A l’approche de la Toussaint, nous vous proposons de vous retirer en vous-même pour prier le Père afin que cette fête des Saints 2023 fasse quelque chose de nouveau en vous.
Et pour se faire, cette année, nous avons choisi le texte de saint Luc au chapitre 6. Tout le long de ces béatitudes, c’est à chacun de nous individuellement qu’il dit Heureux et Malheureux es-tu ! Comme une manière de mieux nous faire entrer dans la réalité de toute notre vie, notre imperfection complète sur un chemin de sainteté. En cette année 2023, combien plus nous avons à laisser ces mots nous façonner et à travers nous le monde entier.
Ainsi, après avoir nommé ces douze apôtres et devant la foule venue de toute la province, Jésus dit à ses apôtres :

Cette comparaison est une bonne nouvelle pour qui cherche son chemin de bonheur dans cette vie et plus particulièrement pour chacun de nous. Jésus ne s’attarde pas ici sur les biens matériels, même si cela peut mieux éclairer notre compréhension.
La pauvreté est heureuse quand elle laisse de la place à l’autre, quand elle sait qu’elle a besoin de l’absolu. La pauvreté est une chance pour grandir davantage.
Quand Jésus dit vous les pauvres, avant de penser possession, je pense aux enfants. Ils sont pleinement à l’image de Dieu mais comme ils sont petits, leur parole est souvent écrasée par celle des adultes. Ils sont dans une dépendance aux parents, aux instituteurs tout en vivant et en grandissant, conscients qu’ils ont besoin de ces autres pour être indépendant ; conscients aussi que s’ils n’ont pas de pouvoirs propres, vivre en appréciant la vie et les copains est la meilleure option. Dans nos métiers respectifs à toutes les trois, nous avons toutes été impressionnées par la résilience, la créativité et la capacité d’amour des enfants. Ils sont pauvres d’individualité mais riche de vivre ensemble.
Ce type de richesse est celle qui mène au Ciel. Alors à ceux qui ont développé cette grâce de la pauvreté mais sans chercher l’absolu, les voici déjà consolé.
La richesse est une chose bien plus pernicieuse, elle semble utile pour progresser dans notre société, pour mieux prospérer dans ce monde. Et disons-le, Dieu n’a rien contre le fait de voir l’Homme prospère. Mais quand nos richesses nous alourdissent de nous-mêmes, de nos tempéraments, de réalisations, de nos gloires et de nos victoires, comment pouvons-nous tendre vers le Ciel. Ici bas, nous avons comblé tout ce que nous sommes, de rien d’Éternel.
Ce chemin de béatitude proposé est comme un parcours pour mieux nous élever, que notre Malheur ouvre notre Bonheur. Retrouver l’enfant en nous qui tend sans cesse la main vers l’autre pour un conseil, un réconfort. Un enfant riche de se savoir aimer et malheureux de ne pas voir advenir encore le royaume des cieux.
Ce bonheur ici est sûrement celui là, se vider suffisamment pour le voir aujourd’hui et maintenant, pour nous et pour les autres.
Pour vivre cette journée, nous vous proposons d’écouter la chanson de Claudio Capéo Riche et de vous accompagner avec la vie des Saints de l’enfance : sainte Thérèse de l’enfant Jésus, saint François Marto, les Saints Innocents…

Il n’est point l’heure de se mettre en appétit si ce n’est peut-être questionner en nous qu’elle est
cette nourriture qui peut nous rassasier. Un peu comme à la samaritaine, si nous savions véritablement cette nourriture, nous la voudrions pour l’Éternité.
L’évangéliste Luc, en indiquant la velléité d’une telle situation, nous dit ici le malheur pour qui place les objectifs de sa vie à combler un impératif biologique. Et il s’agit bien là de toutes nos faims : nourriture, affectives, sexuelles… Bien qu’elles soient toute faites pour le bonheur de l’Homme, selon les prescriptions de Dieu, chercher sans fin à les assouvir, ne conduit pas au Bonheur.
