5 choses à retenir sur le Magnificat

Après le « je vous salue Marie », penchons-nous sur le Magnificat. C’est l’une des sept paroles de Marie dans la bible, et c’est la plus longue parole. Voici 5 choses à retenir sur le Magnificat (comme les 5 doigts de la main!) :

Mon âme exalte le Seigneur,
exulte mon esprit en Dieu, mon Sauveur !
Il s’est penché sur son humble servante ;
désormais, tous les âges me diront bienheureuse.
Le puissant fit pour moi des merveilles, Saint est son nom !
Son Amour s’étend d’âge en âge sur ceux qui le craignent.
Déployant la force de son bras, il disperse les superbes.
Il renverse les puissants de leurs trônes, il élève les humbles.
Il comble de biens les affamés, renvoie les riches les mains vides.
Il relève Israël son serviteur, il se souvient de son amour,
de la promesse faite à nos pères, en faveur d’Abraham et de sa race à jamais.

Le premier mouvement du Magnificat est pour le Seigneur : « Mon âme exalte le Seigneur,
exulte mon esprit en Dieu, mon Sauveur ! Il s’est penché sur son humble servante ; désormais, tous les âges me diront bienheureuse. Le puissant fit pour moi des merveilles, Saint est son nom ! Son Amour s’étend d’âge en âge sur ceux qui le craignent. »

Marie prononce le magnificat après avoir reçu la visite de l’ange et après avoir visité Elisabeth. Elle a été comblée de grâces, bénie entre toutes les femmes, mais elle rend gloire à Dieu. Elle ne fait pas l’éloge de sa personne. Marie célèbre la grandeur, la majesté, la puissance, la sainteté mais aussi la bonté et la miséricorde de Dieu qui s’est penché sur sa petitesse. Elle se sent regardée par Dieu, elle entre dans ce regard et se voit comme Dieu la voit. Le regard de Dieu s’est dirigée vers une femme sans pouvoir et sans richesse mais il ne regarde pas l’apparence, il regarde le cœur, et comme dit le psalmiste, il a été séduit par sa beauté (psaume 44). Marie a été choisie depuis toute éternité par la grâce de Dieu. Les dons du Seigneur sont devenus ses mérites, c’est pourquoi elle magnifie le Seigneur parce qu’elle-même est magnifiée en lui et par lui. Alors naît son exultation, sa plénitude de joie. Le Magnificat est la louange de la créature qui se sait et se sent aimée de son Créateur.

Cela nous rappelle ce que doit être la louange. Non pas une prière tournée vers soi mais tournée vers Dieu. La louange glorifie Dieu pour ce qu’Il est. Le premier mouvement de notre louange doit être aussi pour le Seigneur. Car c’est Lui qui nous a faits, qui nous a aimés le premier, qui a ouvert en nous le chemin de l’amour qui se donne. Avec Marie, donnons à Dieu la première place dans notre vie ! Avec Marie, rendons toujours la gloire à Dieu !

Le Magnificat s’inscrit dans la tradition biblique. En effet, dans l´Ancien Testament, il y a une prière qui ressemble à celle de Marie : le cantique d’Anne, mère du prophète Samuel.

« Mon cœur exulte à cause du Seigneur ; mon front s’est relevé grâce à mon Dieu !
Face à mes ennemis, s’ouvre ma bouche : oui, je me réjouis de ton salut !
Il n’est pas de Saint pareil au Seigneur. Pas d’autre Dieu que toi !
Pas de Rocher pareil à notre Dieu ! Assez de paroles hautaines, pas d’insolence à la bouche.
Le Seigneur est le Dieu qui sait, qui pèse nos actes.
L’arc des forts est brisé mais le faible se revêt de vigueur.
Les plus comblés s’embauchent pour du pain, et les affamés se reposent.
Quand la stérile enfante sept fois, la femme aux fils nombreux dépérit.
Le Seigneur fait mourir et vivre ; il fait descendre à l’abîme et en ramène.
Le Seigneur rend pauvre et riche ; il abaisse et il élève.
De la poussière, il relève le faible, Il retire le malheureux de la cendre
pour qu’il siège parmi les princes, et reçoive un trône de gloire.
Au Seigneur, les colonnes de la terre : sur elles, il a posé le monde.
Il veille sur les pas de ses fidèles, et les méchants périront dans les ténèbres.
La force ne rend pas l’homme vainqueur : les adversaires du Seigneur seront brisés.
Le Très-Haut tonnera dans les cieux ; le Seigneur jugera la terre entière.
Il donnera la puissance à son roi, il relèvera le front de son messie. »

