Avant toute chose, prenons un instant pour nous poser.
Et si, avant de lire ces lignes, nous demandions au Seigneur une grâce pour vivre cette fête de la Toussaint d’une manière nouvelle ?
🙌🏽 Seigneur, quelle grâce veux-tu m’offrir en cette Toussaint 2025 ?
Depuis plusieurs années, nous avançons ensemble pour mieux comprendre la Bonne Nouvelle des Béatitudes. Ces Béatitudes, ce sont ces chemins simples et concrets qui nous mènent vers le bonheur vrai — celui qui vient de Dieu. Elles sont comme de petits sentiers qui, pas à pas, nous conduisent vers la sainteté, c’est-à-dire vers ce que nous sommes appelés à devenir pleinement.
Mais en chemin, une question revient souvent : la sainteté, est-ce la perfection ?
Et si oui, comment faire quand on voit nos faiblesses, nos manques, nos colères, nos doutes ?
Nos œuvres, à elles seules, ne suffisent pas pour être « saints ». Et pourtant, Jésus nous appelle à être parfaits comme le Père… alors, comment comprendre cela ?
1. Une vie en route vers la sainteté n’est pas une vie parfaite
Oui, je vous le dis : la vie des saints n’a rien d’une vie sans défaut.
Avant d’être déclarés « saints » par l’Église, ils étaient des hommes et des femmes comme nous, marqués par leurs limites, leurs combats, leurs découragements parfois. Ce qui les distingue, c’est leur confiance en la miséricorde de Dieu.
Leur secret ?
« Ils se sont laissés aimer par Dieu, et ils l’ont aimé en retour. »
De cet amour reçu, ils ont tiré la force de se donner aux autres.
Et si l’on regarde leurs vies de près, on découvre que leur route vers la sainteté est souvent faite de doutes, de nuits, de chutes et de recommencements. Rien à voir avec notre idée moderne de la « perfection » liée au regard des autres ou à la performance.
Eux, ils ont tout simplement cherché à plaire à Dieu, à vivre sous son regard, jour après jour, avec confiance et humilité.
Prenons Mère Teresa : quand elle traversait ses longues nuits de la foi, elle ne voyait plus la présence de Dieu. Pourtant, elle a continué à aimer, à servir, à prier.
Peut-être que nous aussi, parfois, nous tenons bon uniquement grâce à une promesse faite à Dieu, ou simplement par fidélité. Il n’y a plus de zèle, plus d’émotion… mais il y a la fidélité, et c’est déjà une sainteté.
La sainteté, ce n’est donc pas de « réussir sa vie chrétienne », c’est de persévérer dans l’amour, même quand c’est difficile. C’est faire confiance, jour après jour.
Petits pas après petits pas.
Comme une somme d’efforts simples qui, mis bout à bout, finissent par transformer le cœur.
2. Et pourtant, le Christ nous pousse à la perfection
En lisant l’Évangile selon saint Matthieu, on comprend mieux.
Souvenons-nous du jeune homme riche : il veut vivre pour Dieu, il respecte la loi, il désire la vie éternelle. Mais Jésus lui dit :
« Si tu veux être parfait, vends ce que tu possèdes, donne-le aux pauvres, et suis-moi. » (Mt 19,21)
Cette parole peut nous dérouter.
Elle semble trop exigeante, presque impossible.
Mais au fond, Jésus ne parle pas d’abord de tout quitter matériellement. Il parle d’un abandon intérieur, d’une liberté du cœur. Il nous invite à le suivre, à le laisser nous façonner à son image.
Être « parfait », dans la bouche de Jésus, ne veut pas dire être sans faute, mais aimer comme Dieu aime, c’est-à-dire d’un amour sans mesure, gratuit, vrai.
Et dans le même Évangile, il précise un peu plus tôt :
« Soyez parfaits comme votre Père céleste est parfait. » (Mt 5,48)
Autrement dit : cherchez à aimer toujours davantage, à laisser Dieu élargir votre cœur.
La perfection chrétienne n’est pas un but de performance, mais un chemin de transformation, où Dieu agit en nous.
3. Sainteté et perfection, un même appel vécu différemment
Les saints nous montrent que ce chemin est unique pour chacun.
Certains y entrent par la prière, d’autres par le service, d’autres encore par la souffrance ou la joie partagée.
Mais dans tous les cas, c’est un chemin de divinisation, c’est-à-dire de transformation intérieure où Dieu vient habiter pleinement notre humanité.
L’Église le rappelle dans le concile Vatican II :
« Tous ceux qui croient au Christ, quels que soient leur condition et leur état de vie, sont appelés à la sainteté, dont la perfection est celle même du Père. » (Lumen Gentium 11)
Alors oui, nous sommes appelés à la perfection — mais à la manière de Dieu, non à la manière du monde.
Dieu ne nous demande pas d’être impeccables, mais de nous laisser aimer, transformer, relever.
Chaque pas vers Lui, chaque acte d’amour, chaque pardon, chaque élan de confiance nous rapproche de cette perfection qu’Il désire pour nous.
🙌🏽 🙏🏽 Prions
Merci Seigneur pour cette parole exigeante et bienveillante à la fois.
Merci de nous rappeler que la sainteté n’est pas un rêve pour quelques-uns, mais un chemin possible pour chacun.
Donne-nous d’avancer dans la confiance, avec espérance et dans la joie de ton amour. Que les Béatitudes continuent d’éclairer notre route vers le Ciel, pour que nous devenions, pas à pas, toujours plus humains — et donc toujours plus proches de Toi.
Après tout chers amis, n’oublions pas
Dieu est bon,
En tout temps.