Prenons l’exemple du fils prodigue : il vit, soigné et nourri, chez son Père. Quand il réclame sa part d’héritage, il va festoyer dans une décadence de nourriture et d’autres plaisirs avec ses amis. Très vite, il sera gavé, il sera repu. Or, le corps étant ainsi fait, la satiété ressentie après un repas frugal s’estompe et s’élimine en même temps que fonctionne notre transit. Bien qu’il nous soit nécessaire de manger pour vivre, nous ne pouvons vivre pour manger, cela serait un esclavage, une très grande peine. C’est le cas pour le fils prodigue, mais aussi pour nous à certaines saisons de nos vies.
La Faim est nécessaire car elle fait de la place, elle fait goûter par l’envie, la satisfaction à venir. En médecine, on t’expliquera aussi que la faim te libère de toxines et que la dégradation de corps cétoniques est une alternative à exploiter face au glucose pour limiter un certain nombre de maladies chroniques. La faim en soi est donc bonne, elle est saine pour le corps mais bien plus pour notre âme car elle nous fait chercher la vraie nourriture. Celle qui bénit, celle qui fortifie, celle qui te console et t’élève. Dans le jeûne du Carême, dans le jeûne pour la paix, il y a cette paix qui transcende la fébrilité, cette paix qui vient du cœur-à-cœur avec Dieu, cette sensation d’être rempli de Lui que l’on n’a plus besoin de rien d’autre. La Faim nourrit le désir du Pain de Vie, de la Parole incarnée, de la relation ajustée. La Faim nous donne à chercher davantage le festin du ciel au plaisir immédiat et éphémère. Elle nous donne la patience et la sagesse.
Attention tout de même : Jésus ne glorifie pas la faim, lui-même a nourri les foules avant de les renvoyer, sur les bords du Lac Tibériade. De même, il n’est pas bon pour l’Homme de vivre un jeûne permanent, vivre la faim à son extrême pour perdre du poids, pour se diminuer, pour un idéal politique … Fuir la faim est tout à fait normal, on ne pourrait refuser notre plat préféré sans urgence absolue mais quelle voie dangereuse si on va jusqu’à y risquer sa vie, sa dignité, sans donner à Jésus la capacité de combler ces faims.
Ce chemin de bonheur, c’est celui-là : ayons faim d’Absolu maintenant et pas après !
Pour vivre cette journée, nous vous proposons d’écouter ce chant de Vianney et Renaud « maintenant » et de méditer la vie de saintes et saints de l’humilité et l’intériorité : saint François et sainte Claire d’Assise, saint Vincent de Paul…

Les épreuves, le deuil et la souffrance voilà en apparence de quoi il est question ici. C’est probablement le sujet le moins simple à aborder car même si nous désirons porter nos
croix, c’est une chose bien difficile d’y voir un éventuel bonheur à venir dans ces peines.
Et dans le cas de Luc, il vaut mieux tenir compte du contexte dans lequel il reprend ce discours de Jésus dans son Évangile. Son évangile s’adresse aux communautés chrétiennes, il est là pour encourager ceux qui mettent leur espérance en Christ. Les premiers chrétiens d’Asie Mineure et de Rome sont, ce même vous, que les Apôtres à qui Jésus s’adresse ; nous sommes, ce même vous aussi, chaque fois que tenir bon dans ce monde est une épreuve qui nous afflige.
Jésus ne nous encourage pas à poursuivre la douleur physique ou émotionnelle comme une
bourse au mérite à présenter au terme de notre vie, mais à trouver dans l’épreuve l’espérance de la consolation. Il n’est pas bon de se nourrir de nos blessures et de nos deuils, car il nous promet d’être
relevé. Notre bonheur dans l’affliction est dans la confiance et l’espérance que nous mettons
en Lui : si nous marchons pas à pas au travers des épreuves en gardant les yeux rivés sur
Lui, un jour nos larmes et nos sanglots feront place à nos rires.
