté et les embûches du démon.
Que Dieu lui commande, nous vous en supplions :
et vous, Prince de la Milice Céleste,
par le pouvoir divin qui vous a été confié,
précipitez au fond des enfers Satan
et les autres esprits mauvais qui
parcourent le monde pour la perte des âmes.
Amen.

Bonne semaine à tous
Et au cœur de nos nuits,

Dieu est bon

En tout temps

3ème dimanche de Carême : ose la rencontre pour t’abreuver de la vie de Dieu !

Hello la team, 

Nous voici à notre troisième étape de carême et en ce dimanche, Jésus rencontre une femme de Samarie à qui il demande à boire. « Si tu savais le don de Dieu… Quel est celui à qui tu parles. » C’est ainsi que Jésus répond à la Samaritaine. Par une double provocation. La Samaritaine, manifestement, n’en sait rien. Cette brave dame a le questionnement un peu court. Ce qu’elle veut, c’est de l’eau, point. La Samaritaine a du mal à voir plus loin, ou plus profond, que le bout de son nez. Car le don de Dieu est devant elle, et le don de Dieu, c’est Jésus lui-même.

Reprenons notre étude de la parabole :

« Il avait tout dépensé quand une grande famine survint dans ce pays, et il commença à se trouver dans le besoin. Il aurait bien voulu se remplir le ventre avec les gousses que mangeaient les porcs mais personne ne lui donnait rien. »

Luc 15, 13

C’est aussi ce qui est arrivé à notre fils dans la parabole de l’enfant prodigue. Rappelez vous dimanche dernier nous l’avons laissé sur la route : il avait fait le choix de demander à son père sa part d’héritage, il avait fait le choix de partir de son propre gré de la maison de son père pour vivre la vie qu’il rêvait. Mais voilà, non prévenant, il a tout dépensé. Tout dilapidé. Il se retrouve sans rien, et un peu comme la samaritaine, il cherche à combler sa soif là où il ne peut être abreuvé. 

Notre  France a aussi connu dans son histoire ces soifs de liberté pour vivre mieux, avoir plus. Et cela a abouti à des choix, des idées, des faits et des gestes qui peuvent elle aussi la déshumaniser, l’ éloigner de Dieu. Car que sont nos choix sans l’ écoute de la Parole de Dieu ? Que sont nos idées révolutionnaires si elles ne sont pas semences d’évangile ? On peut se poser la question pour tant et tant de sujets qui taraudent notre pays en ce moment. Dieu ne saurait être absent au coeur des débats de nos sociétés pourtant bien souvent, nous le mettons à l’écart au nom de prétendues soifs de tolérance, de liberté et de toute puissance. 

Dans nos familles aussi, le besoin de liberté est un sujet aussi fréquent que douloureux. Combien de parents peuvent souffrir, être désemparés face à la conduite étourdie de leur enfant ? Combien n’en ont plus de nouvelles ? Je parlais dernièrement avec une collègue désemparée par les choix de sa fille. En effet, quand on est à l’âge de la puberté, différentes soifs nous remplissent le cœur et nous conduisent à des chemins rocailleux, à des rencontres douteuses, et nos parents ont beau nous prévenir, on y voit que du feu. Ce que nous voulons c’est vivre et profiter… mais à quel prix ? Qus ce soit la samaritaine ou le fils prodigue, ce dimanche, la parole de Dieu nous rappelle que la vie est toujours rencontre mais elle nous interroge sur celles-ci. Car nos rencontres ne sont pas toujours sources de vies. Certaines sont même sources de morts.

Pour autant, l’évangile combiné à la parabole du fils prodigue nous donne le remède pour notre vivre ensemble : l’eau vive de la vie éternelle ! La solution à nos débats n’est pas dans la plus belle loi écrite, le beau discours prononcé mais dans l’attention et le respect de la dignité de l’autre. Et alors tout le reste découlera si nous avons au centre ces deux préoccupations. Cette semaine, chaque fois que nous accomplirons un geste, que nous dirons une parole, que nous proposerons une idée, demandons nous si c’est pour le bien de l’autre, de tous. Demandons-nous si cela est juste, vrai et bon pour tous et alors la vie de Dieu coulera en nous. Et alors la paix viendra, la compréhension et l’écoute.

Pour aller plus loin, nous vous proposons d’écouter ce témoignage de Sœur Emmanuelle, religieuse centenaire française qui à l’heure de sa retraite fait le pari fou de consacrer sa vie aux populations des bidonvilles du Caire. Elle nous rappelle l’urgence d’aimer, de chercher le bonheur ensemble qui se résume en trois mots : il suffit d’aimer.

Prions ensemble

Cette semaine, nous vous proposons de méditer la vie de saint Vincent de Paul, prêtre missionnaire apôtre de la charité qui se dévoua aux plus pauvres.  Son témoignage nous inspire aussi en ces temps troubles à oser la rencontre avec nos frères et sœurs, ouvrir des sources d’eau vive, des chemins de dialogue et de réconciliation et avancer ensemble vers la destinée du ciel : .

