Il est impossible de comprendre l’Esprit Saint sans contempler Jésus. Toute la vie du Christ est traversée, portée et manifestée par l’Esprit.
« L’Esprit du Seigneur est sur moi parce qu’il m’a consacré par l’onction.» (Luc 4, 18)
Dès les premières pages de l’Évangile, l’ange annonce à Marie : « L’Esprit Saint viendra sur toi. » Le Fils éternel entre dans notre humanité par l’action de l’Esprit. Puis, au Jourdain, lorsque Jésus reçoit le baptême de Jean, les cieux s’ouvrent : « L’Esprit descend sur Lui comme une colombe. »
Ce n’est pas que Jésus “reçoit” soudainement l’Esprit comme si auparavant Il en avait été privé. Le Christ est éternellement uni à l’Esprit dans la communion trinitaire. Mais au Jourdain, quelque chose est manifesté : Jésus apparaît comme l’Oint du Père, le Messie rempli de l’Esprit.
Tout son ministère découlera de cette communion.
Il enseigne dans l’Esprit.
Il guérit dans l’Esprit.
Il chasse les démons dans l’Esprit.
Il offre sa vie dans l’Esprit.
Même la Croix n’est pas séparée de cette présence divine.
La Lettre aux Hébreux dira que le Christ « s’est offert lui-même à Dieu par l’Esprit éternel. »
Ainsi, l’Esprit Saint n’est pas seulement associé aux moments lumineux de la vie chrétienne ; il accompagne aussi l’obéissance, l’abandon et le don total de soi.
Nous avons parfois une vision très réduite de la sainteté. Nous imaginons qu’être chrétien consiste surtout à “imiter Jésus” par nos propres forces. Mais l’Évangile révèle quelque chose de beaucoup plus profond : Dieu veut nous faire vivre de la vie même du Christ. Le chrétien n’est pas un simple admirateur de Jésus. Il est appelé à devenir membre de son Corps.
Or cette union est rendue possible par l’Esprit Saint. Comme l’écrivait Saint Athanase d’Alexandrie : « Le Fils de Dieu s’est fait homme pour que l’homme devienne fils de Dieu. » L’Esprit nous introduit dans la relation filiale de Jésus avec
le Père.
Voilà le cœur de la vie spirituelle : apprendre à vivre comme des fils.
Le monde nous apprend souvent à nous construire seuls, à nous justifier sans cesse, à prouver notre valeur. Mais l’Esprit Saint vient déposer dans l’âme une autre certitude : nous sommes aimés avant même d’avoir mérité quoi que ce soit.
La voix du Père prononcée sur Jésus au Jourdain résonne aussi sur chacun de ses enfants : « Tu es mon fils bien-aimé. » Bien des blessures humaines viennent d’une identité fragile : peur du rejet, besoin de reconnaissance, sentiment d’insuffisance. L’Esprit Saint vient guérir cette pauvreté profonde en enracinant notre cœur dans la filiation divine.
Plus un homme se sait aimé du Père, plus il devient libre.
Libre d’aimer. Libre de servir. Libre de pardonner. Libre de donner sa vie.
L’Esprit Saint ne produit pas des chrétiens crispés ou orgueilleux. Il façonne des fils et des filles capables de confiance.
Comme le disait Sainte Thérèse de Lisieux : « La sainteté ne consiste pas à dire de belles choses, mais à souffrir et à tout souffrir par amour. »
Cette docilité du Christ au Père devient peu à peu la nôtre lorsque nous laissons l’Esprit agir en nous.

Pour aujourd’hui
Avant de dormir, relisons cette parole lentement :
« Tu es mon fils bien-aimé ; en toi j’ai mis tout mon amour. »
Laissons cette parole descendre du cerveau jusqu’au cœur.