Hello la team,
Nous voici à notre troisième étape de carême et en ce dimanche, Jésus rencontre une femme de Samarie à qui il demande à boire. « Si tu savais le don de Dieu… Quel est celui à qui tu parles. » C’est ainsi que Jésus répond à la Samaritaine. Par une double provocation. La Samaritaine, manifestement, n’en sait rien. Cette brave dame a le questionnement un peu court. Ce qu’elle veut, c’est de l’eau, point. La Samaritaine a du mal à voir plus loin, ou plus profond, que le bout de son nez. Car le don de Dieu est devant elle, et le don de Dieu, c’est Jésus lui-même.

Reprenons notre étude de la parabole :
« Il avait tout dépensé quand une grande famine survint dans ce pays, et il commença à se trouver dans le besoin. Il aurait bien voulu se remplir le ventre avec les gousses que mangeaient les porcs mais personne ne lui donnait rien. »
Luc 15, 13
C’est aussi ce qui est arrivé à notre fils dans la parabole de l’enfant prodigue. Rappelez vous dimanche dernier nous l’avons laissé sur la route : il avait fait le choix de demander à son père sa part d’héritage, il avait fait le choix de partir de son propre gré de la maison de son père pour vivre la vie qu’il rêvait. Mais voilà, non prévenant, il a tout dépensé. Tout dilapidé. Il se retrouve sans rien, et un peu comme la samaritaine, il cherche à combler sa soif là où il ne peut être abreuvé.
Notre France a aussi connu dans son histoire ces soifs de liberté pour vivre mieux, avoir plus. Et cela a abouti à des choix, des idées, des faits et des gestes qui peuvent elle aussi la déshumaniser, l’ éloigner de Dieu. Car que sont nos choix sans l’ écoute de la Parole de Dieu ? Que sont nos idées révolutionnaires si elles ne sont pas semences d’évangile ? On peut se poser la question pour tant et tant de sujets qui taraudent notre pays en ce moment. Dieu ne saurait être absent au coeur des débats de nos sociétés pourtant bien souvent, nous le mettons à l’écart au nom de prétendues soifs de tolérance, de liberté et de toute puissance.
Dans nos familles aussi, le besoin de liberté est un sujet aussi fréquent que douloureux. Combien de parents peuvent souffrir, être désemparés face à la conduite étourdie de leur enfant ? Combien n’en ont plus de nouvelles ? Je parlais dernièrement avec une collègue désemparée par les choix de sa fille. En effet, quand on est à l’âge de la puberté, différentes soifs nous remplissent le cœur et nous conduisent à des chemins rocailleux, à des rencontres douteuses, et nos parents ont beau nous prévenir, on y voit que du feu. Ce que nous voulons c’est vivre et profiter… mais à quel prix ? Qus ce soit la samaritaine ou le fils prodigue, ce dimanche, la parole de Dieu nous rappelle que la vie est toujours rencontre mais elle nous interroge sur celles-ci. Car nos rencontres ne sont pas toujours sources de vies. Certaines sont même sources de morts.
Pour autant, l’évangile combiné à la parabole du fils prodigue nous donne le remède pour notre vivre ensemble : l’eau vive de la vie éternelle ! La solution à nos débats n’est pas dans la plus belle loi écrite, le beau discours prononcé mais dans l’attention et le respect de la dignité de l’autre. Et alors tout le reste découlera si nous avons au centre ces deux préoccupations. Cette semaine, chaque fois que nous accomplirons un geste, que nous dirons une parole, que nous proposerons une idée, demandons nous si c’est pour le bien de l’autre, de tous. Demandons-nous si cela est juste, vrai et bon pour tous et alors la vie de Dieu coulera en nous. Et alors la paix viendra, la compréhension et l’écoute.
Pour aller plus loin, nous vous proposons d’écouter ce témoignage de Sœur Emmanuelle, religieuse centenaire française qui à l’heure de sa retraite fait le pari fou de consacrer sa vie aux populations des bidonvilles du Caire. Elle nous rappelle l’urgence d’aimer, de chercher le bonheur ensemble qui se résume en trois mots : il suffit d’aimer.
Prions ensemble

Cette semaine, nous vous proposons de méditer la vie de saint Vincent de Paul, prêtre missionnaire apôtre de la charité qui se dévoua aux plus pauvres. Son témoignage nous inspire aussi en ces temps troubles à oser la rencontre avec nos frères et sœurs, ouvrir des sources d’eau vive, des chemins de dialogue et de réconciliation et avancer ensemble vers la destinée du ciel : .
Il est donc vrai que je suis envoyé non seulement pour aimer Dieu, mais pour le faire aimer. Il ne me suffit pas d’aimer Dieu, si mon prochain ne l’aime pas de même. Je dois aimer mon prochain, fait à l’image de Dieu et objet de son amour, et tout faire, pour qu’à leur tour, les hommes aiment leur Créateur qui les reconnaît et les considère comme ses frères, qu’il a sauvés ; et faire en sorte que, par la charité réciproque, ils s’aiment les uns les autres par amour de Dieu, qui les a aimés jusqu’à abandonner à la mort son propre Fils pour eux. C’est cela mon devoir.
Et bien, s’il est vrai que nous sommes appelés à porter au loin et à proximité l’amour de Dieu, que nous devons en enflammer les nations, si notre vocation est d’aller répandre ce feu divin dans le monde entier, s’il en est ainsi, dis-je, s’il en est vraiment ainsi, mes frères, combien me faut-il moi-même brûler de ce feu divin ! Comment donner la charité aux autres, si nous ne l’avons pas entre nous ?
Observons si nous l’avons, non pas en général, mais si chacun l’a en soi, s’il l’a à la mesure nécessaire ; parce que si elle n’est brûlante en nous, si nous ne nous aimons pas les uns les autres comme Jésus Christ nous a aimés et si nous n’accomplissons pas d’actes semblables aux siens, comment pourrions-nous espérer diffuser un tel amour sur toute la terre ? Il n’est pas possible de donner ce que l’on n’a pas. Le devoir de la charité consiste précisément à faire aux autres ce que l’on voudrait raisonnablement qu’ils nous fassent. Est-ce que je fais vraiment pour mon prochain ce que je voudrais qu’il me fasse ?
Observons le Fils de Dieu. Il n’y a que Notre Seigneur, qui soit si épris de l’amour pour les créatures qu’Il a laissé le trône de son Père, pour venir prendre un corps soumis à l’infirmité. Et pourquoi cela ? Pour établir entre nous, par sa parole et son exemple, la charité prochain. C’est cet amour qui l’a crucifié et a accompli l’œuvre admirable de notre rédemption.
Si nous avions un peu de cet amour, resterions-nous les bras croisés ? Oh ! non, la charité ne peut pas rester désœuvrée, elle nous pousse à procurer le salut et le soulagement aux autres.
Saint Vincent de Paul
Et accompagnés d’une dizaine de chapelet, prions le Seigneur :
Seigneur,
C’est aujourd’hui que tu viens à notre rencontre
Pour nous offrir l’eau de ta vie, pour nous remplir de ta présence,
nous combler de la paix et le bonheur qu’on espère tant.
Que l’Esprit Saint inspire en nous la charité de Saint Vincent de Paul
pour ouvrir nos mains, nos yeux, nos cœurs aux souffrances des autres.
Amen
Bonne semaine à tous,
et au cœur de nos soifs ardentes,
Dieu est bon !
En tout temps !