Christ, Roi de l’Univers

Hello chers amis,

À l’approche de la solennité du Christ Roi de l’Univers, nous sommes invités à accueillir une fois encore ce que le Seigneur veut nous offrir à travers cette liturgie si particulière.
Avant même de lire ou d’écrire quoi que ce soit, prenons le temps de nous poser, de contempler ce que nous avons vécu au fil de cette année liturgique qui s’achève.

Regardons tout ce que Dieu a fait croître, parfois dans le secret, et remettons-le-lui.
Car le Christ est Roi — non pas d’un royaume lointain, mais de nos vies concrètes, de nos joies comme de nos pauvretés.

🙏🏽 Seigneur, que veux-tu que nous découvrions de ton mystère dans cette solennité ?

Cette fête, en réalité, est paradoxale.
Elle clôt l’année liturgique, et pourtant elle ouvre à l’éternité.
Elle nous place à la fois à la fin des temps — quand le Christ reviendra dans sa gloire — et dans le présent de notre foi, celui où il règne déjà dans nos cœurs.
C’est une fête qui parle de royauté et de jugement, de justice et de miséricorde, de fin du monde et de plénitude du Royaume.

1. Le Jugement dernier et les Béatitudes : deux visages d’un même amour

Pour entrer dans cette fête, il est beau de lire côte à côte deux passages de l’Évangile :
celui du Jugement dernier (Mt 25, 31-46) et celui des Béatitudes (Mt 5, 1-12).
Deux textes souvent perçus comme opposés ( l’un parle de bonheur, l’autre de jugement) mais qui en réalité se répondent.

Dans les Béatitudes, le Christ trace le chemin du bonheur véritable, celui qui naît du cœur pauvre, doux, compatissant, miséricordieux.
Dans le Jugement dernier, ce même Christ révèle les fruits de ce chemin :

“J’avais faim et vous m’avez donné à manger.” …

Ces deux textes ne se contredisent pas : ils s’expliquent mutuellement. Le Jugement n’est pas une condamnation, c’est une révélation : Dieu nous montre la vérité de nos choix, non pour nous accuser, mais pour nous faire voir ce que notre vie est devenue. Celui qui a su se laisser toucher par la souffrance, la détresse ou la joie de ses frères, celui-là s’est déjà ouvert à la présence du Christ.
Mais celui qui est resté fermé, indifférent, se trouve devant Dieu comme étranger à l’amour même qui le fait vivre.

Dans l’accompagnement de ma catéchumène, j’ai vu combien ce texte peut bouleverser. Elle me disait : “Mais pourquoi Jésus est-il si sévère ?” Et peu à peu, elle a compris que le jugement de Dieu est un jugement d’amour. Dieu ne condamne pas l’homme : il l’invite à regarder en vérité si son cœur est prêt à la communion. Et le critère de cette communion, c’est toujours l’amour concret des frères.

Le Jugement dernier, c’est le visage du Royaume des Béatitudes quand il devient réalité.

2. La charité sans Dieu : un salut possible ?

Vient alors une question délicate : qu’en est-il de nos frères et sœurs qui vivent une charité sincère sans croire en Dieu ? Leur bonté, leur service, leur compassion sont bien réels; comment imaginer qu’ils soient exclus du Royaume ?

La réponse, comme toujours, ne tient pas à une formule toute faite, mais à un mystère. Car Dieu seul sonde les cœurs. Et la charité véritable, même lorsqu’elle ne prononce pas le nom de Dieu, demeure une trace de sa présence.

Cependant, la tradition chrétienne nous invite à distinguer la charité de la simple générosité.
La générosité, c’est donner — parfois avec joie, parfois pour se sentir utile.
La charité, elle, va plus loin : c’est donner et recevoir en Dieu.
C’est une participation à l’amour trinitaire, un mouvement qui part de Lui, passe par nous et retourne à Lui.

Sans cette transcendance, la charité peut se réduire à une autosatisfaction, une œuvre belle mais refermée sur l’humain. Avec Dieu, elle devient un lieu de transformation intérieure, une participation à la vie même du Christ Serviteur.
C’est pourquoi, même ceux qui ne connaissent pas Dieu explicitement, mais qui aiment en vérité, participent déjà à son œuvre de salut, souvent sans le savoir.
Car tout amour authentique vient de Dieu et y conduit. Comme nous le répétons chaque dimanche, pour la gloire de Dieu et le salut du monde.

3. La fin de notre vie et la fin des temps : l’espérance qui ne déçoit pas

La fête du Christ Roi est profondément eschatologique. Elle nous parle du terme, de l’achèvement; non pour nous effrayer, mais pour raviver notre espérance.

Elle nous rappelle que notre vie a une direction, que notre existence ne se perd pas dans le hasard, mais tend vers notre plein accomplissement : la rencontre face à face avec Celui qui est le commencement et la fin, l’Alpha et l’Oméga (Ap 22,13).

La Parole de ce jour nous invite à une relecture spirituelle de notre année : Comment ai-je laissé le Christ régner dans ma vie ? Comment ai-je aimé ? Comment ai-je cherché la justice et la paix ?
C’est comme un examen de conscience, non de culpabilité, mais de croissance.

Cette fête ne clôt pas seulement une année liturgique ; elle éduque notre espérance.
Elle nous apprend à attendre le retour du Christ, non dans la peur, mais dans la joie d’un amour qui grandit. Car si le Christ est Roi, ce n’est pas parce qu’il domine, mais parce qu’il sert.
Sa royauté est celle de la croix, une royauté qui s’abaisse pour relever.
Et c’est dans cet abaissement que réside toute sa gloire.