Prenons l’exemple de Jésus lui-même : il y a deux passages dans l’évangile qui nous révèle la difficulté et la grâce de l’épreuve. Faisons mémoire de ces moments : Jésus découvre la mort de son ami Lazare (Jn 11) et aussi, au chapitre 5 verset 7 de la lettre aux hébreux, on apprend que Jésus, durant sa vie dans la chair a offert dans un grand cri et dans les larmes ses prières à Dieu. C’est clair, nos douleurs, il les a traversée. Jésus, à ses endroits et encore 2 autres de l’évangile, nous montre la difficulté de cette vie mais par sa résurrection, notre confiance et notre obéissance, nous avons l’assurance d’être avec lui dans nos tourments. Ce n’est pas juste une phrase c’est une réalité.
La dépression, le deuil pathologique ça arrive à tous, même au plus chrétien mais on a la possibilité de s’en relever si au milieu de ces tempêtes, on goûte la présence du Christ. C’est pourquoi : à qui reste dans cette vie sans surmonter ses collines et ses montagnes pour ne vivre que dans l’objectif atteint, dans la fuite de la douleur, Jésus met en garde : ce n’est pas vivre d’espérance que de ne pas grandir en espérance.
Soyons triste de nos larmes et de nos peines mais confiant en notre espérance, Jésus-Christ.
Pour aujourd’hui, nous vous proposons d’écouter Jésus est dans mon bateau et de méditer la vie des saints de la persévérance dans l’épreuve : sainte Rita, saint Jean Paul II, sainte Bakhita…

Saint Luc s’adresse aux chrétiens persécutés hier comme aujourd’hui, dans les premières communautés en Orient et même dans notre pays et l’actualité malheureusement nous montre bien des hommes et des femmes persécutés au nom de leur foi. Toutes les religions ne se valent pas mais toutes ont un socle humaniste pour promouvoir la paix, l’amour, la fraternité à l’échelle au moins de leur communauté.
Aujourd’hui je n’ai point envie de discourir, mon cœur est en peine car partout où l’on regarde, on voit comment la foi des uns catalyse la haine des autres. Parfois c’est léger comme une jeune qui est moquée parce qu’elle va à l’aumônerie, ou une femme qu’on appelle grenouille de bénitier car elle se donne pour sa communauté, une mère qui porte le voile et à qui on lui demande de l’enlever.
Parfois c’est insidieux comme ces étoiles de David taguer sur les façades des immeubles à Paris, comme cette réflexion mais je te croyais intelligente pour croire à ses bêtises. Parfois c’est une horreur absolue, que ce soient nos frères arméniens qui se font décimés pour être chrétiens, les ouïghours enfermés dans des camps de concentration pour être musulmans, le peuple d’Israël attaqué pour être juif.
Avoir la foi est parfois si difficile dans des milieux où l’on nous demande de la taire. C’est un
enjeu de vivre de cette bonne nouvelle que mon cœur a reçu sans la montrer de peur des représailles. Il y avait des martyrs pendant longtemps, il y en a encore aujourd’hui de part et d’autres du monde. Ce qui me brise c’est que beaucoup d’entre nous avec le zèle que nous avons, nous avons pu vivre des martyrs d’aujourd’hui et c’est à nous aussi que Jésus s’adresse.
Vivre dans le monde pour témoigner du royaume n’est pas facile mais qu’on ne s’en formalise pas. Jérémie, Daniel, Ézékiel, Jean-Baptiste : ils ont tous subi les pierres, les insultes et les crachats pour ce message d’espérance et d’amour. Parce que, oui, la bonne nouvelle de la foi est toujours une radicalité pour le monde. Si vous pensez annoncer Jésus et que ceci est reçu avec de plein de compliments, prenez le temps de relire votre vie, car elle n’annonce peut-être pas le Roi des rois.
En plus de cette béatitude, je vous partage mon verset dans les tourments. Ce sera au chapitre 16, verset 33 de Saint Jean : « Dans le monde, vous aurez à souffrir, mais courage moi, je suis vainqueur du monde » Il a tout vaincu à La Croix, ceci n’aidera pas nos frères et sœurs en humanité de d’autres confessions mais à nous chrétiens quand nous prenons le risque de l’annoncer par nos vies, par de l’évangélisation de rue… il est là et il redonne confiance.
Aujourd’hui, prenons le temps d’écouter ce beau chant shalom de Dana -Jo en faisant nôtre cette espérance pour la paix dans le monde et particulièrement en Terre Sainte.