3 conseils pour vivre ta foi

A toi qui viens de Guadeloupe, Martinique, Guyane, Réunion et autres territoires d’outremer, et qui viens de t’installer en région parisienne pour tes études… On pense à toi !

Parce qu’on était à ta place il y a presque 10 ans. On a vécu ce moment de transition entre là où on vient et là où on arrive. On sait que ce n’est pas facile de vivre loin de ses repères familiaux, culturels. On sait aussi qu’il y a des différences entre vivre sa foi aux Antilles-Guyane, et en France hexagonale, mais on sait aussi que oui, ce n’est pas un mythe, il y a de belles choses qui se vivent des deux côtés. C’est pourquoi, cette année, on veut être des témoins de foi pour tous ces jeunes qui comme nous, viennent s’installer en France hexagonale, pour poursuivre leurs études. Parce qu’on le croit, partir est aussi un appel à grandir, à s’enrichir, à se renouveler.

1) Repère l’Eglise près de ton nouveau lieu de vie

    C’est le conseil que j’ai entendu d’un prêtre devenu évêque depuis (#mgrPhilippe) : quand tu arrives dans ta nouvelle ville, tu vas prendre le temps de repérer les lieux qui te seront utiles: le magasin de courses, la gare la plus proche… n’oublie pas l’Eglise ! C’est le lieu toujours ouvert dont tu auras aussi besoin pour continuer à vivre ta foi. Renseigne-toi sur les propositions jeunes de ta paroisse, de ton diocèse d’accueil… elles sont riches ! Et toi aussi, tu as tant à apporter à l’église car tu es riche de ta culture, de tes talents, de ta foi et de tes engagements ! Va, « avance au large ! » (Luc 5, 4)

    J’étais très engagée dans ma paroisse de Guadeloupe. Lorsque mes études m’ont obligé à partir, cela a été difficile de tout laisser. Depuis Paris, je regardais tout ce qui se passait en Guadeloupe avec un brin de nostalgie et de tristesse. J’allais tout de même à l’église près de chez moi et petit clin d’oeil de Dieu, c’est une église sous le patronage de sainte Lucie. Une fois à la fin de la messe, j’ai entendu un appel à intégrer une chorale de jeunes. Aimant chanter, j’ai noté la date et j’ai été le vendredi suivant. J’ai été bien accueillie, j’ai même chanté un cantique en créole guadeloupéen qui a séduit le groupe. J’ai alors compris que la mission n’était pas finie, elle se continuait plus loin.

    Voici ce que j’aimerais te dire alors : oui, tu es peut-être dans la tristesse, la nostalgie de tout laisser, et tu vas avoir des moments difficiles qui te feront peut-être reculer, mais sois sûre d’une chose : le Seigneur fait toutes choses nouvelles (Apocalypse 21, 5). Il n’efface pas ce que tu es, ce que tu as fait, il t’envoie porter sa bonne nouvelle partout où tu es, où tu iras. Va à la rencontre de l’Eglise, et vois, propose, agis, tu es peut-être le changement que l’Eglise a besoin!

    2) Ose la rencontre avec les aumôneries étudiantes

    Les aumôneries étudiantes sont des lieux « ressource » proche des lieux d’études pour les étudiants qui veulent rencontrer d’autres jeunes chrétiens, tisser de belles amitiés, vivre et se former dans la foi. Mais il y a aussi différents groupes et mouvements qui accompagnent les étudiants, n’hésite pas à y faire un tour, une fois, deux fois ou toutes les fois, tu seras toujours le bienvenu !

    C’est important que tu aies un lieu, un groupe, des amis proches, avec qui tu peux partager ta foi. J’ai compris avec le temps que ce n’est pas tant pour la forme mais pour le fond. Ne pas rester seul, être entouré, accompagné, faire ensemble. La solitude est un poison dangereux. La foi est toujours une aventure à partager ensemble. C’est l’Eglise dans sa définition. Trouve le groupe qui te correspond, investis-toi. Si tu as des amis, des cousins qui sont pas très loin, restez en contact, allez à la messe ensemble, partagez un repas, faites une sortie. Ce qui nous fait tenir dans la vie, c’est d’être en frères : « oui il est bon, il est doux pour des frères de vivre ensemble et d’être unis! » (psaume 132)

    3) Ne néglige pas la messe, source et force pour ta vie !

    Parce qu’un chrétien seul est un chrétien en danger, parce que dans l’Eglise, il y a de la place pour tout le monde, parce que nous sommes tous invités à nous abreuver à la source de l’Eucharistie. C’est notre force pour la route, pour fleurir là où nous sommes. Ne néglige pas la messe du dimanche ! « Celui qui vient à moi n’aura plus jamais faim ; celui qui croit en moi n’aura jamais soif. » (Jean 6, 35)

    Je le dis, je l’écris, et pourtant j’ai arrêté d’aller à la messe quelques semaines après mon installation à Paris. Le froid, l’église pas toujours chauffée, les cours à réviser, les partiels, le fait de ne connaître personne… j’avais mille excuses pour ne pas aller à la messe. Alors, pendant des mois, j’ai mis la messe de côté. C’est OK si toi aussi, tu passes par là mais sache que Dieu ne t’abandonne pas. Il ne lâche jamais notre main, même quand c’est nous qui lâchons la sienne.

    Si cela t’arrive, confie-le à Dieu : « Seigneur, je n’ai plus goût à la messe, viens au secours de ma faiblesse ! » et confie-le aussi à des proches. Prie le Seigneur, ne cesse pas de prier, et confie ta prière à d’autres. La prière a ce pouvoir de nous porter les uns les autres, de se soutenir fraternellement. Prie et agis ! Tu n’arrives pas à te motiver pour aller à la messe ? Appelle un ami, allez-y ensemble ! Et en ce qui concerne le froid, demande-toi : si tu n’allais pas à la fac ou au travail à cause du froid, que se passerait-il ? Tu serais noté absent, tu perdrais un jour de salaire. De même, si tu ne vas pas à la messe sous prétexte qu’il fait trop froid, tu perdrais en grâce sacramentelle, en force de vie ! Alors couvre-toi bien, enfile tes gants, ton écharpe si tu veux, et va à la source du Christ t’abreuver !

    N’aie pas peur, le Seigneur est avec toi dans ce « passage » que tu vis, fais-lui confiance, attrape sa main, tu ne seras jamais seul car il a déjà placé sur ta route les sentinelles qui te feront tenir et avancer. La Parole de Dieu, la prière, la messe, la charité fraternelle…

    Car Dieu est bon en tout temps, et en tout temps, Dieu est bon !

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