Nous voulons te rendre grâce Seigneur pour ce que tu nous as donné de découvrir de toi dans cette

Seigneur Jésus, Roi de l’Univers,
toi qui règnes non sur des trônes, mais dans les cœurs humbles, fais de nous des témoins de ton Royaume.
Apprends-nous à aimer en vérité, et à attendre ton retour dans la paix et la confiance.

Que cette fête de ta royauté renouvelle en nous le désir d’un monde transfiguré par l’amour.
Et que nos vies deviennent, dès aujourd’hui, le lieu où ton règne s’établit.

Car après tout,

Dieu est bon,
en tout temps.

Sainteté = Perfection ?

Avant toute chose, prenons un instant pour nous poser.
Et si, avant de lire ces lignes, nous demandions au Seigneur une grâce pour vivre cette fête de la Toussaint d’une manière nouvelle ?

🙌🏽 Seigneur, quelle grâce veux-tu m’offrir en cette Toussaint 2025 ?

Depuis plusieurs années, nous avançons ensemble pour mieux comprendre la Bonne Nouvelle des Béatitudes. Ces Béatitudes, ce sont ces chemins simples et concrets qui nous mènent vers le bonheur vrai — celui qui vient de Dieu. Elles sont comme de petits sentiers qui, pas à pas, nous conduisent vers la sainteté, c’est-à-dire vers ce que nous sommes appelés à devenir pleinement.

Mais en chemin, une question revient souvent : la sainteté, est-ce la perfection ?
Et si oui, comment faire quand on voit nos faiblesses, nos manques, nos colères, nos doutes ?
Nos œuvres, à elles seules, ne suffisent pas pour être « saints ». Et pourtant, Jésus nous appelle à être parfaits comme le Père… alors, comment comprendre cela ?

1. Une vie en route vers la sainteté n’est pas une vie parfaite

Oui, je vous le dis : la vie des saints n’a rien d’une vie sans défaut.
Avant d’être déclarés « saints » par l’Église, ils étaient des hommes et des femmes comme nous, marqués par leurs limites, leurs combats, leurs découragements parfois. Ce qui les distingue, c’est leur confiance en la miséricorde de Dieu.
Leur secret ?

« Ils se sont laissés aimer par Dieu, et ils l’ont aimé en retour. »

De cet amour reçu, ils ont tiré la force de se donner aux autres.
Et si l’on regarde leurs vies de près, on découvre que leur route vers la sainteté est souvent faite de doutes, de nuits, de chutes et de recommencements. Rien à voir avec notre idée moderne de la « perfection » liée au regard des autres ou à la performance.
Eux, ils ont tout simplement cherché à plaire à Dieu, à vivre sous son regard, jour après jour, avec confiance et humilité.

Prenons Mère Teresa : quand elle traversait ses longues nuits de la foi, elle ne voyait plus la présence de Dieu. Pourtant, elle a continué à aimer, à servir, à prier.
Peut-être que nous aussi, parfois, nous tenons bon uniquement grâce à une promesse faite à Dieu, ou simplement par fidélité. Il n’y a plus de zèle, plus d’émotion… mais il y a la fidélité, et c’est déjà une sainteté.

La sainteté, ce n’est donc pas de « réussir sa vie chrétienne », c’est de persévérer dans l’amour, même quand c’est difficile. C’est faire confiance, jour après jour.
Petits pas après petits pas.
Comme une somme d’efforts simples qui, mis bout à bout, finissent par transformer le cœur.

2. Et pourtant, le Christ nous pousse à la perfection

En lisant l’Évangile selon saint Matthieu, on comprend mieux.
Souvenons-nous du jeune homme riche : il veut vivre pour Dieu, il respecte la loi, il désire la vie éternelle. Mais Jésus lui dit :

« Si tu veux être parfait, vends ce que tu possèdes, donne-le aux pauvres, et suis-moi. » (Mt 19,21)

Cette parole peut nous dérouter.
Elle semble trop exigeante, presque impossible.
Mais au fond, Jésus ne parle pas d’abord de tout quitter matériellement. Il parle d’un abandon intérieur, d’une liberté du cœur. Il nous invite à le suivre, à le laisser nous façonner à son image.

Être « parfait », dans la bouche de Jésus, ne veut pas dire être sans faute, mais aimer comme Dieu aime, c’est-à-dire d’un amour sans mesure, gratuit, vrai.
Et dans le même Évangile, il précise un peu plus tôt :

« Soyez parfaits comme votre Père céleste est parfait. » (Mt 5,48)

Autrement dit : cherchez à aimer toujours davantage, à laisser Dieu élargir votre cœur.
La perfection chrétienne n’est pas un but de performance, mais un chemin de transformation, où Dieu agit en nous.

3. Sainteté et perfection, un même appel vécu différemment

Les saints nous montrent que ce chemin est unique pour chacun.
Certains y entrent par la prière, d’autres par le service, d’autres encore par la souffrance ou la joie partagée.
Mais dans tous les cas, c’est un chemin de divinisation, c’est-à-dire de transformation intérieure où Dieu vient habiter pleinement notre humanité.

L’Église le rappelle dans le concile Vatican II :

« Tous ceux qui croient au Christ, quels que soient leur condition et leur état de vie, sont appelés à la sainteté, dont la perfection est celle même du Père. » (Lumen Gentium 11)

Alors oui, nous sommes appelés à la perfection — mais à la manière de Dieu, non à la manière du monde.
Dieu ne nous demande pas d’être impeccables, mais de nous laisser aimer, transformer, relever.
Chaque pas vers Lui, chaque acte d’amour, chaque pardon, chaque élan de confiance nous rapproche de cette perfection qu’Il désire pour nous.

