Carêment plus la grâce comme une chance

Chers amis, 

Nous continuons d’avancer sur notre chemin de Carême, et après avoir été au désert, voilà que Jésus conduit ses disciples à la montagne. Tous ? Non, l’Evangile nous précise que seul Pierre, Jacques et Jean y vont avec Jésus. Seulement 3 sur 12 ! Pourquoi les autres n’y ont-ils pas droit eux aussi? Pierre, Jacques et Jean sont-ils meilleurs que les autres ? Qu’ont-ils fait de plus pour avoir part à sa lumière ?

Cela nous semble bien familier n’est-ce pas car on peut parfois, pour ne pas dire souvent, se sentir comme ses disciples restés en bas de la montagne. Quand on n’est pas appelé, quand on se sent mis de côté, notre âme est tourmentée de questions, de doutes, de tristesse, de jalousies, de rivalité, de colère. La grâce serait-elle une chance réservée à certains et un tourment, une épreuve pour d’autres ?

Eh bien, je pense qu’il nous faut changer de regard. C’est bien le sens d’être transfiguré. Car Dieu n’a-t-il pas fait grâce à tous ses enfants quand il les a appelés à la vie ? Dieu n’a-t-il pas fait grâce quand il nous a nourris de sa Parole et de son pain de vie ? Dieu ne nous fait-il pas grâce à chaque instant ? L’évangéliste Jean nous le dit avec tant d’humilité et c’est le verset sur lequel nous vous invitons à méditer cette deuxième semaine :

« Tous, nous avons eu part à sa plénitude, nous avons reçu grâce après grâce. »  

(Jean 1, 16)

 Que tu sois la cruche parfaite ou la cruche fêlée, l’eau qui te remplit est la même.

Que tu ressentes une brise légère ou une forte rafale, c’est la même Présence qui t’habite.

Comme les disciples, on n’est pas tous appelés à monter sur la montagne mais la montagne, avant d’être le lieu d’un évènement, est le lieu d’une rencontre. Une rencontre qui nous touche, nous émeut sans qu’on arrive à expliquer pourquoi. Une rencontre qui vient compléter notre âme si incomplète de ce dont elle a besoin pour retrouver sa plénitude. 

Pour certains, cette rencontre a lieu après avoir vécu des drames et parfois, après avoir traversé des déserts loin de Dieu. Pour d’autres, c’est un miracle plus caché, plus intimiste, dans la simplicité de l’ordinaire. On envie parfois les premiers, mais chers amis, il n’est plus l’heure de se comparer, de s’envier, de se disputer des places. Il est l’heure de redécouvrir sa chance – je dirai même Sa grâce. Personne ne devrait dire « oh moi je n’ai pas de grâce particulière ! » car la grâce nous l’avons tous ! Elle est en nous et autour de nous.  Elle n’est pas tant dans les évènements que dans l’émerveillement quotidien. Là où certains voient le hasard, les coïncidences de la vie, les signes du destin, moi je vois la grâce de Dieu à l’œuvre, je vois sa main qui me bénit en tout temps.

En ce carême, et même tout au long de notre vie chrétienne, comme saint Paul, osons demander à Dieu « qu’il ouvre nos yeux à sa lumière » pour que nous puissions voir la grâce qu’il nous a fait, reconnaître sa présence en chaque seconde de notre vie et que nous sachions « quelle espérance nous ouvre son appel, et la gloire sans prix de l’héritage promis à tous. » (Ephésiens 1, 18). 

Dans la joie de cette route ensemble,

Soyez chanceux avec la grâce de Dieu !

 

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