Lettre à la grâce : jeudi Saint

Le soleil se lève et en ce nouveau jour, nous entrons dans le triduum pascal.

Je suis invité tout d’abord à partager le repas du Seigneur, avec les disciples.

Je devine à peu près ce qui m’attend ce soir, un moment partagé avec Jésus, mais aurais je pu prévoir que tu serais là pour émouvoir mon coeur, pour me rejoindre dans mon humanité, pour ouvrir un espace en moi ?

Oui,  ce matin, je te cherche déjà  dans les préparatifs de la fête, dans ce désir ardent du Christ de vivre la Pâque avec ses amis, dans cette belle table dressée au cénacle, car quand on met son coeur à l’ouvrage du Seigneur, alors on te trouve. Je te cherche encore plus loin et te vois dans l’unité des disciples autour du maître, dans ce geste d’amour du lavement des pieds et puis surtout, dans ce miracle du pain et du vin. Ce n’était qu’un morceau de pain auparavant, mais par toi ce soir, il devient nourriture de vie éternelle.  Et tu es là aussi quand Jésus  lave les pieds de ses disciples, me rappelant ainsi qu’il n’y a pas de plus grand amour que de donner sa vie pour ceux qu’on aime.

Oui, aujourd’hui, mon coeur se réjouit car tu es là, non pas dans l’extraordinaire mais dans les gestes ordinaires de la fraction du pain et du lavement des pieds. Je sais que tu es là car tu viens sublimer les petits détails de nos vies pour leur donner tout son sens, toute sa plénitude. Et je te rends grâce au milieu de la grande assemblée !

Chère amie, un voile sombre s’est abattu, une nuit claire sans nuage ni étoile… la création est à ma ressemblance, elle refuse de voir la trahison, elle refuse de voir l’agonie de mon Jésus, elle refuse …. 

Et je refuse…

Je sens ta présence, bonheur d’être un spectateur d’aujourd’hui, au reposoir j’adore, contre le froid, la fatigue j’adore, nous adorons … mais si je suis honnête aujourd’hui je te sens mais à Gethsémani je ne te trouve pas , je ne te devine même pas. 

Il est triste à en mourir : c’est comme une blessure dans mon propre cœur, une ischémie induite car il le faut… 

Les disciples s’endorment non par insouciance ou uniquement par fatigue mais pour que nous puissions reconnaître nos propres endormissements… 

Jésus est toujours riche en enseignement, et voilà la clé pour tenir bon… prier, prier simplement, humblement amoureusement.

Jésus est toujours le bon pasteur même à Gethsémani et pour trouver le courage au cœur de nos nuits, il prie.. il prie fidèlement, intimement, il prie avec confiance…

Tu n’es pas visible à Gethsémani , mais tu accompagnes ceux qui font confiance à Dieu pour traverser cette nuit et ces fausses accusations

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