🙌🏽 🙏🏽 Prions

Merci Seigneur pour cette parole exigeante et bienveillante à la fois.
Merci de nous rappeler que la sainteté n’est pas un rêve pour quelques-uns, mais un chemin possible pour chacun.
Donne-nous d’avancer dans la confiance, avec espérance et dans la joie de ton amour. Que les Béatitudes continuent d’éclairer notre route vers le Ciel, pour que nous devenions, pas à pas, toujours plus humains — et donc toujours plus proches de Toi.

Après tout chers amis, n’oublions pas

Dieu est bon,
En tout temps.

3 conseils pour vivre ta foi

A toi qui viens de Guadeloupe, Martinique, Guyane, Réunion et autres territoires d’outremer, et qui viens de t’installer en région parisienne pour tes études… On pense à toi !

Parce qu’on était à ta place il y a presque 10 ans. On a vécu ce moment de transition entre là où on vient et là où on arrive. On sait que ce n’est pas facile de vivre loin de ses repères familiaux, culturels. On sait aussi qu’il y a des différences entre vivre sa foi aux Antilles-Guyane, et en France hexagonale, mais on sait aussi que oui, ce n’est pas un mythe, il y a de belles choses qui se vivent des deux côtés. C’est pourquoi, cette année, on veut être des témoins de foi pour tous ces jeunes qui comme nous, viennent s’installer en France hexagonale, pour poursuivre leurs études. Parce qu’on le croit, partir est aussi un appel à grandir, à s’enrichir, à se renouveler.

1) Repère l’Eglise près de ton nouveau lieu de vie

    C’est le conseil que j’ai entendu d’un prêtre devenu évêque depuis (#mgrPhilippe) : quand tu arrives dans ta nouvelle ville, tu vas prendre le temps de repérer les lieux qui te seront utiles: le magasin de courses, la gare la plus proche… n’oublie pas l’Eglise ! C’est le lieu toujours ouvert dont tu auras aussi besoin pour continuer à vivre ta foi. Renseigne-toi sur les propositions jeunes de ta paroisse, de ton diocèse d’accueil… elles sont riches ! Et toi aussi, tu as tant à apporter à l’église car tu es riche de ta culture, de tes talents, de ta foi et de tes engagements ! Va, « avance au large ! » (Luc 5, 4)

    J’étais très engagée dans ma paroisse de Guadeloupe. Lorsque mes études m’ont obligé à partir, cela a été difficile de tout laisser. Depuis Paris, je regardais tout ce qui se passait en Guadeloupe avec un brin de nostalgie et de tristesse. J’allais tout de même à l’église près de chez moi et petit clin d’oeil de Dieu, c’est une église sous le patronage de sainte Lucie. Une fois à la fin de la messe, j’ai entendu un appel à intégrer une chorale de jeunes. Aimant chanter, j’ai noté la date et j’ai été le vendredi suivant. J’ai été bien accueillie, j’ai même chanté un cantique en créole guadeloupéen qui a séduit le groupe. J’ai alors compris que la mission n’était pas finie, elle se continuait plus loin.

    Voici ce que j’aimerais te dire alors : oui, tu es peut-être dans la tristesse, la nostalgie de tout laisser, et tu vas avoir des moments difficiles qui te feront peut-être reculer, mais sois sûre d’une chose : le Seigneur fait toutes choses nouvelles (Apocalypse 21, 5). Il n’efface pas ce que tu es, ce que tu as fait, il t’envoie porter sa bonne nouvelle partout où tu es, où tu iras. Va à la rencontre de l’Eglise, et vois, propose, agis, tu es peut-être le changement que l’Eglise a besoin!

    2) Ose la rencontre avec les aumôneries étudiantes

    Les aumôneries étudiantes sont des lieux « ressource » proche des lieux d’études pour les étudiants qui veulent rencontrer d’autres jeunes chrétiens, tisser de belles amitiés, vivre et se former dans la foi. Mais il y a aussi différents groupes et mouvements qui accompagnent les étudiants, n’hésite pas à y faire un tour, une fois, deux fois ou toutes les fois, tu seras toujours le bienvenu !

    C’est important que tu aies un lieu, un groupe, des amis proches, avec qui tu peux partager ta foi. J’ai compris avec le temps que ce n’est pas tant pour la forme mais pour le fond. Ne pas rester seul, être entouré, accompagné, faire ensemble. La solitude est un poison dangereux. La foi est toujours une aventure à partager ensemble. C’est l’Eglise dans sa définition. Trouve le groupe qui te correspond, investis-toi. Si tu as des amis, des cousins qui sont pas très loin, restez en contact, allez à la messe ensemble, partagez un repas, faites une sortie. Ce qui nous fait tenir dans la vie, c’est d’être en frères : « oui il est bon, il est doux pour des frères de vivre ensemble et d’être unis! » (psaume 132)

    3) Ne néglige pas la messe, source et force pour ta vie !

