Citoyen et croyant au cœur du monde

La liturgie de ce dimanche 22 octobre nous ouvre différents biais de lecture. En discutant avec Lucy, nous avons partagé autour de ces textes, l’exhortation du psaumes, l’enseignement et l’humilité de saint Paul, la force prenante de l’Évangile. Je vous partage son biais de lecture qui est, je trouve marqué par la douceur qu’elle renvoie : « Rendre à Dieu ce qui est à Dieu », c’est aussi lui «  apportez notre offrande, entrez dans ses parvis » ; en bref, entrer en relation avec lui, lui remettre aussi nos prières et notre temps, lui qui est dans l’éternité à tous le temps pour nous et nous, nous aurions pas un moment à lui consacrer ? C’est en définitive lui redonner la Gloire et la Puissance ».

Je veux vous offrir dans ces quelques lignes, une analyse un peu plus politique, un peu plus ancrée dans le monde et pourquoi pas une analyse qui questionnera beaucoup notre vision en tant que jeunes, chrétiens et citoyens du Monde.

Dans un premier temps, la phrase « Rendez à César ce qui est à César et à Dieu ce qui est à Dieu », je l’ai considérée comme la preuve irréfutable que notre modèle français a beau vouloir se détacher de ces racines chrétiennes, dans les lois, dans les textes, dans les principes et les valeurs fondamentales, il y a le Christ. Cette phrase est analysée par beaucoup d’intellectuels comme le premier acte de Laïcité. En disant cela, Jésus reconnaît qu’il y a du temporel et du spirituel donc bien avant Jules Ferry et la loi de 1905. Pendant longtemps, je m’arrêtais dessus pour réaffirmer le principe de laïcité, la liberté de la spiritualité, et l’acceptation des lois du système. La différence entre les deux est claire et bien marquée, et à tout ceux qui en 2012 se révoltaient contre ce que d’autres appelaient du progrès, j’avais un verset tout choisi pour eux.

Mais pourtant, en relisant ce texte ce soir, je me rends compte une fois de plus de la richesse de la Parole et des trésors que Jésus a caché dans chacun de ses mots.

Les pharisiens se tournent vers Jésus pour le piéger. La question elle est simple : « doit-on payer l’impôt ? » mais le piège c’est qu’elle n’admet que deux réponses oui ou non. En rhétorique ou en politique, quand une question ne peut se répondre que par oui ou par non, il s’agit toujours de faire un choix et donc de créer un clivage. Or, Jésus n’est pas venu pour semer la discorde, la division, il est venu sauver l’ensemble de l’humanité, l’ensemble de la Création du Père.

Dans sa phrase, le ET est peut-être l’élément clé. Oui, le monde doit s’organiser pour que les humains puissent vivre et avancer ensemble sur un volet économique que ce soit avec l’argent ou le troc, sur un volet politique que ce soit une monarchie ou une république… oui le Christ nous invite à prendre notre place dans le monde en tant que citoyen et à en accepter les Règles. Mais là, où mon raisonnement a eu à mûrir, et à la lumière de l’Évangile tout entier, c’est qu’il nous invite à être CITOYEN ET CROYANT.

Je dis ça et j’en vois qui se disent qu’ils le font déjà et que c’est évident, pourtant nous cloisons très souvent nos vies. Au travail, en Fac , à L’école, entre Amis, en Famille, nous donnons toujours une version différente de nous.

Mais quand il s’agit des décisions qui vont affecter tout notre modèle, toute l’humanité et toute la création : pouvons-nous vraiment nous permettre d’être que citoyen en oubliant que Dieu dans sa grande tendresse, se passionne pour toute sa Création ? Pouvons-nous nous permettre d’oublier que le césar de notre temps est aussi une création de dieu ?

Que le Seigneur nous donne de ne pas être Hypocrite envers nous même et envers notre société, qu’en toute chose il donne la force d’accepter notre condition et notre responsabilité de citoyen du monde et de disciples du Dieu Vivant.

Ce partage est comme une lettre à la mer, parce que après tout,

Dieu est Bon,

En tout temps

Laisser un commentaire