Il est donc vrai que je suis envoyé non seulement pour aimer Dieu, mais pour le faire aimer. Il ne me suffit pas d’aimer Dieu, si mon prochain ne l’aime pas de même. Je dois aimer mon prochain, fait à l’image de Dieu et objet de son amour, et tout faire, pour qu’à leur tour, les hommes aiment leur Créateur qui les reconnaît et les considère comme ses frères, qu’il a sauvés ; et faire en sorte que, par la charité réciproque, ils s’aiment les uns les autres par amour de Dieu, qui les a aimés jusqu’à abandonner à la mort son propre Fils pour eux. C’est cela mon devoir.

Et bien, s’il est vrai que nous sommes appelés à porter au loin et à proximité l’amour de Dieu, que nous devons en enflammer les nations, si notre vocation est d’aller répandre ce feu divin dans le monde entier, s’il en est ainsi, dis-je, s’il en est vraiment ainsi, mes frères, combien me faut-il moi-même brûler de ce feu divin ! Comment donner la charité aux autres, si nous ne l’avons pas entre nous ?

Observons si nous l’avons, non pas en général, mais si chacun l’a en soi, s’il l’a à la mesure nécessaire ; parce que si elle n’est brûlante en nous, si nous ne nous aimons pas les uns les autres comme Jésus Christ nous a aimés et si nous n’accomplissons pas d’actes semblables aux siens, comment pourrions-nous espérer diffuser un tel amour sur toute la terre ? Il n’est pas possible de donner ce que l’on n’a pas. Le devoir de la charité consiste précisément à faire aux autres ce que l’on voudrait raisonnablement qu’ils nous fassent. Est-ce que je fais vraiment pour mon prochain ce que je voudrais qu’il me fasse ?

Observons le Fils de Dieu. Il n’y a que Notre Seigneur, qui soit si épris de l’amour pour les créatures qu’Il a laissé le trône de son Père, pour venir prendre un corps soumis à l’infirmité. Et pourquoi cela ? Pour établir entre nous, par sa parole et son exemple, la charité prochain. C’est cet amour qui l’a crucifié et a accompli l’œuvre admirable de notre rédemption.

Si nous avions un peu de cet amour, resterions-nous les bras croisés ? Oh ! non, la charité ne peut pas rester désœuvrée, elle nous pousse à procurer le salut et le soulagement aux autres.

Saint Vincent de Paul

Et accompagnés d’une dizaine de chapelet, prions le Seigneur :

Seigneur,
C’est aujourd’hui que tu viens à notre rencontre
Pour nous offrir l’eau de ta vie, pour nous remplir de ta présence,
nous combler de la paix et le bonheur qu’on espère tant.
Que l’Esprit Saint inspire en nous la charité de Saint Vincent de Paul
pour ouvrir nos mains, nos yeux, nos cœurs aux souffrances des autres.
Amen

Bonne semaine à tous,
et au cœur de nos soifs ardentes,

Dieu est bon !
En tout temps !

2ème dimanche de Carême : courage ! Tu es de la famille de Dieu !

Coucou la Team ADF, nous sommes rendus à l’entrée de notre deuxième semaine du temps de carême, et quelle étape ! L’église nous invite à relire la Transfiguration de notre Seigneur Jésus Christ comme inspiration pour notre vocation d’enfant aimé, comme confirmation de sa présence et de sa promesse mais aussi et surtout pour notre progression, un réconfort et un soutien.

C’est toujours impressionnant quand on est face à la parole de Dieu de voir à quel point, elle s’actualise et parle à notre vie. Dieu, dans la première lecture, ordonne à Abraham une chose très difficile : quitter sa famille, son confort. Dans nos familles, c’est toujours un passage obligé : la séparation, la coupure du cordon ombilical lors de la naissance à la coupure d’émancipation, nos familles s’inscrivent dans ce schéma de la Genèse de même notre pays.

La semaine dernière, avec mes sœurs ADF, nous sommes partis au sanctuaire de Pellevoisin pour notre action de grâce annuelle mais surtout nous sommes allés au sanctuaire de l’île Bouchard. Cette apparition de Marie après l’horrible guerre nous parle de cette séparation que nous vivons encore aujourd’hui. Les Français, après avoir vécu des années une nuit sans lumière, après s’être réjouis de l’avènement de la paix, étaient dans une dépression, une colère et un révolte incroyable en 1947.

Sans s’en rendre compte, près de 160 ans après la révolution mais surtout presque 50 après la loi Ferry, la place de la religion s’est effacée et avec elle, beaucoup n’avaient plus d’endroit où mettre leur foi. De même que Dieu invite Abraham à quitter son pays, de même on peut penser dans l’idéologie première de la démocratie que Dieu a voulu l’émancipation de sa fille par rapport à des dogmes qui mettaient trop la puissance et la hiérarchie au cœur des rapports humains. L’humanisme de la déclaration des droits de l’homme de 1789, n’a rien de contradictoire avec l’enseignement de Jésus, au contraire. Pourtant, comme le fils prodigue qui prend sa part et part vivre au loin, l’émancipation de notre pays a été vécue par certains comme une rupture de pratique et de croyance.