    Parce qu’un chrétien seul est un chrétien en danger, parce que dans l’Eglise, il y a de la place pour tout le monde, parce que nous sommes tous invités à nous abreuver à la source de l’Eucharistie. C’est notre force pour la route, pour fleurir là où nous sommes. Ne néglige pas la messe du dimanche ! « Celui qui vient à moi n’aura plus jamais faim ; celui qui croit en moi n’aura jamais soif. » (Jean 6, 35)

    Je le dis, je l’écris, et pourtant j’ai arrêté d’aller à la messe quelques semaines après mon installation à Paris. Le froid, l’église pas toujours chauffée, les cours à réviser, les partiels, le fait de ne connaître personne… j’avais mille excuses pour ne pas aller à la messe. Alors, pendant des mois, j’ai mis la messe de côté. C’est OK si toi aussi, tu passes par là mais sache que Dieu ne t’abandonne pas. Il ne lâche jamais notre main, même quand c’est nous qui lâchons la sienne.

    Si cela t’arrive, confie-le à Dieu : « Seigneur, je n’ai plus goût à la messe, viens au secours de ma faiblesse ! » et confie-le aussi à des proches. Prie le Seigneur, ne cesse pas de prier, et confie ta prière à d’autres. La prière a ce pouvoir de nous porter les uns les autres, de se soutenir fraternellement. Prie et agis ! Tu n’arrives pas à te motiver pour aller à la messe ? Appelle un ami, allez-y ensemble ! Et en ce qui concerne le froid, demande-toi : si tu n’allais pas à la fac ou au travail à cause du froid, que se passerait-il ? Tu serais noté absent, tu perdrais un jour de salaire. De même, si tu ne vas pas à la messe sous prétexte qu’il fait trop froid, tu perdrais en grâce sacramentelle, en force de vie ! Alors couvre-toi bien, enfile tes gants, ton écharpe si tu veux, et va à la source du Christ t’abreuver !

    N’aie pas peur, le Seigneur est avec toi dans ce « passage » que tu vis, fais-lui confiance, attrape sa main, tu ne seras jamais seul car il a déjà placé sur ta route les sentinelles qui te feront tenir et avancer. La Parole de Dieu, la prière, la messe, la charité fraternelle…

    Car Dieu est bon en tout temps, et en tout temps, Dieu est bon !

    5 choses à retenir sur le Magnificat

    Après le « je vous salue Marie », penchons-nous sur le Magnificat. C’est l’une des sept paroles de Marie dans la bible, et c’est la plus longue parole. Voici 5 choses à retenir sur le Magnificat (comme les 5 doigts de la main!) :

    Mon âme exalte le Seigneur,
    exulte mon esprit en Dieu, mon Sauveur !
    Il s’est penché sur son humble servante ;
    désormais, tous les âges me diront bienheureuse.
    Le puissant fit pour moi des merveilles, Saint est son nom !
    Son Amour s’étend d’âge en âge sur ceux qui le craignent.
    Déployant la force de son bras, il disperse les superbes.
    Il renverse les puissants de leurs trônes, il élève les humbles.
    Il comble de biens les affamés, renvoie les riches les mains vides.
    Il relève Israël son serviteur, il se souvient de son amour,
    de la promesse faite à nos pères, en faveur d’Abraham et de sa race à jamais.

    Le premier mouvement du Magnificat est pour le Seigneur : « Mon âme exalte le Seigneur,
    exulte mon esprit en Dieu, mon Sauveur ! Il s’est penché sur son humble servante ; désormais, tous les âges me diront bienheureuse. Le puissant fit pour moi des merveilles, Saint est son nom ! Son Amour s’étend d’âge en âge sur ceux qui le craignent. »

    Marie prononce le magnificat après avoir reçu la visite de l’ange et après avoir visité Elisabeth. Elle a été comblée de grâces, bénie entre toutes les femmes, mais elle rend gloire à Dieu. Elle ne fait pas l’éloge de sa personne. Marie célèbre la grandeur, la majesté, la puissance, la sainteté mais aussi la bonté et la miséricorde de Dieu qui s’est penché sur sa petitesse. Elle se sent regardée par Dieu, elle entre dans ce regard et se voit comme Dieu la voit. Le regard de Dieu s’est dirigée vers une femme sans pouvoir et sans richesse mais il ne regarde pas l’apparence, il regarde le cœur, et comme dit le psalmiste, il a été séduit par sa beauté (psaume 44). Marie a été choisie depuis toute éternité par la grâce de Dieu. Les dons du Seigneur sont devenus ses mérites, c’est pourquoi elle magnifie le Seigneur parce qu’elle-même est magnifiée en lui et par lui. Alors naît son exultation, sa plénitude de joie. Le Magnificat est la louange de la créature qui se sait et se sent aimée de son Créateur.

    Cela nous rappelle ce que doit être la louange. Non pas une prière tournée vers soi mais tournée vers Dieu. La louange glorifie Dieu pour ce qu’Il est. Le premier mouvement de notre louange doit être aussi pour le Seigneur. Car c’est Lui qui nous a faits, qui nous a aimés le premier, qui a ouvert en nous le chemin de l’amour qui se donne. Avec Marie, donnons à Dieu la première place dans notre vie ! Avec Marie, rendons toujours la gloire à Dieu !

    Le Magnificat s’inscrit dans la tradition biblique. En effet, dans l´Ancien Testament, il y a une prière qui ressemble à celle de Marie : le cantique d’Anne, mère du prophète Samuel.

