Chers amis,
Le 2 février n’est pas seulement le jour des crêpes! C’est une fête chrétienne : l’Eglise célèbre la fête de la Présentation de Jésus au temple, quarante jours après Noël. Elle est mieux connue sous le titre de la Chandeleur ou fête de la lumière car elle est toute illuminée de Jésus, lumière pour éclairer les nations. Mais pour mieux comprendre l’origine et le sens de cette fête, quoi de mieux que de se plonger dans l’histoire (inspirée par le père Bernard Klasen) et dans la Parole de Dieu ?
L’origine de la Chandeleur
A Rome, dans les premiers siècles du christianisme, il y avait encore des traces d’une fête qu’on appelle les Lupercales qui avait lieu dans la première moitié de février. C’était une fête de la régénérescence : on sacrifiait un bouc et des jeunes gens volontaires, dénudés, se couvraient de son sang et courraient dans les rues de Rome après les filles qui voulaient se laisser asperger de ce même sang. C’était un rituel symbolique de fécondité, de fertilité, à la sortie de l’hiver. Le soleil est en train de gagner, tout commence à bourgeonner ; les Hommes commencent à vouloir revivre aussi les plaisirs printaniers. C’est l’exultation des corps, de la joie, de la renaissance…
C’est parce que le soleil est en train de gagner que le Christianisme a pu récupérer cette fête. C’est ce qu’on appelle une fête de substitution : là où il y avait quelque chose de païen, il s’agit de mettre une fête qui a le même sens : le retour de la lumière ! Pour nous chrétiens, le soleil levant, c’est le Christ ; le soleil qui renaît, c’est la résurrection : la lumière qui vient vaincre les ténèbres. Quand le Christ vient envahir notre vie, quand il soulève en nous le désir de le protéger dans nos vies, dans celle des autres et en ce monde, la lumière se lève.
C’est le Pape Gélase 1er à partir du IVe siècle qui instaure la fête de la Chandeleur. Chandeleur faisant référence aux chandelles et donc à la lumière. C’est donc de la lumière du soleil qu’est né cette fête et c’est pour elle qu’elle existe car en elle, tout est vainqueur ! Mais alors, me direz-vous, pourquoi fait-on des crêpes ? Tout simplement parce que, si on les regarde bien, elles ont la forme du soleil. Tout en ce 2 février est illuminé de la lumière. Soyons aussi lumineux en ce jour !
Le sens de cette fête
La fête de la Chandeleur nous rappelle que la lumière est venue dans le monde, elle nous est donnée. En effet, le jour de notre baptême, nous avons tous reçu la lumière du Christ. Nous l’avons reçue, non pour la garder en nous mais pour que toute notre vie en soit resplendie. Nous l’avons reçue et nous devons entretenir sa flamme car elle est bien fragile. Les vents contraires soufflent fort, le péché nous guette constamment, mais quand on est chrétien, on croit que rien ne peut éteindre cette flamme en nous. Bien au contraire, c’est cette lumière qui éteindra les péchés de nos vies !
Il y a une certaine tendance que nous devons convertir en nous. Celle d’être obsédé par le péché, par le mal, par leurs manquements. Nous faisons fausse route si nous pensons qu’un bon chrétien doit voir ce qui est mauvais, si nous sommes toujours en train de juger le mal des autres comme si cela pourrait vaincre le mal alors qu’en réalité, il ne fait que grandir. Non, pour vaincre le mal, nous ne devons pas rester fixé sur le mal. Nous devons fixer notre regard sur la lumière qui nous sauve du péché alors elle viendra vaincre le mal. Ne faisons pas l’inverse ! Car notre vocation chrétienne n’est pas de voir le mal et de le dénoncer, mais de voir le bien et de l’annoncer. Notre vocation est d’être habile à voir le bien en nous, chez les autres, dans le monde.
Un premier exercice tout simple pour vivre cela : le soir avant de se coucher, au lieu de dire « mon Dieu, mon Dieu en quoi t’ai-je offensé ? », disons plutôt « mon Dieu, mon Dieu, en quoi m’as-tu visité aujourd’hui ? Où était dans la lumière dans ma journée ? » Ainsi, en changeant de regard, de perspectives, nous allons nous entraîner à voir la lumière du Christ, même au-delà du mal, du péché ; et voir la lumière, c’est l’entretenir. C’est ce que fit Syméon dans l’évangile : il rend grâce à Dieu avant toutes choses d’avoir vu sa lumière.
« Maintenant, ô Maître souverain, tu peux laisser ton serviteur s’en aller en paix, selon ta parole. Car mes yeux ont vu le salut que tu préparais à la face des peuples : lumière qui se révèle aux nations et donne gloire à ton peuple Israël. »
Et qu’a-vu Syméon exactement ? Un petit enfant ! Trois fois rien ! Nos vies sont de même : illuminées par trois fois rien. Sans cesse, nos vies sont parsemées de ces signes lumineux de Dieu. Choisissons dès aujourd’hui à voir la lumière autour de nous, en nous et le monde sera transformé.
Enfin, une autre signification de la chandeleur, c’est que c’est la fête des personnes consacrées à Dieu. Cela fait référence plus précisément dans l’église aux prêtres, moines et moniales, religieux, religieuses… mais tous, par notre baptême, nous sommes consacrées à Dieu. Car qu’est-ce que Dieu nous demande si ce n’est de lui offrir nos vies ? Mais offrir sa vie ne veut pas dire mourir en martyre. Offrir sa vie signifie ouvrir sa vie : « Je vous exhorte donc, frères, par la tendresse de Dieu, à lui présenter votre corps – votre personne tout entière –, en sacrifice vivant, saint, capable de plaire à Dieu : c’est là, pour vous, la juste manière de lui rendre un culte. » (Romains 12, 1)
Une offrande vivante ! Retenez bien aujourd’hui : offrir c’est ouvrir ! Offrez à Dieu de vous remplir de sa présence ! Offrez à Dieu de pouvoir vous habiter ! Offrez à Dieu l’hospitalité et la lumière viendra ! C’est la raison pour laquelle c’est la fête des lumières. La chandeleur. Les chandelles. Amen !
En cette veille de fête, prions maintenant ensemble :
Seigneur Jésus, tu es la lumière venue dans le monde
pour nous sauver du péché et nous éclairer sur le chemin de la vie.
Convertis nos regards pour que nous puissions toujours voir ta lumière !
Que nos cœurs sans cesse proclame tes louanges !
Que nous soyons des filles et des fils de la lumière,
un peuple uni, ardent à faire le bien !
Amen