Reprenons notre étude de cette parabole :

« Peu de jours après, le plus jeune rassembla tout ce qu’il avait, et partit pour un pays lointain où il dilapida sa fortune en menant une vie de désordre. »

Luc 15, 13

Le Fils est parti pour mener sa vie, pour vivre loin de sa tradition et de son père. Une des choses intéressantes dans ce verset que Jésus nous dit, c’est qu’il est parti loin, la séparation devait être totale. Loin des yeux, loin du cœur dirait le proverbe. Il a fui pour vivre le contraire de ce à quoi il est appelé sans voir dans les actions de son père l’acceptation de sa croissance. Dieu ne nous veut pas petits, enfant pour toujours, incapable de nous tenir debout. Il nous veut libres pour vivre de son amour et se tenir à côté.

C’est ce que l’île Bouchard nous apprend.
Dans ce tumulte de décembre 1947, alors que nous sommes proches de l’embrasement de la France , Marie apparaît pendant près de 8 jours à 4 petites filles, leur apprenant le secours de la prière, l’humilité devant son fils, la joie de l’unité. Rien est plus beau que cette belle femme et ce bel Ange pour continuer à annoncer à ce pays qu’il a du prix au yeux de DIEU.

Mais c’est donc vrai qu’elle descend parmi nous !

Cette apparition de Marie, comme dans le livre de la Genèse, dit que si l’émancipation est possible et voulue par Dieu, sa promesse reste vraie et toujours d’actualité.

Entrer dans cette deuxième semaine du temps de carême, en nous tournant les uns les autres vers nos racines, notre famille ce n’est pas revenir en arrière mais c’est embrasser à l’origine la promesse de Dieu pour nos vies. La liberté de la foi, c’est la remettre en question, s’en éloigner parfois mais surtout y revenir. Pas seul, pas en touriste mais avec la présence d’un Dieu toujours là dans l’intime de ce que nous sommes, de saints et saintes qui ne cesse de faire le pont la chaîne entre le ciel et la terre et de la sainte Mère de Dieu qui ouvre inlassablement son cœur pour qu’en lui nous trouvions celui de son fils.

Pour aller plus loin, cette semaine nous vous lançons ce témoignage d’une des voyantes de l’Ile Bouchard :

Prions ensemble :

Nous avons pris le parti de prier chaque semaine avec un saint français et pour cette semaine nous vous proposons Saints Louis et Zelie Martin pour nous aider à grandir et à avancer dans notre route vers Pâques. Les parents de sainte Thérèse de l’enfant Jésus et de la sainte face sont les modèles de vie et de promesses qu’ils nous faut pour confier nos familles quel qu’elles soient. Elles sont toujours le lieu de nos fondations et de notre croissance, quelles soient unies, recomposées, divisées ou brisées, prions pour chacune d’elles et confions les à la prière des saint d’Alençon. Goûtons la grâce de nos familles pour trouver en elle la vocation pour nos vies que Dieu a versé.

Saints Louis et Zélie,
vous qui dans votre vie de couple et de parents,
avez donné le témoignage d’une vie chrétienne exemplaire,
en mettant Dieu à la première place,
par l’exercice de votre devoir d’état
et la pratique des vertus évangéliques,
nous nous tournons vers vous :
Aidez-nous à avoir une confiance inébranlable en Dieu
et à nous abandonner à Sa Volonté,
comme vous l’avez fait à travers les joies
mais aussi les épreuves, les deuils et les souffrances dont votre vie a été jalonnée.
Aidez-nous à aimer Dieu de tout notre coeur,
à persévérer dans nos difficultés quotidiennes
et à demeurer dans la joie et l’espérance
que nous donne une foi vivante dans le Christ.
Intercédez pour nous
afin que nous obtenions les grâces dont nous avons besoin
aujourd’hui et tous les jours de notre vie.
Amen.

Saints Louis et Zélie, priez pour nous.

Et accompagné d’une dizaine de chapelet pour se mettre en présence du Christ par l’intercession de sa Mère à dire cette prière :

Seigneur,
C’est aujourd’hui le temps de notre éveil
Que ta parole nourrisse en nous l’espérance et la foi,
Nous donne de vivre de la charité
Alors que nous entrons dans le combat de Jésus
Que l’Esprit Saint inspire en nous la piété de Saint Louis
pour élever nos vies et notre pays à l’exigence de l’Evangile.
Par amour, tu nous donnes de nous vivre la liberté
Que ton présence nourrisse en nous la prudence
De vivre avec raison et charité dans ce monde
Alors que nous sommes seuls et unis dans le combat du Christ
Que ton Esprit Saint dépose en nos familles la confiance et la tempérance de Saint Louis et Zelie Martin
pour ne jamais perdre le chemin de l’affection familiale.
A toi notre Dieu et Père, en Jésus Christ notre Seigneur et par la Grâce de l’Esprit Saint.
Amen

Bonne semaine à tous
Et au cœur de nos chutes ,

Dieu est bon
En tout temps