    « Mon cœur exulte à cause du Seigneur ; mon front s’est relevé grâce à mon Dieu !
    Face à mes ennemis, s’ouvre ma bouche : oui, je me réjouis de ton salut !
    Il n’est pas de Saint pareil au Seigneur. Pas d’autre Dieu que toi !
    Pas de Rocher pareil à notre Dieu ! Assez de paroles hautaines, pas d’insolence à la bouche.
    Le Seigneur est le Dieu qui sait, qui pèse nos actes.
    L’arc des forts est brisé mais le faible se revêt de vigueur.
    Les plus comblés s’embauchent pour du pain, et les affamés se reposent.
    Quand la stérile enfante sept fois, la femme aux fils nombreux dépérit.
    Le Seigneur fait mourir et vivre ; il fait descendre à l’abîme et en ramène.
    Le Seigneur rend pauvre et riche ; il abaisse et il élève.
    De la poussière, il relève le faible, Il retire le malheureux de la cendre
    pour qu’il siège parmi les princes, et reçoive un trône de gloire.
    Au Seigneur, les colonnes de la terre : sur elles, il a posé le monde.
    Il veille sur les pas de ses fidèles, et les méchants périront dans les ténèbres.
    La force ne rend pas l’homme vainqueur : les adversaires du Seigneur seront brisés.
    Le Très-Haut tonnera dans les cieux ; le Seigneur jugera la terre entière.
    Il donnera la puissance à son roi, il relèvera le front de son messie. »

    1 Samuel 2, 1-10

    Anne signifie la grâce. Elle n’est pas seulement celle qui est gracieuse au sens de charmante. Elle est celle qui transmet, qui rayonne la grâce, la vie de Dieu. Il y a plusieurs « Anne » dans la Bible mais celle qui prononce cette prière est la mère de Samuel. Elle a longtemps prié pour avoir un enfant et elle a été exaucée. Alors, elle laisse éclater sa louange, elle magnifie le Seigneur. L’enfant d’Anne, Samuel, deviendra le grand prophète et le juge d’Israël.

    Marie est la pleine de grâce, celle que Dieu a choisie et préparée pour accueillir et porter au monde Son Fils, le Messie, le sauveur de l’humanité. Comme Anne, Marie a attendu dans la foi, avec tout le peuple, la venue du Messie et quand elle a compris qu’il viendrait par elle, alors elle s’est offert à sa volonté. L’enfant de Marie, Jésus, deviendra le sauveur du monde.

     Anne et Marie conçoivent et portent une vie dont elles ne sont pas l’unique source. La source fondamentale, c’est Dieu. Ces deux femmes font preuve de grande foi en la Parole de Dieu. Toute leur louange est imprégnée de cette Parole qui façonne leur vie, qui façonne le monde. Le Magnificat nous rappelle que nous aussi, nous sommes faits, pétris par cette Parole de vie. C’est la Parole à écouter, à méditer, et à garder dans son cœur. C’est la Parole fidèle qui s’est accompli dans le passé, qui s’accomplit dans le présent et s’accomplira à l’avenir. C’est donc la Parole à vivre. Puissions-nous aussi, avec Marie, avec Anne, redécouvrir l’importance de la Parole de Dieu dans nos vies !

    Vient ensuite la seconde partie du Magnificat. Marie, après avoir magnifié Dieu, tourne son regard sur le monde, plus précisément sur les œuvres de Dieu dans le monde et pour le monde. Elle décrit ainsi un renversement, un changement radical opéré par Dieu. Dans le texte du Magnificat, on trouve 7 verbes qui indiquent les œuvres que le Seigneur accomplit de manière permanente dans l’histoire :  « Déployant la force de son bras… il disperse les superbes… il renverse les puissants… il élève les humbles… il comble de biens les affamés… renvoie les riches… il relève Israël ».

    On retrouve la même chose dans le cantique d’Anne : « Le Seigneur fait mourir et vivre ; il fait descendre à l’abîme et en ramène. Le Seigneur rend pauvre et riche ; il abaisse et il élève. De la poussière, il relève le faible, Il retire le malheureux de la cendre pour qu’il siège parmi les princes, et reçoive un trône de gloire. Au Seigneur, les colonnes de la terre : sur elles, il a posé le monde. Il veille sur les pas de ses fidèles, et les méchants périront dans les ténèbres. La force ne rend pas l’homme vainqueur : les adversaires du Seigneur seront brisés. « 

    Cela peut nous paraître sec, abrupt, mais ne nous trompons : Dieu agit ainsi simplement avec la puissance de son Amour. C’est ce qu’exprime le Magnificat, tout comme la prière d’Anne : l’Amour de Dieu qui vient sauver le monde de l’orgueil, du mal et du péché. Le plus grand bouleversement de l’histoire, c’est que Dieu nous a aimés jusqu’au bout. Ce qui a changé le monde, ce n’est pas la force, la violence, c’est l’Amour, c’est la folie de l’Amour, c’est de faire toute chose avec Amour et par amour. Sans amour, le monde se transforme en véritable champ de bataille.

    Le Magnificat rappelle à l’Église sa mission prophétique, évangélisatrice, celle d’annoncer au monde ce renversement radical, et toujours d’actualité, opéré par Dieu. Puissions-nous nous laisser contaminer par l’amour de Dieu et en être témoin !

    Le magnificat, comme la prière d’Anne, dit aussi toute la compassion de Dieu pour les petits, les pauvres, les faibles. Si Marie proclame la béatitude des humbles et des pauvres, c’est parce qu’elle en fait partie. Le renversement dont elle parle doit alors se produire avant tout au creux du cœur de ceux qui reprennent le Magnificat pour prier.

    Car l’Homme qui vit “pour lui- même”, qui n’a pas Dieu pour Seigneur, mais son propre “je”, s’est construit un trône où il siège en dictant des règles pour les autres. Or Marie nous dit que Dieu renverse ces gens-là de leur trône; il met à nu leur contre-vérité et leur injustice. Le Magnificat nous rappelle, in fine, à notre cohérence de chrétien, au témoignage évangélique que nous devons donner.