1 Samuel 2, 1-10

Anne signifie la grâce. Elle n’est pas seulement celle qui est gracieuse au sens de charmante. Elle est celle qui transmet, qui rayonne la grâce, la vie de Dieu. Il y a plusieurs « Anne » dans la Bible mais celle qui prononce cette prière est la mère de Samuel. Elle a longtemps prié pour avoir un enfant et elle a été exaucée. Alors, elle laisse éclater sa louange, elle magnifie le Seigneur. L’enfant d’Anne, Samuel, deviendra le grand prophète et le juge d’Israël.

Marie est la pleine de grâce, celle que Dieu a choisie et préparée pour accueillir et porter au monde Son Fils, le Messie, le sauveur de l’humanité. Comme Anne, Marie a attendu dans la foi, avec tout le peuple, la venue du Messie et quand elle a compris qu’il viendrait par elle, alors elle s’est offert à sa volonté. L’enfant de Marie, Jésus, deviendra le sauveur du monde.

 Anne et Marie conçoivent et portent une vie dont elles ne sont pas l’unique source. La source fondamentale, c’est Dieu. Ces deux femmes font preuve de grande foi en la Parole de Dieu. Toute leur louange est imprégnée de cette Parole qui façonne leur vie, qui façonne le monde. Le Magnificat nous rappelle que nous aussi, nous sommes faits, pétris par cette Parole de vie. C’est la Parole à écouter, à méditer, et à garder dans son cœur. C’est la Parole fidèle qui s’est accompli dans le passé, qui s’accomplit dans le présent et s’accomplira à l’avenir. C’est donc la Parole à vivre. Puissions-nous aussi, avec Marie, avec Anne, redécouvrir l’importance de la Parole de Dieu dans nos vies !

Vient ensuite la seconde partie du Magnificat. Marie, après avoir magnifié Dieu, tourne son regard sur le monde, plus précisément sur les œuvres de Dieu dans le monde et pour le monde. Elle décrit ainsi un renversement, un changement radical opéré par Dieu. Dans le texte du Magnificat, on trouve 7 verbes qui indiquent les œuvres que le Seigneur accomplit de manière permanente dans l’histoire :  « Déployant la force de son bras… il disperse les superbes… il renverse les puissants… il élève les humbles… il comble de biens les affamés… renvoie les riches… il relève Israël ».

On retrouve la même chose dans le cantique d’Anne : « Le Seigneur fait mourir et vivre ; il fait descendre à l’abîme et en ramène. Le Seigneur rend pauvre et riche ; il abaisse et il élève. De la poussière, il relève le faible, Il retire le malheureux de la cendre pour qu’il siège parmi les princes, et reçoive un trône de gloire. Au Seigneur, les colonnes de la terre : sur elles, il a posé le monde. Il veille sur les pas de ses fidèles, et les méchants périront dans les ténèbres. La force ne rend pas l’homme vainqueur : les adversaires du Seigneur seront brisés. « 

Cela peut nous paraître sec, abrupt, mais ne nous trompons : Dieu agit ainsi simplement avec la puissance de son Amour. C’est ce qu’exprime le Magnificat, tout comme la prière d’Anne : l’Amour de Dieu qui vient sauver le monde de l’orgueil, du mal et du péché. Le plus grand bouleversement de l’histoire, c’est que Dieu nous a aimés jusqu’au bout. Ce qui a changé le monde, ce n’est pas la force, la violence, c’est l’Amour, c’est la folie de l’Amour, c’est de faire toute chose avec Amour et par amour. Sans amour, le monde se transforme en véritable champ de bataille.