    Il y a une incohérence si je dis avec Marie « il comble de biens les affamés » et que je ne suis pas capable de partager mon pain et mon amitié avec l’autre. Il y a une incohérence si je dis avec Marie « il renvoie les riches les mains vides » et que je n’ai de cesse de posséder toujours plus et que je passe à côté du nécessiteux en baissant les yeux. Il y a une incohérence si je dis avec Marie « il renverse les puissants » et que je continue d’agir avec pression dans mes relations.

    Le Magnificat nous apprend que la prière n’est pas que verticale. Quand je prie, il n’y a pas seulement Dieu, moi et mes petits intérêts personnels. La prière m’unit aussi aux autres. La prière est un acte d’amour et un signe d’unité. Quand nous prions, nous sommes jamais seuls. Nous prions avec toute l’Eglise. Ayons toujours une pensée, une parole, une action pour les autres, ceux qui souffrent, ceux qui sont seuls, ceux qui sont opprimés et oubliés. Soyons des acteurs de la compassion, de la bonté et de la miséricorde de Dieu !

    En disant son Magnificat, Marie glorifie Dieu, prie pour le monde et particulièrement les petits, les faibles et les pauvres mais aussi, elle se confie au Seigneur, elle lui confie son oui, son désir et sa volonté de le suivre, pour qu’elle soit toujours ce pourquoi elle a été faite !

    C’est le dernier mouvement du Magnificat : prier pour soi, autrement dit, se confier au Seigneur pour que nous soyons toujours le reflet de sa grâce, et non notre propre reflet. Nous en avons aussi besoin mais ce n’est qu’après avoir glorifié Dieu et prié pour les autres en communion, que nous pouvons prier en vérité pour nous-mêmes.

    Dieu a choisi Marie, humble servante pour être la Bienheureuse Mère de Son Fils. Marie est dans la joie d’avoir été choisie, appelée par Dieu. Son cœur exulte, son âme exalte le Seigneur ! Marie porte Jésus, elle visite avec lui Elisabeth, elle le met au monde, elle l’aide à grandir, elle l’encourage dans sa mission, elle le soutient et l’accompagne jusqu’à la croix. Marie ne cesse d’être à l’école de son Fils, de redire à Dieu son fiat : « que tout se passe pour moi selon ta Parole! »

    Prier pour soi, c’est avec Marie, se remettre à Dieu à chaque instant, aussi bien dans les joies que dans les difficultés. Parce que nous sommes l’ouvrage de ses mains et que c’est Lui qui nous guide sur les sentiers de la vie.

    Pour conclure , en 5 points, comme les 5 doigts de la main : le magnificat est la plus belle prière

    – pour glorifier Dieu chaque jour,

    – pour méditer quotidiennement sa Parole,

    – pour transformer le monde,

    – pour intercéder pour les autres

    – et pour se confier à la grâce de Dieu.

    Alors, nous pouvons dire, Dieu est bon en tout temps,

    Le « je vous salue Marie » expliqué

    On la récite beaucoup, mais connaissons-nous vraiment cette belle prière à Marie ? Essayons de mieux la comprendre ensemble…

    « Je vous salue Marie, pleine de grâces
    Le Seigneur est avec vous
    Vous êtes bénie entre toutes les femmes
    Et Jésus le fruit de vos entrailles est béni !
    Sainte Marie, mère de Dieu,
    Priez pour nous pauvres pécheurs
    Maintenant et à l’heure de notre mort
    Amen ! « 

    Les deux premières lignes du Je vous salue Marie sont les paroles de l’Ange Gabriel à Marie le jour de l’Annonciation (Luc 1, 26-38)

    Je vous salue Marie

    C’est une salutation adressée à une femme. Par l’intermédiaire de l’ange, Dieu salue une femme, Marie. Il la salue avec une grande vérité. Dans le grec de l’Evangile, c’est le mot « kaïré » qui est présent : il fait référence à de grandes oracles prophétiques. « Réjouis-toi, fille de Sion! » (Sophonie 3, 14 ; Zacharie 2, 14) mais il est aussi une manière très révérencieuse de saluer les grands personnages (Actes 15,23 ; 23,26). Comment l’Ange peut-il employer pour cette jeune fille inconnue cachée à Nazareth, dans la plus modeste des bourgades d’Israël, une salutation réservée aux grands de ce monde ? C’est cela qui bouleverse Marie : « à ces mots, elle fut toute bouleversée… »

    La traduction française a plutôt utilisé le verbe « saluer », en latin « salutare » qui a donné le mot « salve » et « ave ». Ce dernier est l’exact contraire du nom latin de Ève (Eva). L’Ave de la grâce (le salut de la Grâce) inverse la malédiction (vae) du péché d’Ève (Eva). On peut donc dire que le « Je vous salue Marie » commence par la grande vérité, la Bonne Nouvelle du Salut : « sois dans la joie, je t’apporte le Salut ! »

    Pleine de grâce

    L’Ange Gabriel s’adresse à Marie en l’appelant : « kékaritôménè », qui signifie « comblée de grâce », « pleine de grâce », « créée par la grâce » (Lc1,28). Qu’est-ce que cela veut dire ? Que Marie est pleine de la présence de Dieu, et ceci bien avant qu’elle dise oui pour l’accueillir en son sein. Si elle est entièrement habitée par Dieu, il n’y a pas de place en elle pour le péché. Chacun de nous a des côtés sombres ; même les plus grands saints étaient pécheurs, mais Marie est la seule qui ne soit pas contaminée par le mal, qui soit créée immaculée pour accueillir pleinement, par son oui, Dieu qui venait dans le monde.

    La « pleine-de-grâce » n’a pas vécu une vie exemplaire, sans difficultés mais une vie simple avec la Grâce.  La Parole de Dieu était son secret : proche de son cœur, elle a ensuite pris chair en son sein. En restant avec Dieu, en dialoguant avec lui en toutes circonstances, Marie a embelli sa vie. Ce qui rend la vie belle, ce n’est pas l’apparence, c’est d’avoir le cœur tourné vers Dieu. Marie est celle qui peut nous aider à dire non au péché et à vivre une belle vie en disant oui à Dieu.

    Le Seigneur est avec vous

    Cette parole est une promesse de Dieu, non pas pour le futur mais pour le présent. En effet, l’ange ne dit pas « le Seigneur sera avec toi » mais bien « le Seigneur est avec toi. » C’est la définition même de Dieu : « je suis celui qui est » (Exode 3) ; Jésus est l’Emmanuel, le Dieu avec nous aujourd’hui et pour l’éternité.

    Par cette promesse, Dieu invite Marie à lui faire confiance ; puisqu’Il est avec elle à chaque instant, que pourrait-elle craindre ? Rien n’est impossible à Dieu. Depuis son oui de l’annonciation, Marie a traversé bien des situations mais jamais elle n’a demandé : « pourquoi ? », toujours elle s’est appuyée sur ces paroles : « le Seigneur est avec moi… il est là et me soutient ». A chaque fois que nous prions « le Seigneur est avec vous », nous devrions ajouter intérieurement : « et avec moi ! » car en Marie, cette promesse est adressée à toute l’humanité et donc à chacun d’entre nous. Dieu nous aime et est avec nous, depuis le début de notre vie jusqu’à notre dernier souffle. Comme Marie, remettons à Dieu notre vie et faisons-lui davantage confiance !

    La phrase suivante du Je vous salue Marie
    rapporte les paroles d’Elisabeth à Marie lors de la visitation. (Luc 1, 39-56)

    Vous êtes bénie entre toutes les femmes

    Dans la joie de l’Annonciation et dans un souci de charité, Marie se rend chez sa cousine Elisabeth. Lorsque Marie la salue, Elisabeth sent qu’un évènement hors du commun est en train de se dérouler en elle (son enfant tressaille de joie), et elle s’écrie d’une voie forte : « Tu es bénie entre les femmes et le fruit de tes entrailles est béni. »

    C’est l’Esprit Saint qui, en Elisabeth, fait la louange de Marie, femme choisie entre toutes pour donner le Sauveur du monde. Elisabeth exulte parce que Marie lui a porté le Sauveur âgé de quelques jours à peine et, saisie d’émotion, elle ajoutera : « comment ai-je ce bonheur que vienne jusqu’à moi la Mère de mon Seigneur ? »

    Marie est bénie entre les femmes parce qu’elle est l’Immaculée Mère de Dieu mais ce qui fait sa grandeur aux yeux de Dieu, c’est d’avoir « écouté la Parole de Dieu et de l’avoir mise en pratique. » Elle annonce Jésus par tout ce qu’elle dit, par tout ce qu’elle fait. En lui disant « vous êtes bénie entre toutes les femmes », nous l’admirons pour sa foi qui nous invite à faire grandir la nôtre.

    Et Jésus, le fruit de vos entrailles, est béni !

    Nous voici au cœur de la prière du « Je vous salue Marie ». Marie nous a menés là où elle voulait : à Jésus. Il est le fruit de ses entrailles, c’est-à-dire le fruit de ce qu’elle a conçu et tant espéré dans la foi : le messie tant attendu par le peuple d’Israël. Jésus est le fruit de sa prière, le fruit de sa foi, le fruit de son oui à Dieu. Dieu l’avait promis : « le fruit des entrailles de quiconque accomplirait la Loi, serait béni » (Deutéronome 30,8-9). Or, Marie accomplit parfaitement la Loi du Seigneur. Elle conçoit dans la foi avant de concevoir dans la chair, le fruit béni de ses entrailles.

    Jésus est aussi le fruit de notre prière mariale. Nous ne portons pas notre regard vers Marie, mais par elle, avec elle, nous regardons vers Jésus et nous le bénissons, nous le magnifions. En hébreu, le mot « entrailles » (rahanim) vient du même mot que miséricorde. Comme le Père prodigue qui attend sans limites son fils pour le couvrir de ses bénédictions, avec Marie, rappelons-nous que la prière porte véritablement du fruit, quand de tout notre cœur, de toute notre âme, sans nous lasser, nous tournons nos cœurs vers Jésus pour le laisser nous remplir de ses grâces. 

    La dernière partie du Je vous salue Marie
    est la prière de toute l’Eglise qui s’adresse à l’Immaculée,
    la pleine de grâce, la Mère de Dieu
    pour qu’elle nous conduise toujours plus à Lui
    .

    Sainte Marie, mère de Dieu

    En disant Sainte Marie, nous nous adressons à Marie en toute simplicité, comme à l’une d’entre nous, une femme issue de notre humanité et en même temps, mère de Dieu.