Le Magnificat rappelle à l’Église sa mission prophétique, évangélisatrice, celle d’annoncer au monde ce renversement radical, et toujours d’actualité, opéré par Dieu. Puissions-nous nous laisser contaminer par l’amour de Dieu et en être témoin !

Le magnificat, comme la prière d’Anne, dit aussi toute la compassion de Dieu pour les petits, les pauvres, les faibles. Si Marie proclame la béatitude des humbles et des pauvres, c’est parce qu’elle en fait partie. Le renversement dont elle parle doit alors se produire avant tout au creux du cœur de ceux qui reprennent le Magnificat pour prier.

Car l’Homme qui vit “pour lui- même”, qui n’a pas Dieu pour Seigneur, mais son propre “je”, s’est construit un trône où il siège en dictant des règles pour les autres. Or Marie nous dit que Dieu renverse ces gens-là de leur trône; il met à nu leur contre-vérité et leur injustice. Le Magnificat nous rappelle, in fine, à notre cohérence de chrétien, au témoignage évangélique que nous devons donner.

Il y a une incohérence si je dis avec Marie « il comble de biens les affamés » et que je ne suis pas capable de partager mon pain et mon amitié avec l’autre. Il y a une incohérence si je dis avec Marie « il renvoie les riches les mains vides » et que je n’ai de cesse de posséder toujours plus et que je passe à côté du nécessiteux en baissant les yeux. Il y a une incohérence si je dis avec Marie « il renverse les puissants » et que je continue d’agir avec pression dans mes relations.

Le Magnificat nous apprend que la prière n’est pas que verticale. Quand je prie, il n’y a pas seulement Dieu, moi et mes petits intérêts personnels. La prière m’unit aussi aux autres. La prière est un acte d’amour et un signe d’unité. Quand nous prions, nous sommes jamais seuls. Nous prions avec toute l’Eglise. Ayons toujours une pensée, une parole, une action pour les autres, ceux qui souffrent, ceux qui sont seuls, ceux qui sont opprimés et oubliés. Soyons des acteurs de la compassion, de la bonté et de la miséricorde de Dieu !

En disant son Magnificat, Marie glorifie Dieu, prie pour le monde et particulièrement les petits, les faibles et les pauvres mais aussi, elle se confie au Seigneur, elle lui confie son oui, son désir et sa volonté de le suivre, pour qu’elle soit toujours ce pourquoi elle a été faite !

C’est le dernier mouvement du Magnificat : prier pour soi, autrement dit, se confier au Seigneur pour que nous soyons toujours le reflet de sa grâce, et non notre propre reflet. Nous en avons aussi besoin mais ce n’est qu’après avoir glorifié Dieu et prié pour les autres en communion, que nous pouvons prier en vérité pour nous-mêmes.

Dieu a choisi Marie, humble servante pour être la Bienheureuse Mère de Son Fils. Marie est dans la joie d’avoir été choisie, appelée par Dieu. Son cœur exulte, son âme exalte le Seigneur ! Marie porte Jésus, elle visite avec lui Elisabeth, elle le met au monde, elle l’aide à grandir, elle l’encourage dans sa mission, elle le soutient et l’accompagne jusqu’à la croix. Marie ne cesse d’être à l’école de son Fils, de redire à Dieu son fiat : « que tout se passe pour moi selon ta Parole! »

Prier pour soi, c’est avec Marie, se remettre à Dieu à chaque instant, aussi bien dans les joies que dans les difficultés. Parce que nous sommes l’ouvrage de ses mains et que c’est Lui qui nous guide sur les sentiers de la vie.

Pour conclure , en 5 points, comme les 5 doigts de la main : le magnificat est la plus belle prière

– pour glorifier Dieu chaque jour,

– pour méditer quotidiennement sa Parole,

– pour transformer le monde,

– pour intercéder pour les autres

– et pour se confier à la grâce de Dieu.

Alors, nous pouvons dire, Dieu est bon en tout temps,

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