    Mère de Dieu est le titre le plus important de la Vierge, mais une question pourrait surgir : pourquoi disons-nous « Mère de Dieu » et non « Mère de Jésus » ? Certains, dans le passé, ont demandé à se limiter à cette dernière affirmation mais l’Eglise, avec le concile d’Ephèse en 431, a proclamé Marie Theotokos, la mère de Dieu. Il faut comprendre : Jésus est vrai Dieu et vrai homme. Dieu est proche de l’humanité comme un enfant et sa mère qui le porte en son sein.  Le mot « mère » (mater) renvoie également au mot « matière ». Dans sa Mère, le Dieu du ciel, le Dieu infini s’est fait petit, s’est fait matière, pour être non seulement avec nous, mais aussi comme nous. Voilà le miracle, la nouveauté : l’Homme n’est plus jamais orphelin, il est fils pour toujours.

    Sainte Marie, mère de Dieu nous situe au cœur du mystère de la communion des saints en nous rappelant que chacun est responsable du devenir éternel de tous, qu’il faut aller au bout de notre vocation car, si ordinaire qu’elle soit, elle est liée au Salut de beaucoup.

    Priez pour nous, pauvres pécheurs

    Priez… Toute la vie de Marie est prière. De l’Annonciation, à la visitation, à la Nativité, aux noces de Cana, au pied de la Croix de Jésus, et même au cénacle avec les apôtres. Marie nous apprend que la prière, plus qu’une action, est un état de disponibilité à Dieu et d’abandon à sa volonté. Pour nous, ce n’est pas toujours facile et bien souvent, nos manquements nous éloignent de Lui. C’est pourquoi nous nous reconnaissons pauvres pécheurs. Or, nous savons qu’à la miséricorde de Dieu, rien n’est impossible. Même les nœuds les plus emmêlés de nos cœurs se dénouent avec sa grâce.

    Priez pour nous… Ayant, par son oui, ouvert la porte à Dieu, Marie est la mère qui avec patience et tendresse, nous conduit à Dieu afin qu’il dénoue les nœuds de notre âme par sa miséricorde. Comme à Cana, la prière de Marie est donc puissante intercession auprès de son Fils. Comme au cénacle, Marie soutient notre prière et nous ramène à Dieu. 

    On entend parfois de certaines personnes : « pourquoi les catholiques prient Marie? » Ce n’est pas nous qui prions Marie, c’est Marie qui prie pour nous. La prière du « je vous salue Marie » nous rappelle que quand nous prions, nous ne sommes jamais seuls. Il n’y a pas la prière d’un dans sa chambre, d’un autre dans sa cuisine, d’eux dans l’église… Il y a une seule prière, une seule foi, une seule louange que l’Eglise tout entière adresse au Dieu unique. Quand nous prions, nous prions avec les saints et les saintes, avec les anges du ciel, avec la Sainte Vierge. Tout cela fait une immense chaîne de prière qu’on appelle la communion des saints. La vierge Marie n’est qu’un maillon de cette chaîne, le sublime maillon de cette chaîne. C’est pourquoi la prière avec Marie est autant puissante car c’est l’Eglise tout entière (du ciel et de la terre) qui prie à travers nous.

    Maintenant et à l’heure de notre mort

    Ce sont les deux grands moments de la vie. Notre vie est une succession de « maintenant » au cours desquels nous construisons notre devenir éternel. Ce qu’il y avait juste avant « maintenant » ne nous concerne plus (nous ne pouvons plus rien changer à ce qui a été fait) ; ce qu’il y a juste après « maintenant » ne nous concerne pas encore (nous ne savons pas de quoi il sera fait ni même si nous le vivrons). Le seul moment qui nous appartient et sur lequel nous avons un impact décisif, est le « maintenant » de cet instant : l’enjeu, pour nous, est de le vivre en union à Dieu.

    Marie n’est pas une femme qui déprime devant les incertitudes de la vie, en particulier quand rien ne semble aller comme il faut. C’est une femme qui écoute et qui se tient dans l’espérance : elle accueille l’existence telle qu’elle se présente, avec ses jours heureux, mais également avec ses tragédies, jusqu’à la nuit suprême où son Fils est cloué sur la croix.

    Jésus nous a invité à la prendre chez nous, car qui mieux que Marie peut nous aider à vivre l’aujourd’hui de Dieu ? Marie est là, sa « main tenant » la nôtre, pour nous aider à avancer sur le chemin de vie, chemin d’Eternité.

    Amen

    Comme toute prière, le « je vous salue Marie » se conclue par Amen. Dans la bible et la liturgie, on dit « amen » pour proclamer que l’on tient pour vrai ce qui vient d’être dit, dans le but de confirmer une phrase, la faire sienne ou s’approprier une prière. Ainsi lorsque nous disons amen, nous reconnaissons le chef d’œuvre de Dieu accomplie en Marie !

    Et que fait Marie quand Elisabeth reconnaît en elle l’accomplissement de la Parole de Dieu ? Elle proclame Magnificat, elle rend la gloire à Dieu. Marie ne garde rien pour elle, elle donne tout à Dieu.  C’est ainsi qu’elle avance dans son pèlerinage de foi (Lumen Gentium, 58) en suivant Jésus, en l’écoutant, en se laissant guider par ses paroles, en montrant le chemin, en gardant sa lampe allumée même à l’heure de la croix et du tombeau, et qu’elle parvient enfin à la joie de la foi ! A la suite de la reine du ciel, nous découvrons qu’il est bon de dire oui à Dieu, de mettre nos pas dans les siens, de l’aimer plus que tout et de témoigner de lui partout. 

    Alors, avec Marie, redisons ensemble que Dieu est bon en tout temps,